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La prophétie des Anciens, chapitre 7

Jean-Louis Ermine

Le spectacle d’Antodieff était un événement presque historique. Son œuvre était connue dans toutes les cités à travers toutes ses

publications en multi-relief, vidéo-relief et autres ambianceurs. Mais c’était comme le morcellement d’une entité. Il manquait un élément unificateur à cette œuvre qui semblait être un tout parfait dont on ne connaissait que quelques parcelles. D’après les quelques propos qu’Antodieff après parcimonieusement énoncés, ce spectacle devait être une fusion de tous les éléments disparates de son œuvre, un monument unique.

L’influence culturelle d’Antodieff dépassait largement la classe quatre pour laquelle il avait initialement composé. Hormis la classe deux, pour laquelle tout ce qui touchait à l’art n’était qu’un épiphénomène de peu d’intérêt, la classe trois était totalement conquise et les exégèses contradictoires et passionnées s’affrontaient en son sein, sans éteindre un tant soit peu l’intérêt porté à ce musicien. On disait aussi que nombre d’Unis étaient très sensibles aux œuvres d’Antodieff, et que les prêtres commençaient à s’inquiéter sérieusement de cet engouement irrationnel et général.

Antodieff serait-il dangereux politiquement ? » Pensa Jed en se présentant à l’entrée de l’audiforum.

Jed et Jiliane étaient arrivés très en avance, et ils avaient été surpris par le déploiement inhabituel des forces de police qui ceinturaient le lieu. Bien sûr, on attendait beaucoup de monde. C’était sans doute le rassemblement le plus grand jamais vu jusqu’ici. Mais cela justifiait-il une telle méfiance ? Les phénomènes culturels étaient prévus et contrôlés par la Logisphère du pouvoir.

C’était même une des soupapes de sécurité qui asseyait encore plus le pouvoir des classes supérieures.

Il se passe quelque chose de bizarre » se dit Jed, « ils ne peuvent pas être au courant pour l’organisation. Toute cette police a été amenée indépendamment sur une déduction de la Logisphère que j’ai du mal à appréhender ici »

Il se pencha vers Jiliane.

- Il va falloir être très prudents, en plus de la police, il y a sûrement des indicateurs.

Jiliane acquiesça et ils se présentèrent au contrôle d’entrée qu’ils passèrent sans problème.

L’audiforum avait des proportions gigantesques. Il avait été installé sur un des lieux les plus étendus qui existent parmi les cités, et avait té aménagé entièrement en vue du concert. Sur des milliers de mètres carré, le sol se présentait comme une plaine miniature, avec des petites collines et des vallons artificiels, recouverts d’une sorte de mousse alvéolée où les spectateurs pouvaient s’asseoir, voire s’étendre, confortablement. Au centre trônait une scène aux dimensions colossales, couvert d’instruments complexes innombrables aux fonctions mystérieuses. Avec un manque de symétrie sans doute calculé, sur tout le terrain, des estrades secondaires étaient essaimées, elles aussi croulant sous un matériel sophistiqué et étonnant. À la périphérie du terrain se dressaient, par intervalles réguliers, divers écrans visuels et reproducteurs acoustiques.

La foule commençait à affluer. Quelques dizaines de milliers de spectateurs étaient déjà là. On en attendait près de deux millions.

L’idéal pour une émeute » songea Jed, « c’est sans doute de quoi les Unis ont peur, quoique ici la foule est bien vulnérable ».

Il s’adressa à Jiliane.

- Allons à la scène numéro cinq, c’est là que nous devons avoir nos contacts.

Ils se dirigèrent sans problème vers l’estrade correspondante. À peine arrivé, Jed reconnut une responsable de la cité II. Il eut une fausse expression de surprise, pas trop exagérée, et lui tendit la main en prononçant quelques paroles banales. Aussitôt, l’autre récupéra les

centaines de micro-messages que Jed avait préparés dans sa paume. Dix minutes plus tard, il recommençait le même scénario avec le responsable de la cité III. Pour la cité IV, après avoir reconnu la personne, il se contenta de déposer les messages au pied de la scène, et l’autre les récupéra immédiatement avec discrétion.

