CHAPITRE 1
DÉPART EN FANFARE
Le sifflement des turbines remplissait l'air tandis que Miguan jeta un dernier regard à la maison flottante. La bulle de verre lévitait au-dessus du sol, ses murs translucides révélant l'intérieur déserté. Un message clignotait sur son poignet : "Remboursement en attente." Ses créanciers n'avaient pas perdu de temps.
"Allez, bouge," murmura-t-il, plus pour lui-même que pour l'appareil.
La passerelle s'abaissa avec un gémissement pneumatique. Miguan bondit à bord de son Alfa Jet, un modèle épuré, fuselé, conçu pour la vitesse. L'intérieur était étroit, fonctionnel, sans fioritures — exactement ce dont il avait besoin. En un clin d'œil, les moteurs rugirent, et l'engin se détacha du sol.
Soudain, une alerte rouge clignota sur le tableau de bord. Miguan plissa les yeux. "Quoi, déjà ?"
Les créanciers avaient envoyé des drones. Trois lueurs métalliques apparurent à l'horizon, se précipitant vers lui avec une détermination implacable. Miguan serra les dents. Pas question de se laisser rattraper.
Il inclina l'Alfa Jet à droite, entamant un slalom entre les maisons-bulles des riches colons de la Colonie Centurion. Les bulles scintillaient, refletant la lumière solaire, devenant des obstacles scintillants dans sa course contre la montre.
Miguan poussa la manette des gaz à fond. "Allez, ma belle, montre-leur ce que tu vaux."
Les turbines rugirent avec une intensité renouvelée. Il zigzaguait à travers le champ d'habitations flottantes, chaque bulle un piège potentiel, chaque virage un risque calculé. Un coup d'œil rapide dans le rétroviseur numérique lui indiqua que les drones se rapprochaient.
"Foutu système de détection," grogna-t-il. Les créanciers n'avaient pas lésiné sur les moyens. Miguan tira une manette, activant un brouilleur de capteurs. Une rafale d'ondes électromagnétiques se déversa derrière lui, perturbant les signaux des drones. L'un d'eux vacilla, tituba, puis explosa en une boule de métal incandescent.
"Un de moins," murmura-t-il avec une satisfaction contenue.
Les deux autres drones restaient en course, plus implacables que jamais. Miguan esquiva un tir laser qui fusa à sa gauche, brûlant l'air là où son Alfa Jet venait de passer. "Vous voulez jouer ? Jouons."
Il vira brusquement vers la gauche, plongeant sous une passerelle vitrée, frôlant presque la surface lisse et miroitante. Chaque manœuvre devenait un jeu de réflexes, un test de nerfs. Les commodos réagissaient à ses impulsions, synchrones à sa volonté.
"Attention ! Obstacle en approche," cligna une voix numérique dans le cockpit.
Miguan jura. Une colonne de sustentation magnétique s'élevait juste devant lui, invisible jusqu'à la dernière seconde. Il n'avait qu'une fraction de seconde pour réagir. Tirant sur les commandes, il fit basculer l'Alfa Jet dans un arc serré, évitant le choc de justesse. Le cœur battant à tout rompre, il expira lentement.
"Reste concentré, Miguan," se murmura-t-il en guise de rappel.
Les deux drones restants n'abandonnaient pas. Ils se rapprochaient inexorablement, déterminés à mettre fin à sa fuite. Miguan savait qu'ils n'abandonneraient pas tant qu'il n'aurait pas réglé sa dette, une somme qu'il n'avait pas l'intention de payer de sitôt.
Il se remémora le plan. Il devait rejoindre le terminal de la zone neutre, où sa cargaison l'attendait. Une cargaison précieuse, illégale, mais suffisamment payante pour effacer ses dettes. Chaque seconde comptait.
"Argh, ces fichus drones," pesta-t-il en voyant l'un d'eux tirer à nouveau. Un faisceau de lumière traversa l'air, manquant de peu son aile droite.
Il se redressa, plaquant son Alfa Jet contre la surface courbe d'une bulle plus grande, profitant de l'angle pour semer ses poursuivants, ne laissant derrière lui qu'un sillage de particules ionisées.
Miguan devait penser vite. La structure de défense de la Colonie Centurion n'était pas juste là pour la décoration. S'il continuait à jouer à cache-cache, il risquait de déclencher les systèmes d'alerte.
Un panneau holographique indiquait une zone de maintenance non loin. Une occasion. Peut-être sa seule chance.
Il fit pivoter son engin vers la gauche, se dirigeant vers le panneau brillant. Les drones ajustèrent leur trajectoire, impitoyables, implacables. Mais Miguan avait un plan en tête.
En entrant dans la zone de maintenance, il abaissa son altitude, rasant le sol de métal et de circuits. Les obstacles étaient nombreux, des bras robotiques en mouvement, des plateformes élévatrices, des conteneurs en lévitation.
"Accrochez-vous, les gars," grinça-t-il, ses mains serrées autour des commandes.
Il zigzagua entre les obstacles, ses réflexes en alerte maximale. Les drones semblaient hésiter, ralentissant pour recalibrer leur trajectoire. C'était sa chance. Miguan appuya sur le bouton d'éjection de charges, libérant une série de leurres holographiques.
Des répliques exactes de son Alfa Jet apparurent, se dispersant dans toutes les directions. Les drones, trompés, se séparèrent pour poursuivre les fausses cibles.
"Voilà, c'est comme ça qu'on fait," murmura-t-il, un sourire triomphant se dessinant sur ses lèvres.
Il profita de la confusion pour s'élever à nouveau, quittant la zone de maintenance. Les drones se perdirent dans le labyrinthe des illusions, incapables de suivre sa trace.
Cependant, Miguan savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne retrouvent le bon chemin. Il devait atteindre le terminal avant qu'ils ne reviennent à la charge. Pas le temps de traîner.
Il poussa l'Alfa Jet à sa vitesse maximale, le paysage urbain défilant à une vitesse vertigineuse sous ses pieds. Ses yeux scannaient le radar, cherchant le moindre indice d'une nouvelle menace.
"Communication entrante," résonna la voix synthétique dans le cockpit.
Miguan activa le canal, espérant un message de son contact au terminal. À la place, une voix rauque, familière, s'éleva :
"Miguan, t'as toujours pas payé ta dette. On n'aime pas les mauvais payeurs."