Pendant ce temps, Jiliane, en tant que responsable de la cité I, distribuait des micro-messages à une dizaine d’émissaires qu’elle connaissait dans cette cité. La machine était maintenant en marche. Par ce système de ramifications, et comme tous étaient présents, à la fin de la journée, tout le monde serait prévenu.

L’organisation disposait de militants à des points névralgiques dans de nombreux quartiers. Demain, partout, à la même heure, dans les quatre cités, des organes vitaux allaient être détruits simultanément. Ce sabotage organisé, préparé minutieusement de longue date, allait causer une panique indescriptible. Même ne comptant sur la capacité formidable de d’adaptation et réparation de la Logisphère, le système global de contrôle serait paralysé pendant de nombreuses heures. Il était à prévoir que les classes quatre, soumis à des conditions inhabituelles, auraient des réactions imprévisibles, violentes. Des émeutes allaient éclater, faisant tache d’huile, aggravant encore les dégâts des sabotages, mais aussi entraînant la réponse immédiate guidée par la Logisphère. Et la violence répressive allait commencer…

Les Unis n’étaient par particulièrement tendres envers les contestataires. Les quelques tentatives de révolte qui avaient déjà eu lieu avaient été noyées dans le sang. Rien ne résistait à la tactique précise et meurtrière de la Logisphère, surtout pas des foules déchaînées, dans un état second et influencés par des phénomènes incontrôlables.

L’organisation le savait. Elle savait que la répression qui allait s’organiser immédiatement serait terrible et brutale. Mais l’événement avait quand même été programmé, même si elle était vouée à l’échec. Il s’agissait uniquement d’un leurre pour détourner de la véritable opération, celle d’amener un petit groupe à l’astroport des prêtres et envoyer un émissaire sur Éden auprès des Anciens.

Les réactions des Unis étaient, depuis des lustres, extrêmement

dépendantes des réponses de la Logisphère. C’était leur moyen de décider, de gouverner. La Logisphère ne pouvait avoir qu’une approche rationnelle des phénomènes, tout aussi complexe que puisse être leur structure. Tout était analysé, disséqué, pesé, étudié dans une logique binaire implacable. Toutes les données recueillies étaient ingurgitées dans la mémoire colossale de la Logisphère, mémoire insatiable, nourrie par des générations de logiciens, et servaient d’éléments de comparaison qui dépassaient de très loin toutes les capacités humaines. Tout cela rendait son verdict irréfutable. Personne ne pouvait prendre de décision plus mûre et plus réfléchie. C’était cette philosophie que les Anciens avaient répandue, celle de la logique structurelle, organisant la pensée et le monde dans toute leur complexité. Désormais, le monde entier était imprégné de cet esprit.

Quelle que soit l’analyse de la situation, la réponse à l’explosion qui allait se produire était claire. La police et toutes les forces armées allaient quadriller les cités et maîtriser les troubles dans une violence rapide et efficace. À l’ampleur de la révolte répondrait immédiatement l’ampleur de la riposte. Bien sûr, la Logisphère prendrait en compte toutes les possibilités. Tous les circuits resteraient en alerte. Et chaque mouvement suspect serait immédiatement examiné et la réponse adéquate y serait apportée. Mais dans un désordre si important, que représentait le mouvement de quelques personnes ? Un danger minime, qui méritait un infime pourcentage du potentiel de répression déployé, potentiel que Jed et ses compagnons pensaient bien maîtriser. C’est ainsi qu’ils avaient décidé de déclencher le mouvement, afin de se rendre sur Éden pour contacter les Anciens. Le froid calcul du nombre de victimes sacrifiées permettait à juste titre de penser que les Unis et leur Intelligence Artificielle passerait à côté du vrai but de l’opération.