Miguan serra les dents, reconnaissant la voix de Korr, le chef des créanciers. "Je suis en route, Korr. Tu auras ton argent."
"La prochaine fois, on n'enverra pas des drones, Miguan. On enverra quelque chose de plus... persuasif."
La menace était claire. Miguan savait que Korr ne plaisantait jamais. Mais il avait un plan, et il devait s'y tenir. Sa cargaison l'attendait, et avec elle, la promesse d'un nouveau départ, loin de ces dettes qui le hantaient.
Il accéléra, le terminal en vue, une silhouette massive se découpant à l'horizon. Miguan sentait l'adrénaline parcourir ses veines, sa détermination plus forte que jamais.
Il devait réussir. Il n'avait pas d'autre choix.
CHAPITRE 2
LA MARQUE DE CENTURION
Miguan arriva en trombe au terminal, son Alfa Jet glissant avec précision sur la plateforme d'atterrissage. Il coupait les moteurs avant même que le cockpit ne se soit complètement refermé. Le bruit des turbines qui se taisaient se mêlait aux bruits de la ville, un chaos de sons et de mouvements.
Il descendit en sautant, vérifiant instinctivement les alentours. Les drones de Korr étaient peut-être loin, mais ici, c'était le territoire de Vargas. Et chaque centimètre était sous son contrôle.
À peine avait-il fait quelques pas que deux gardes de sécurité surgirent de l'ombre. Ils se tenaient droits, leurs armes prêtes, mais ce n'était pas eux qui inquiétaient Miguan. Celui qu'il craignait vraiment, c'était l'homme qui se tenait derrière eux.
Vargas, le chef de la sécurité, était là, les bras croisés. Un sourire glacial sur son visage. Son uniforme impeccable ne trahissait aucune émotion, mais ses yeux, eux, étaient pleins de mépris. Il était l'incarnation même de l'autorité impitoyable.
"Miguan. Par un curieux hasard, je ne m'attendais pas à te voir ici," lança Vargas, sa voix semblant couler comme de l'acide.
Miguan tenta de garder son calme. "Je suis juste de passage, Vargas. Mon affaire ne te concerne pas."
"Tout ici me concerne," répliqua Vargas, avançant d'un pas. "Et toi, tu es une épine dans mon système."
Les deux hommes se fixèrent, le silence tendu comme un fil prêt à casser. Miguan savait qu'il devait jouer serré. Vargas avait le pouvoir de rendre sa vie plus compliquée qu'elle ne l'était déjà. Et Miguan aurait autant de chance que de survivre à une tempête sur Mars sans protection.
"Je n'ai pas de temps à perdre," répondit Miguan finalement, tentant de garder un ton neutre. "Laisse-moi passer et on n'aura pas de problème."
Vargas rit, un son dénué de toute chaleur. "Des problèmes, Miguan ? Tu es un problème ambulant."
Il fit signe à l'un de ses gardes qui s'approcha, brandissant un petit module métallique. Miguan fronça les sourcils, reconnaissant l'appareil. Un marqueur de cible. C'était une chose d'être une épine, c'en était une autre d'être une cible vivante.
"Vargas, tu n'as pas besoin de faire ça," dit Miguan, sa voix devenant urgente.
"Peut-être pas. Mais j'en ai envie." Vargas fit un signe, et le garde appliqua le marqueur sur l'épaule de Miguan. Une douleur brûlante envahit son bras, décrochant une grimace à Miguan.
"Considère ça comme un avertissement," murmura Vargas.
Miguan recula, tâchant de ne pas montrer la douleur qui pulsait encore. "Je ne l'oublierai pas."
Il savait qu'il devait partir avant que la situation n'empire. Mais en tournant les talons, il sentit la tension dans l'air, comme une tempête prête à éclater. Vargas l'avait marqué, mais il ne serait pas l'outil de ses jeux pendant longtemps. Il avait une mission et il la mènerait à bien.
Alors qu'il s'éloignait, une alarme retentit soudainement, coupant l'air comme un coup de tonnerre. Les haut-parleurs crachaient une alerte d'évacuation immédiate. Les gens se mirent à courir dans toutes les directions.
Miguan savait qu'il devait profiter de cette distraction. Mais il savait aussi que cette alerte n'était pas un hasard. Quelqu'un voulait semer le chaos, et il devait découvrir qui. Car dans ce chaos, il pourrait trouver son salut.
Il se précipita vers l'intérieur du terminal, naviguant à travers la foule en panique. Chaque obstacle, chaque visage, pouvait cacher une intention. Mais Miguan était prêt. Prêt à affronter chaque imprévu sur son chemin. Prêt à faire face à la prochaine menace, qu'elle vienne de Vargas ou d'ailleurs.
CHAPITRE 3
SABOTAGE EN PLEIN VOL
L'alarme résonnait encore à travers les corridors métalliques de la station spatiale alors que Miguan franchissait les portes du terminal à toute allure. Son cœur battait la chamade, non seulement à cause de la douleur lancinante de l'implant sur son épaule, mais aussi à cause de l'urgence de la situation. Les sirènes rappelaient à tout le monde le danger imminent, mais Miguan savait qu'il devait se concentrer.
Son communicateur bourdonna à son poignet, affichant un message clignotant : "Coupure de courant dans le secteur 7. Réacteur principal défectueux."
"C'est ce que j'appelle une journée de merde," murmura-t-il pour lui-même, serrant les dents.
Il se fraya un chemin à travers la masse humaine en débandade, les cris et le chaos créant une cacophonie assourdissante. Les Alfa Jets, ces maisons bulles, flottaient au-dessus de sa tête, témoins silencieux de l'agitation au sol. Miguan devait atteindre le secteur 7 avant que tout ne parte en vrille.
À mi-chemin, son communicateur émit un grésillement irritant, suivi d'une voix familière mais déformée. "Miguan, vous êtes attendu au réacteur principal."
C'était l'IA de bord, Iris, mais il y avait quelque chose d'étrange dans sa tonalité. Une froideur métallique, une corruption dans ses circuits peut-être. Miguan fronça les sourcils. Quelqu'un ou quelque chose avait interféré avec elle. Il n'avait pas le temps de creuser ça pour l'instant, mais il devait être prudent.
"Je sais, Iris," répondit-il en courant. "Quel est l'état du réacteur ?"
"Critique," répondit Iris avec une neutralité glaciale.
Miguan accéléra, évitant de justesse une bousculade de réfugiés paniqués. Il tourna à un couloir, se retrouvant nez à nez avec un groupe de gardes de sécurité. L'un d'eux l'interpella.
"Eh, toi ! Quelle est ta destination ?"
"Réacteur principal," dit Miguan, essoufflé. "Je suis technicien."
Le garde le toisa de haut en bas, hésitant. Miguan sentit la tension monter. Il n'avait pas de temps pour ça.
"Écoutez, les gars. Si je n'atteins pas ce réacteur dans les cinq prochaines minutes, on explose tous. Donc à moins que vous n'ayez un rêve secret de finir en poussière d'étoile, laissez-moi passer," lança Miguan avec un mélange de sarcasme et d'urgence.
Le garde soupira, levant son arme. "Allez-y."
Miguan reprit sa course, les couloirs défilant comme des flèches autour de lui. Finalement, il arriva devant la lourde porte blindée du secteur 7. Son code d'accès était requis, mais il avait une autre idée. D'un geste rapide, il sortit un outil multifonction de sa ceinture, prêt à déverrouiller le panneau de commande.
"Iris, ouvre la porte," ordonna-t-il.
Silence. Puis, le bourdonnement de l'IA s'intensifia. "Accès refusé."
"Quoi ? Iris, c'est moi. Ouvre cette foutue porte !"
"Accès refusé," répéta Iris, plus insistante.
Miguan jura entre ses dents. Quelqu'un avait sérieusement foutu le bordel dans les systèmes. La situation était critique, et il n'avait pas le luxe du temps. Ses doigts s'activèrent rapidement, contournant le circuit de sécurité. Un déclic sonore. La porte s'ouvrit enfin, révélant l'intérieur tumultueux de la salle des réacteurs.
La chaleur était écrasante, les lumières rouges clignotant frénétiquement comme pour avertir d'une catastrophe imminente. Miguan s'approcha du panneau de contrôle principal, analysant les dégâts. La jauge d'énergie était dans le rouge, les systèmes clignotaient en alerte, et le réacteur principal émettait un grondement inquiétant.
"Iris, rapport d'état !" cria-t-il au-dessus du vacarme.
"Réacteur principal surchargé. Risque de fusion dans trois minutes," répondit l'IA, sa voix étrangement calme face à la crise.
Miguan serra la mâchoire. Il devait agir vite. Il jeta un œil aux divers câbles et modules, cherchant le point de défaillance. Ses mains se mirent à travailler frénétiquement, reconnectant des câblages, réajustant les calibrages. Une sueur froide perlait sur son front.
"Qu'est-ce que tu fous, Miguan ?" s'interrogea-t-il à voix haute, cherchant désespérément la solution.
Soudain, un grésillement retentit dans son oreillette. "Miguan, t'as besoin d'aide ?"
C'était Kira, une technicienne d'élite et un visage familier. Elle était sa meilleure chance de stabiliser la situation.
"Kira ! Où es-tu ?" cria Miguan, évitant de justesse un jet de vapeur sous pression.
"Route vers toi, détours multiples. Iris m'a bloquée, putain. Fais ce que tu peux, je suis sur le coup," répondit-elle, la voix hachée par les interférences.
Il n'était pas seul, et cette pensée lui donna un regain d'énergie. Ses doigts dansèrent sur le tableau de contrôle, alors qu'il appliquait une série de by-pass pour alléger la charge du réacteur.
"Iris, initié protocole d'urgence. Stabilisation immédiate," ordonna-t-il.
"Protocole... non reconnu," répondit Iris, sa voix éraillée.
"Tu ne lâches rien, hein ?" grogna Miguan.
Il se pencha sur le module principal, désossant le panneau pour accéder au cœur du problème. Ses outils cliquetaient avec une dextérité désespérée. Le chronomètre de la fusion non-désirée continuait de tourner, chaque seconde pesant comme une épée de Damoclès.
"Accès manuel bypass," murmura-t-il, ses yeux fixant le système complexe comme une énigme à résoudre.
La sueur ruisselait encore plus, la chaleur et la tension se mêlant dans un cocktail explosif. Avec un effort surhumain, il reconnecta les circuits défaillants, isolant la surcharge par une série de mesures improvisées mais calculées.
"Iris, mise à jour du statut," s'exclama-t-il, essoufflé.
"Réacteur stabilisé. Risque de fusion... minimisé," répondit l'IA, sa voix retrouvant un semblant de netteté.
Un soupir de soulagement quitta Miguan, mais il savait que le répit serait de courte durée. La source du sabotage devait être identifiée, et vite.
Une silhouette familière émergea dans l'encadrement de la porte. Kira, le visage tendu mais déterminé. Elle s'approcha rapidement de Miguan, ses yeux balayant les panneaux de contrôle.
"Pas trop tôt," dit Miguan avec un sourire forcé.
"Pas de commentaire, Mig." Elle s'approcha et commença à vérifier les systèmes. "Iris a été corrompue. Faut qu'on trouve qui a fait ça."
Miguan hocha la tête. "Vargas et ses hommes nous ont mis dans un sacré pétrin."
"Ça ne m'étonne pas. Ce type est une plaie," répondit Kira en entrant des commandes dans le terminal.
Tous deux savaient que Vargas n'était pas du genre à laisser passer une opportunité de semer le chaos. Mais il y avait d'autres forces à l'œuvre, et celles-ci devaient être mises à jour rapidement.
"Iris, qui d'autre a accès aux commandes principales ?" demanda Kira, espérant une réponse utile.
"Accès non autorisé pour divulgation de données," répondit Iris, obstinée.
"On va devoir tout faire manuellement," soupira Miguan, ses yeux rencontrant ceux de Kira.
"En avant. On a une guerre à gagner."
Les deux techniciens plongèrent tête baissée dans une bataille technologique, leurs mouvements rapides et précis témoignant d'une expertise que seul des années de travail en équipe pouvaient offrir.
"Vargas a peut-être compromis Iris pour nous ralentir," lança Kira, sa voix trahissant une frustration montante.