La stratégie des insurgés reposait sur deux éléments. Le premier était celui du « point de bascule », où les changements importants pouvaient être déclenchés par des modifications infimes, par un très petit nombre de personnes. Le second était le point faible de tout système totalitaire, à savoir l’impossibilité de concevoir que des êtres humains soient prêts à se sacrifier pour leur liberté.

Une inconnue restait cependant dans l’analyse : dans quelle mesure les paramètres religieux rentraient-ils dans les calculs de la Logisphère ? A priori, la révolte qui était fomentée avait une coloration politique. Révolte des esclaves contre leur maître, des exploités contre leurs exploitants, du peuple contre les dominants. Depuis des temps immémoriaux, l’histoire semblait jalonnée de tels conflits, même dans les récits des Anciens. Quel pourcentage la Logisphère attribuerait-elle à cette interprétation ? L’organisation taxait sur un pourcentage important ?

Mais ce n’était qu’une supputation.

Les analyses d’ordre théologique étaient mal connues, car sûrement bien dissimulées par les prêtres. Le culte des Anciens était le ciment nécessaire de l’unité de la société, mais nul ne savait si la Logisphère intégrait ceci comme une donnée ou comme un instrument à but politique. La ferveur religieuse des classes quatre et des Unis n’étaient pas à mettre en doute. Par contre, dans les autres classes, on soupçonnait certaines franges opportunistes d’utiliser la religion à des fins plus ou moins avouables. Quant aux prêtres de la classe un, Jed et son organisation était persuadés qu’ils étaient entièrement corrompus, et que, pour conserver leur ascendance spirituelle, ils avaient détourné le message primitif et voilé le regard des Anciens sur le devenir de leur propre création.

C’est ce à quoi ils voulaient s’attaquer. Leur foi dans les Anciens était inébranlable. Ils savaient que ceux-ci, une fois la réalité de la situation rétablie à leurs yeux, refonderaient une société aux équilibres plus harmonieux.

Ce que pouvait comprendre la Logisphère sur le sujet était une grande inconnue. Pourra-t-elle analyser assez vite les motivations de Jed et ses compagnons pour y parer ? Saura-t-elle comprendre assez vite l’importance fondamentale de ces quelques personnes en route vers l’astroport ? C’était le grand risque qu’avait accepté de courir l’organisation. Dans une froide logique, dans une analyse rigoureusement politique et efficiente, les obstacles devraient être surmontés. Et le réveil des Anciens de la prophétie, désigné par les prêtres par le nom savant et ancestral de « parousie », ne pourra plus rester alors qu’une simple incantation pour maintenir la crédulité des

peuples. Mais si les analyses religieuses de la Logisphère étaient sous-estimées, les obstacles pourraient devenir insurmontables et l’opération risquait un échec cuisant et coûteux.

Jed préféra ne pas y penser. Il récita une prière aux Anciens en guise d’exorcisme à cette pensée.

Depuis les événements de la veille, il était dans un état de tension nerveuse extrême. L’action de fourmi, menée depuis si longtemps par l’organisation, allait enfin aboutir et reposait en dernier ressort sur lui. Il se sentait investi d’une sorte de mission sacrée. Dans les paroles et les prières des prêtres sur la parousie, il était vaguement question d’une personne précédant le réveil des Anciens. D’une manière très floue, il semblait que le réveil des Anciens fût conditionné par une séquence d’actions inhabituelles, voire de bouleversements, causé par des humains. Jed s’identifiait quelque peu à cette notion, et d’une manière trouble, il pensait qu’il avait quelque chose à voir avec ces prophéties. Aussi était-il plein d’espoir et d’une ferveur quasi-mystique pour sa mission, même si la proximité de l’événement le paniquait un peu. Il pensa à Jiliane et tourna la tête vers elle. Elle n’avait jamais montré d’engouement, qu’il soit politique ou religieux. Mais jamais elle n’avait fait défaut, et Jed pensait que ses motivations étaient purement humanistes.