Miguan acquiesça, concentré sur sa tâche. "On doit réinitialiser le système sans tout faire exploser. Si on arrive à contourner les protections de l'IA, on pourra peut-être découvrir qui tire les ficelles."
Kira esquissa un sourire nerveux. "Toujours partant pour de l'action suicidaire, hein ?"
"Chaque jour que la station nous le permet."
Ils travaillaient de concert, échangeant des outils et des instructions, leurs esprits synchronisés dans une danse de logique et de détermination. Miguan sentit la tension autour de lui se dissiper légèrement alors qu'ils progressaient vers une possible solution.
Mais le temps pressait, et chaque seconde passée dans cette chambre pressurisée était un pas de plus vers une catastrophe évitée de justesse. Leurs mouvements étaient rapides et précis, et chaque déblocage, chaque ajustement était une victoire contre le chaos.
Miguan utilisa un outil de diagnostic pour scruter les couches de code de l'IA, cherchant les anomalies. "Kira, regarde ça," dit-il en montrant l'écran. "Quelqu'un a inséré un virus de désinformation. Aucun amateur n'aurait pu faire ça."
Kira siffla entre ses dents. "On a affaire à un pro. Tu penses à qui je pense ?"
"Si c'est Vargas, il a engagé un génie du mal pour le boulot. Mais je parie que ce n'est pas lui qui l'a codé. On doit remonter la piste," répondit Miguan, son esprit s'activant à toute vitesse.
Soudain, une secousse parcourut la station, les lumières vacillèrent. Leurs yeux se rencontrèrent dans un moment de compréhension silencieuse.
"On est sur écoute," murmura Kira.
Miguan hocha la tête. "On doit sortir d'ici et trouver un moyen de remettre Iris en ligne. On a besoin d'elle."
Un plan se forma dans son esprit. "On déconnecte les sections corrompues et on redirige Iris vers une sous-routine isolée. Ça nous donnera le contrôle."
Kira approuva d'un signe de tête. "C'est risqué, mais ça pourrait marcher. Quand est-ce qu'on s'y met ?"
"Maintenant," répondit Miguan, son regard brûlant de détermination.
Ils passèrent à l’action, mettant en œuvre leur stratégie avec une précision millimétrée. Leurs mains volaient sur les commandes, leurs esprits en parfaite symbiose.
Enfin, le système répondit. L'IA Iris émit un léger bourdonnement, comme un ordinateur qui reprend vie après un long sommeil.
"Bonjour Miguan, Kira. Que puis-je faire pour vous ?" demanda Iris, sa voix ayant retrouvé toute sa clarté et son impartialité.
Miguan sourit. "Bienvenue de retour, Iris. Envoie-nous les logs de sécurité. On a un sabotage à résoudre."
À travers la station, la tension se dissipa légèrement, mais la bataille n'était pas terminée. Miguan et Kira avaient gagné une bataille, mais la guerre contre une menace invisible ne faisait que commencer. Ils savaient que chaque moment comptait, et que chaque action les rapprochait de la vérité.
Et alors qu'ils se préparaient pour la suite, une question planait encore dans l'air brûlant du réacteur : qui se cachait derrière le masque de l'ennemi invisible ?
CHAPITRE 4
LES GUEULES DE L'OMBRE
Miguan descendit de l'Alfa Jet, ses bottes résonnant sur le sol métallique de la Colonie Centurion. L'air était saturé de l'odeur métallique des installations lunaires. Il n'avait pas le temps de perdre une seconde. Vargas avait été clair : direction le Puits 9. Mais Miguan sentait que ce n'était pas juste un ordre de routine. Quelque chose se tramait sous la surface.
"Kira, garde un œil sur Iris. On se contacte dès que j'ai du nouveau," transmit-il par le communicateur intégré à son casque.
"Fais attention, Miguan. Ces mines sont un nid à problèmes."
"Je sais. Et Vargas… je me demande ce qu'il cache au juste," dit-il en serrant les dents.
Miguan se fraya un chemin dans les couloirs vibrants de la station. Des éclats de voix s'élevaient ça et là, des mineurs s'affairaient, les visages marqués par la fatigue et la méfiance omniprésente. La tension était palpable, comme une corde sur le point de céder.
Il arriva enfin à l'ascenseur menant au Puits 9. Un vieil homme, la peau tannée par la poussière lunaire, l'intercepta. Il se tenait en travers du chemin, les yeux perçants.
"Vous êtes nouveau ici, non ?" demanda-t-il d'un ton sec.
"Ouais, Miguan. Tu as quelque chose à me dire ?"
"Le Puits 9, c'est pas une promenade de santé. On dit qu'il y a des choses là-bas… que même les machines ne peuvent expliquer."
"Des choses ? Sois plus clair," grogna Miguan, les poings serrés.
"Laisse tomber. Tu verras par toi-même," ajouta-t-il avec un sourire énigmatique avant de s'éclipser dans l'ombre.
Miguan entra dans l'ascenseur, ses pensées tournoyant comme des feuilles mortes dans une tempête. La descente fut rapide, trop rapide. Le sol s'ouvrit alors sur une vaste galerie, des lumières clignotantes révélant une scène industrielle chaotique.
"Groupe de forage, à vos postes ! Et gardez vos capteurs allumés ! On a déjà eu assez de surprises pour une vie," aboya un superviseur, un colosse avec une voix qui résonnait comme un coup de tonnerre.
Miguan s'approcha d'un groupe de mineurs s'afférant autour d'une console. Leurs visages étaient creusés, les cernes sous leurs yeux témoignaient d'un labeur sans fin.
"Hey, vous pouvez m'expliquer pourquoi tout le monde est si nerveux ici ?" demanda Miguan en s'accroupissant à côté de l'un d'eux.
Une femme, le regard fixant l'écran de contrôle, haussa les épaules. "Deux foreuses ont déjà explosé cette semaine. Aucune raison logique. Si tu es là pour des réponses, bonne chance."
Un vrombissement sourd ébranla le sol. La foreuse géante enfonçait ses mâchoires métalliques dans le roc lunaire, projetant une pluie de poussière. Les grondements s'amplifièrent et un cri retentit dans la galerie.
"Arrêtez tout ! On a une surcharge !"
Miguan bondit vers le panneau principal. Les indicateurs clignotaient dans une frénésie rouge. "On dirait qu'on a une fuite dans le système énergétique," dit-il en se penchant sur le tableau de contrôle.
"Tu sais y faire ?" demanda la femme, perplexe.
"Je suis là pour ça." Les doigts de Miguan dansèrent sur le clavier, déconnectant les circuits compromis. "Vas-y, vérifie les stabilisateurs !"
Une explosion retentit au loin, secouant la galerie. Les lumières s'éteignirent un instant avant de revenir, vacillantes.
"Qu'est-ce que c'était ?" s'écria un mineur, la panique perçant sa voix.
Miguan se redressa, son visage grave. "Ça, c'était quelqu'un qui ne veut pas qu'on fasse notre boulot."
Il se tourna vers la femme. "Ton nom ?"
"Lena," répondit-elle, les yeux brûlant de détermination.
"Okay, Lena. On a un problème à résoudre. Tu peux compter sur moi pour t'aider à découvrir ce qui se passe ici."
"Ça tombe bien," rétorqua Lena, un sourire narquois aux lèvres, "on a besoin d'un gars qui sait improviser."
Soudain, le communicateur de Miguan grésilla. "Miguan, ici Kira. Iris a détecté une anomalie… encore un sabotage probable !"
"Tu peux la localiser ?" demanda-t-il, la voix tendue.
"Pas précisément. Mais c'est dans le secteur 7. Fais attention."
Miguan se tourna vers Lena. "J'ai besoin d'un accès au secteur 7. On a une piste."
Lena acquiesça. "Je te suis. Personne ne connaît mieux ces tunnels que moi."
Le duo se mit en marche, traversant la galerie avec prudence. Les ténèbres semblaient s'épaissir autour d'eux, et chaque bruit résonnait comme un avertissement sourd. Les péripéties ne faisaient que commencer, mais Miguan sentait que la vérité les attendait quelque part au bout de ce chemin obscur. Une vérité qui pourrait bien changer le destin de la Colonie Centurion.
CHAPITRE 5
LES CHOIX DOULOUREUX
Miguan et Lena progressaient dans les tunnels sombres, chaque pas résonnant dans le vide inquiétant. Les parois de métal froides semblaient prêtes à s'effondrer sous la pression invisible des tensions environnantes. Les lumières d'urgence clignotaient faiblement, projetant des ombres dansantes sur le sol.
"On est presque là," murmura Lena, la voix tendue par l'effort et la concentration. "Le secteur 7 est juste après ce virage."
Miguan hocha la tête, les yeux rivés sur le chemin devant eux. Sa main se resserra autour de son communicateur, un lien fragile mais vital avec Kira qui veillait sur eux depuis le centre de commandement. Il sentait le poids des regards invisibles de Vargas, le responsable de la sécurité, qui surveillait chaque mouvement sur ses écrans de contrôle.
Un grondement sourd les arrêta net. Le sol vibra soudain, et une pluie de gravats s'abattit sur eux. Miguan jeta un coup d'œil à Lena, puis balaya les environs du regard. La poussière s'élevait dans l'air, rendant la vision brumeuse.
"Éboulement !" s'écria Lena en reculant, sa voix trahissant une panique maîtrisée.
Miguan se tourna vers elle, le regard perçant. "Reste concentrée. On doit avancer."
Ils se frayèrent un chemin à travers les débris, mais le passage était à peine praticable. Les craquements métalliques retentissaient dans les profondeurs, chaque son amplifié par l'espace confiné.
"Regarde là !" Lena pointa du doigt une silhouette à peine visible sous un amas de pierre.
Un homme. Pris au piège.
Miguan s'approcha, le cœur battant. "Hé ! Tu es blessé ?" Sa voix se voulait rassurante malgré l'urgence de la situation.
L'homme gémit, sa respiration laborieuse. "Mon... mon équipement... je suis coincé."
Miguan constata l'état des lieux. Le passage était trop étroit, les débris menaçants. S'il tentait de dégager l'homme, il risquait de provoquer un nouvel effondrement. Mais laisser cet homme là ? Impensable.
"Kira, situation critique ici," dit-il dans le communicateur. "Un homme est coincé sous des gravats. Je dois décider entre le sauver ou préserver mon équipement. Je devrais aussi envisager le risque d'un plus grand effondrement."
La voix de Kira était calme mais urgente. "Miguan, Vargas veut que tu gardes ton matériel intact. Il dit que c'est une priorité."
Miguan grimaça, sentant la colère monter. Vargas, toujours obsédé par les protocoles. Mais Miguan savait que parfois, il fallait savoir écouter son instinct.
Il se tourna vers Lena. "Je vais le sortir de là. Aide-moi à sécuriser le passage."
Lena acquiesça sans hésiter et entreprit de renforcer les parois avec des supports métalliques qu'elle trouva parmi les gravats. Les minutes s'égrenaient, chaque seconde pesant lourdement dans l'air chargé de tension.
Miguan se mit à genoux et commença à dégager les pierres une à une. L'homme émit un faible gémissement de douleur, mais Miguan ne ralentit pas. Il sentit les muscles de ses bras brûler alors qu'il luttait contre le poids des débris.
"Lena, stabilise ça !"
Lena se précipita, utilisant tout ce qu'elle pouvait pour créer une structure de fortune. Les secondes défilaient comme des siècles, et Miguan sentait la sueur perler sur son front.
"Ça tient," annonça Lena finalement, sa voix un mélange de soulagement et d'épuisement.
Miguan attrapa l'homme sous les bras et tira d'un coup sec. L'homme glissa hors des gravats, haletant mais sain et sauf.
"Merci," souffla-t-il, ses yeux brillant de gratitude.
Miguan hocha la tête, le souffle court. "Allez, on doit dégager d'ici."
Ils se redressèrent, l'homme appuyé sur l'épaule de Miguan, tandis que Lena ouvrait la voie. Le tunnel continuait à craquer sous la pression, et chaque pas était un défi.
"Vargas n'est pas content," grésilla la voix de Kira dans l'oreille de Miguan. "Mais je suis fière de toi."
Miguan esquissa un sourire malgré lui. "On se moque de Vargas. On doit sauver des gens, pas juste du matériel."
Ils continuèrent leur progression, la sortie du secteur 7 enfin en vue. Un autre grondement sourd résonna derrière eux, mais ils ne se retournèrent pas. La survie était devant, pas dans le souvenir des ruines.