Comme si elle sentait le regard posé sur elle, elle se tourna vers Jed. Ses yeux brillaient d’un éclat inhabituel. Elle lui sourit.

- Ça va bientôt commencer, je pense, dit-elle

Jed, perdu dans ses pensées, avait presque oublié Antodieff, ce monstre sacré des classes quatre. Il regarda autour de lui. L’audiforum était plein. Des centaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées là, comme pour une immense célébration. Assis ou étendus sur la mousse alvéolée, les gens attendaient en fumant des cigarettes d’herbe édénienne, ou en mâchant des feuilles d’aloème. Une impression de paix et calme émanait de la foule, comme si une communication muette s’était établie entre les gens.

Jed prit la cigarette que lui tendait Jiliane et l’alluma. Il se détendit et ferma les yeux un moment. Il commençait à se sentit bien. Un murmure parcourut l’assemblée, quand les éclairages s’estompèrent et que la nuit se fit graduellement dans l’audiforum. Jed s’étendit sur

le sol, légèrement en pente.

La scène centrale s’éclaira et Antodieff apparut. Silhouette fantomatique, c’était un être incroyablement grand et maigre, aspect rehaussé par la longue cape noire qu’il portait. Son visage, dupliqué à l’infini sur les divers écrans relais, comme taillé à coups de hache, avait une beauté fascinante et diabolique. Il regardait le public avec une expression où se mélangeait la noblesse te l’amour. Une ovation folle et grandiose l’accueillit. Il sourit, salua en levant les bras. Les capteurs optiques reproduisaient sa silhouette sur tous les écrans, et cette ubiquité lui assurait comme une toute- puissance sur la foule qui se sentit un peu subjugué par cette présence multiple.

La lumière décrut sur la scène centrale tandis que simultanément les scènes auxiliaires s’éclairaient graduellement. Antodieff se retourna et se dirigea vers son pupitre de commande, grand comme celui d’un archaïque vaisseau interstellaire.

Quelle esbroufe ! » Pensa Jed, pourtant médusé par cette imposante démonstration.

Les écrans s’illuminèrent et des images conditionnantes commencèrent à défiler. Jed ne reconnut pas les images auxquelles il était habitué. Celles-ci avaient un pouvoir beaucoup plus grand, il s’en dégageait une force persuasive intense, quasi-hallucinante. Il ferma les yeux comme pour échapper à cette impression, et il s’aperçut que la musique avait déjà commencé ! Il n’en avait pas senti le début.

La musique venait de partout et de nulle part à la fois, très ténue, mais présente, fortement présente, comme s’il s’agissait d’une musique intérieure, propre à lui-même. Il rouvrit les yeux, les images sur les écrans avaient changé, mais sans qu’il puisse dire en quoi. Des différentes scènes s’élevèrent des particules lumineuses qui s’agglomérèrent et se mirent à voyager aléatoirement au-dessus du public, tels des courants de lumière solide, créant une fascination féerique presque enfantine. La musique était maintenant plus distincte, plus obsédante, et pourtant sans rythme ni ligne mélodique. Les vibrations agissaient physiquement, dans le corps même des auditeurs. Les particules lumineuses éclatèrent une à une, silencieuses, diffusant discrètement des rayonnements multicolores

de toute beauté.

Une impression de bien-être envahit Jed, qui se laissa aller au gré de ce spectacle hypnotique. Chaque atome de son corps semblait vibrer à l’unisson de la musique. Son cerveau fonctionnait avec une clarté fabuleuse, et toutes les sensations lui parvenaient avec une acuité totalement inhabituelle. Tout en libérant ainsi son esprit, il pouvait penser parallèlement à tout ce qu’il désirait. Il analysait avec clairvoyance ses sensations, comme si sa pensée était détachée de son corps. Il ressentait à la tâche qui l’attendait bientôt, et il ne ressentait plus aucune angoisse, plus aucune peur. Il se sentait pleinement confiant en lui- même, en ceux qui l’entouraient. Une sorte de fusion inspirée dans une unité.