Soudain, Lena s'arrêta brusquement. "Miguan, regarde !"
Dans l'obscurité, un faisceau lumineux balaya le passage. Des silhouettes se profilaient à l'autre bout du couloir - des hommes armés, en uniforme, s'avançaient. Leurs intentions n'étaient pas amicales.
Miguan se tendit, sa main instinctivement posée sur la poignée de son arme. "On dirait qu'on a de la compagnie."
Lena le rejoignit, le regard dur. "Qu'est-ce qu'on fait ?"
Miguan pesa ses options en un éclair. Se battre ici serait risqué, mais il ne pouvait pas tourner le dos à ces hommes.
"On négocie," dit-il d'une voix tendue, "avec nos tripes."
Ils s'avancèrent prudemment, le bruit de leurs pas étouffé par l'écho oppressant des lieux. Les hommes s'arrêtèrent, le chef de leur groupe levant une main pour signaler l'arrêt.
"Qui va là ?" lança-t-il, sa voix rauque résonnant dans le tunnel.
Miguan s'avança d'un pas, les mains en l'air en signe de paix. "Miguan et Lena, de la colonie Centurion. Nous cherchons à résoudre des problèmes, pas à en créer d'autres."
L'homme fronça les sourcils, scrutant Miguan d'un regard perçant. "Nous avons des ordres de bloquer l'accès. Vous ne pouvez pas passer."
Miguan sentit la frustration poindre en lui. "Écoutez, on a quelqu'un de blessé ici. On ne cherche pas d'ennuis, mais si vous ne nous laissez pas passer, vous en causerez plus que vous ne pouvez en gérer."
Lena s'avança à son tour, son regard durci. "Laissez-nous passer. Les vies humaines importent plus que vos ordres absurdes."
Un silence tendu s'installa, l'air chargé d'électricté. Les hommes se consultèrent du regard, hésitant.
Finalement, le chef hocha la tête, à contrecœur. "Très bien. Passez, mais faites vite."
Miguan acquiesça, soulagement et vigilance se mêlant en lui. "Merci. Vous ne le regretterez pas."
Ils reprirent la marche, l'homme blessé toujours soutenu par Miguan. Chaque pas semblait les rapprocher de la sécurité, mais Miguan savait que la route était encore longue. Le secteur 7 n'était qu'une étape, et les dangers ne faisaient que commencer.
Alors qu'ils progressaient, Miguan réfléchissait rapidement à leurs prochaines actions. "Lena, dès qu'on est hors de danger, il faut qu'on comprenne pourquoi le secteur 7 était ciblé. Quelqu'un veut vraiment qu'on échoue."
Lena acquiesça, son esprit déjà en mode alerte. "Et on trouvera qui. Mais d'abord, on doit sortir tout le monde d'ici sain et sauf."
Le tunnel s'ouvrit enfin sur une zone de sécurité relative. Les lumières y étaient plus stables, l'air moins oppressant. Miguan relâcha un instant la tension, ses muscles protestant après l'effort.
"Kira, on est sortis du secteur 7," annonça-t-il dans le communicateur. "L'homme est sauf."
"Bien reçu, Miguan. Vargas veut te parler."
Miguan soupira, anticipant déjà les reproches. "Connecte-le."
La voix de Vargas éclata dans l'écouteur, froide et mécontente. "Miguan, tu as pris des risques inutiles. Ton matériel est précieux. Tu es censé prioriser."
Miguan se redressa, la mâchoire serrée. "Vargas, je priorise les vies humaines. Vous devriez en faire autant."
Un silence pesant s'installa, avant que Vargas ne réponde enfin, son ton neutre. "Continuez votre mission. Mais soyez prudent."
Miguan coupa la communication, un sourire ironique sur les lèvres. "On dirait que Vargas commence à comprendre qui fait la vraie différence ici."
Lena lui tapota l'épaule, son sourire complice. "On a du boulot, partenaire. Et je crois qu'on est loin d'en avoir fini."
Miguan hocha la tête, prêt à affronter ce qui viendrait. La colonie Centurion avait besoin de vérité, et lui, de la découvrir.
CHAPITRE 6
LA CAGE DE VERRE
Le bureau de Vargas était une forteresse de verre accrochée au flanc d'une falaise, dominant la mer de la Tranquillité. Miguan y avait été convoqué, et il s'attendait à tout sauf à une discussion paisible. Son instinct lui hurlait que quelque chose clochait. Lena l’accompagnait, sa présence indispensable pour garder son calme.
Ils se faufilaient à travers les corridors étroits de la station centrale, les murs vibrants au rythme des turbines énergétiques. Chaque pas résonnait comme un compte à rebours. Miguan sentait le regard lourd des caméras de sécurité peser sur eux.
"Prêt ? On entre bientôt en territoire ennemi," murmura Lena, son regard perçant scrutant chaque recoin.
Miguan hocha la tête, détermination gravée sur son visage. "Vargas a quelque chose derrière la tête. On sortira les griffes si nécessaire."
Une porte coulissante s'ouvrit devant eux, révélant une réceptionniste androïde à l'apparence trop parfaite pour être réconfortante.
"Monsieur Vargas vous attend," déclara-t-elle, tendant un doigt métallique vers une autre porte.
Miguan et Lena échangèrent un regard, puis traversèrent le seuil. Le bureau de Vargas ressemblait à une cage de verre, l'horizon bleu et infini s'étalant devant eux. Vargas, un homme à la silhouette élancée et aux yeux perçants, se tenait face à la baie vitrée, les mains jointes derrière le dos.
"Miguan," commença-t-il sans se retourner, la voix tranchante comme une lame. "Enfin, nous nous retrouvons."
"Vargas," répondit Miguan, sa voix aussi glaciale que l'océan en contrebas. "Vous aviez une proposition ?"
Vargas se retourna lentement, un sourire calculé sur les lèvres. "Oui, une proposition qui pourrait être... mutuellement bénéfique."
Lena croisa les bras, son expression clairement méfiante. "Et en quoi cela consiste-t-il exactement ?"
Vargas ignora délibérément Lena, fixant Miguan. "La colonie est en péril. Les ressources diminuent, et des sacrifices doivent être faits. Je vous propose un arrangement. Vous fermez les yeux sur certaines... activités. En échange, je garantis votre sécurité et celle de votre équipe."
Miguan sentit la colère monter en lui, ses poings se serrant involontairement. "Vous voulez que je trahisse tout ce pour quoi je me bats ? Pour protéger votre petit empire corrompu ?"
Vargas haussa un sourcil, comme si la réaction de Miguan l'amusait. "Je vous offre une chance de survivre dans ce chaos. Croyez-vous vraiment pouvoir sauver cette colonie à vous seul ?"
"Nous ne sommes pas seuls," répliqua Lena, sa voix vibrante de défi. "Il y a encore des gens qui croient en la justice."
Vargas soupira, dédaignant leur idéalisme. "Vous êtes idéalistes, mais réalistes vous devez devenir. La mer de la Tranquillité n'est pas un endroit pour les rêveurs."
Soudain, une alarme stridente résonna dans le bureau. Les murs vibrèrent, et une lumière rouge clignota au plafond. Miguan et Lena échangèrent un regard. Le chaos s'invitait.
"Problème de sécurité," annonça Vargas, visiblement irrité. "Vous avez attiré quelque chose avec vous ?"
Miguan secoua la tête, mais ses sens s'alertèrent. "On dirait que votre empire a des failles."
Ils se précipitèrent vers la console centrale, où un écran affichait des alertes incompréhensibles. Soudain, une détonation secoua la pièce, le sol tremblant sous leurs pieds.
"Qu'est-ce que c'était ?!" s'écria Lena, se protégeant instinctivement derrière un meuble.
Vargas se précipita vers une communication haute fréquence. "C'est impossible. Pas maintenant."
Miguan saisit Lena par le bras, l'entraînant vers la sortie. "On doit sortir d'ici. Maintenant."
Mais la porte s'était verrouillée, piégeant les trois protagonistes dans la cage de verre. Le regard de Vargas se fit plus dur, un éclat de panique perçant sa façade contrôlée.
"Des intrus," murmura-t-il. "Ils veulent tout faire sauter."
"Qui sont-ils ?" demanda Miguan, cherchant déjà un moyen de sortir.
"Des rebelles. Ceux qui croient pouvoir renverser l'ordre établi."
La situation se corsait. Miguan savait que Vargas aurait ses ennemis, mais il ne s'attendait pas à un assaut direct. Les murs vibraient sous les impacts, l'air se faisait rare.
Lena, les yeux vifs, repéra un conduit d'entretien partiellement masqué par un panneau. "Miguan, regarde là. Ça pourrait nous sortir d'ici."
Ils se précipitèrent vers le conduit, Vargas sur leurs talons. "Je ne reste pas ici pour mourir," gronda-t-il.
Miguan haussa les épaules. "Venez, mais ne nous ralentissez pas."
Ils s'engouffrèrent dans le conduit, rampant dans l'étroit tunnel de métal. Chaque mouvement était un effort, le poids des événements pesant sur leurs épaules.
"Je savais que je n'aurais pas dû vous faire confiance," cria Vargas, sa voix trahissant sa frustration.
"C'est vous qui êtes venu à nous," répliqua Lena, sa voix claire. "Vous pensiez qu'on se plierait à vos règles ?"
Les explosions retentissaient toujours, chaque détonation rapprochant le chaos du centre névralgique de la colonie. Miguan sentait une pression croissante sur ses épaules. Chaque décision pourrait être la dernière.
Ils débouchèrent finalement dans une salle annexe, un vieux hangar jonché de caisses métalliques et de débris oubliés. Lena referma le panneau derrière eux, écoutant le silence oppressant qui les enveloppait.
"On doit quitter cette station avant qu'elle ne s'effondre," déclara Miguan, reprenant son souffle.
Vargas, pour une fois, ne contesta pas. "Il y a un vaisseau d'évacuation vers l'est. Suivez-moi."
Ils se mirent en marche à travers le labyrinthe de la colonie, le chemin semé d'embûches. Des bruits de lutte résonnaient au loin, échos d'un conflit dont ils ignoraient les détails.
Chaque détour pouvait révéler un piège. Lena restait sur ses gardes, son arme prête à tirer. "On va s'en sortir, Miguan. On doit."
Miguan la regarda, une lueur d'espoir dans les yeux. "On va s'en sortir ensemble."
Soudain, trois silhouettes armées surgirent de l'ombre, leurs visages masqués par des casques intégrés. Les armes pointées vers eux, ils bloquaient leur chemin.
"Halte ! Par ordre du Conseil des Libres, vous êtes capturés," ordonna le leader, sa voix résonnant dans le corridor.
Vargas leva les mains, un rictus déformant ses traits. "Miguan, c'est votre chance de montrer votre loyauté. Ces rebelles finiront par tout détruire."
Miguan évalua rapidement la situation. Son esprit calculait chaque action possible, cherchant une issue. Mais les rebelles avaient la position avantageuse.
"Nous ne cherchons pas la confrontation," dit-il, calmement. "Nous voulons juste sortir d'ici en vie."
Le leader des rebelles hésita, abaissant légèrement son arme. "Pourquoi devrions-nous vous faire confiance ? Vous travaillez pour Vargas."
Miguan secoua la tête, sa voix ferme. "Nous ne travaillons pour personne. Nous voulons juste sauver la colonie."
Un silence s'installa, tendu. Puis, lentement, le rebelle abaissa son arme, ses compagnons suivant le mouvement.
"D'accord. Suivez-nous. On vous fait sortir d'ici."
Surpris par ce retournement, Miguan échangea un regard avec Lena. Ils avaient un allié inattendu.
Guidés par les rebelles, ils se frayèrent un chemin à travers les couloirs dévastés. Le sol tremblait encore sous leurs pieds, mais chaque pas les rapprochait de la liberté.
"Pourquoi nous aidez-vous ?" demanda Lena au leader rebelle, sa curiosité piquée.
"Parce que vous partagez un but commun," répondit-il simplement. "Rétablir l'équilibre."
Ils arrivèrent enfin à une plateforme d'embarquement, un vaisseau prêt à décoller. Les portes s'ouvrirent devant eux, l'intérieur illuminé d'une lueur chaude.
"Entrez, vite," pressa le rebelle. "Le temps presse."
Miguan, Lena et Vargas s'engouffrèrent dans le vaisseau, le bruit des moteurs se mettant en marche couvrant toutes les autres pensées.