Il restait pourtant lucide. La musique vibrait en lui, les images et les jeux de lumière le fascinaient, mais il semblait rester maître de lui-même. Tout cela lui rappelait fortement les cérémonies du culte, avec ses déploiements d’artifices et de spectacles, mais il se sentait bien.

Il huma dans l’air le parfum qu’il reconnut comme un mélange de plantes édéniennes, légèrement hallucinogènes. Il respira fortement et s’apaisa. Une sorte d’assoupissement conscient le prit. Il n’écoutait plus la musique, il était la musique ! Il ne voyait plus les lumières, il était les lumières ! Communion mystique créée par le génie d’Antodieff, que tout le monde partageait à cet instant. Une parcelle d’éternité donnée à tous, un moment de vie à l’état brut. Jed perdit toute notion du temps pour se fondre dans l’œuvre qui continuait de marteler sa musique et faire défiler ses images.

Quand graduellement tout se tut, il lui sembla que ça n’avait duré que quelques minutes. La foule resta longtemps comme prostrée dans un état extatique. La lumière se fit petit à petit. Antodieff avait disparu de la scène centrale. Il n’attendait sans doute aucun applaudissement ou ovation. Il n’y en eut pas. Le long silence qui suivit la fin du concert était sans doute le meilleur remerciement. Les gens sortaient comme engourdis d’un rêve. Jed s’étira comme s’il avait dormi très longtemps, la tête remplie de choses indescriptibles, d’images incohérentes mais sublimes. La réalité fondit sur lui à toute vitesse, et il retrouva la matérialité de son quotidien en un seul bloc.

Cependant, il ne se sentait plus pareil. Il n’avait pas perdu ses angoisses, ses indécisions. Mais celles-ci ne lui faisaient plus peur. Il se dit que cette impression allait bientôt cesser, quand s’estomperaient les effets de ce spectacle hypnotique.

Il se leva lentement. Déjà, la foule gagnait en silence les sorties. À ses côtés, Jiliane se leva aussi. Il la regardait. Elle semblait transformée. Ses yeux pétillaient, son visage avait pris une énergie nouvelle. Elle s’étira aussi langoureusement. Ils échangèrent un long regard. Jed eut l’impression que pour la première fois, il se passait quelque chose. Ils restèrent silencieux.

Au-dehors, une réalité plus brutale les attendait, avec les forces de police qui canalisaient les sorties. Mais les policiers regardaient, quelque peu hébétés, les gens ressortir comme s’ils étaient différents de ceux qui étaient entrés. Ils n’avaient pas l’air de comprendre ce qui s’était passé, et semblaient même avoir un peu peur de cette expression sereine de force qu’ils voyaient devant eux.

Jed et Jiliane se retrouvèrent peu à peu seuls à déambuler dans les rues. Ils n’avaient toujours pas dit un mot, mais n’en ressentaient pas le besoin. Au bout d’un temps indéfini, ce fut Jed qui rompit le silence.

- Je n’ai pas compris ce qui s’est passé, mais je me suis…

Il s’arrêta de nouveau. Ils se regardèrent un instant puis éclatèrent de rire. Puis Jiliane prit la parole.

- Tu vois, Jed, c’est pour ça que je me bats.

C’est comme si elle répondait à une question que Jed avait voulue mille fois poser sans jamais le pouvoir.

Jed aspira une grande bouffée d’air frais. Il se sentait bien. Il ne voyait pas bien quel était le sens exact de la phrase de Jiliane, mais au fond de lui-même, il avait compris.

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