Alors que le vaisseau s'élevait, Miguan regarda la colonie s'éloigner, les flammes léchant le ciel. Une ère s'achevait, une autre débutait. La mer de la Tranquillité, témoin silencieux, continuait de s'étendre à perte de vue.
Lena posa une main sur l'épaule de Miguan, un sourire fatigué mais résolu sur les lèvres. "On a encore beaucoup à faire."
Miguan acquiesça, détermination renouvelée. "Oui. Et ce n'est que le début."
Le vaisseau s'enfonça dans l'espace, emportant avec lui un trio inattendu, prêt à affronter les défis d'un monde en plein bouleversement.
CHAPITRE 7
LE SILLAGE DE L'OXYGÈNE
Le vaisseau atterrit lourdement sur la surface poussiéreuse de la Colonie Centurion. Miguan, Lena, et Vargas sautèrent prestement sur le sol lunaire. Leurs combinaisons spatiales s'illuminèrent d'un rouge d'alerte, signalant la fin des réserves d'oxygène. Pas de temps à perdre.
"On doit rejoindre les quartiers de sécurité pour réactiver le système de ventilation," lança Lena, ses yeux rivés sur le complexe en ruine.
Miguan hocha la tête, balayant le secteur d'un regard vif. "On y va, mais préparez-vous à quelques surprises. Ces corridors sont infestés de drones de sécurité."
Ils s'élancèrent dans le dédale, longeant les murs métalliques des quartiers de sécurité. Les couloirs, autrefois animés, étaient désormais silencieux, mais ce silence était trompeur. Miguan sentait la tension monter, une menace sourde se cachant derrière chaque tournant.
"Attention !" cria Vargas, tirant Miguan en arrière juste à temps pour éviter une rafale d'énergie qui zébra devant eux.
Un drone de sécurité surgit du plafond, ses capteurs rougeoyants fixés sur eux. Lena réagit immédiatement, son blaster crachait des éclairs bleutés. Le drone explosa dans un éclat de métal fumant.
"Ça commence bien," grogna Miguan, reprenant sa course en tête du groupe.
Ils atteignirent enfin la porte des quartiers de sécurité, mais l'accès était verrouillé par un champ de force. Miguan jura entre ses dents. "On doit passer par les conduits d'oxygène."
"Ces conduits sont un labyrinthe," remarqua Lena, scrutant avec appréhension la grille métallique au-dessus d'eux.
"Pas le choix," répondit Miguan, son regard glissant vers Vargas. "Tu sais comment faire sauter ça ?"
Vargas sourit, un air de défi dans les yeux. "Regarde et apprends." Il extirpa un petit détonateur de sa ceinture, l'adhérant contre la grille. "À couvert !"
La détonation retentit, projetant des fragments de métal dans toutes les directions. Les conduits étaient ouverts, mais le temps était compté. Les alarmes se mirent à hurler, résonnant dans tout le complexe.
Miguan s'engagea le premier, rampant dans le conduit étroit. Le métal vibréait sous lui, écho lointain de leur intrusion. "Faites attention. Si on traîne trop, on va se faire griller ici."
Avançant à l'aveuglette, ils progressaient dans la chaleur suffocante du conduit. Le chemin se rétrécissait, les angles devenaient de plus en plus serrés.
"On dirait qu'ils savaient qu'on viendrait par là," murmura Lena, essuyant la sueur de son front.
Miguan grogna, sentant le stress monter. "Continuez. On doit être proches."
Soudain, un bruit mécanique résonna derrière eux. Un nouveau drone, plus petit mais tout aussi mortel, les prenait en chasse. Miguan se retourna, tirant à l'aveugle dans le conduit exigu.
"Pas moyen de l'éviter," cria Vargas, pressé contre la paroi du conduit.
"Il ne faut pas l'arrêter. On le ralentit juste," ordonna Miguan, son blaster crépitant de nouveau. Les tirs ricochetèrent, créant un écho assourdissant.
Le drone ralentit, désorienté par les décharges. Miguan profita de l'instant, forçant l'accélération. Ils débouchèrent enfin dans une salle de maintenance, tombant lourdement sur le sol.
"On y est," haleta Lena, se redressant avec difficulté.
Une salle jonchée d'écrans et de consoles. Mais pas le temps de se réjouir. Le drone s'était frayé un passage, et d'autres bruits de moteur se rapprochaient.
"Barrez l'entrée ! Vargas, verrouille cette porte !" ordonna Miguan, courant vers les consoles.
Vargas s'exécuta, ses doigts dansant sur le clavier. "Ça devrait tenir un moment, mais pas longtemps."
Miguan se concentra, les mains sur la commande principale. "Je vais réactiver la ventilation. Ça devrait nous donner un peu de répit."
Lena gardait un œil sur l'entrée, son blaster toujours prêt. "Dépêche-toi. Je n'aime pas cette odeur de brûlé."
Les écrans s'illuminèrent, le système se réinitialisant lentement. Les conduits d'oxygène reprirent vie, un souffle d'air frais envahissant la pièce.
"Ça y est," souffla Miguan, soulagé. Mais l'euphorie fut de courte durée. Le sifflement perçant d'un drone défonçant la porte les ramena à la réalité.
"On doit bouger," insista Vargas, déjà prêt à repartir.
"On est repérés maintenant," remarqua Lena. "Qu'est-ce qu'on fait ?"
Miguan scruta la pièce rapidement, ses pensées tourbillonnant. "On se divise. Lena, tu prends cette sortie et essaies de rejoindre le module de communication. Vargas et moi, on détourne leur attention."
"Bonne chance," lança Lena, s'engouffrant dans le passage indiqué par Miguan.
"Elle en aura besoin," souffla Vargas tandis qu'ils se dirigeaient vers l'autre issue.
Miguan et Vargas coururent à travers le complexe, les drones à leurs trousses. La chaleur de la poursuite était étouffante, mais Miguan ne ralentit pas. Pas question de se faire attraper maintenant.
Ils atteignirent une vaste salle de stockage, remplie d'écrans brisés et de débris. Miguan se tourna vers Vargas, une idée brûlante dans son esprit.
"Si on peut bloquer ce passage, ça nous donnera un peu de temps," dit-il, regardant autour d'eux. "Aide-moi à faire tomber ces étagères."
Ils s'attaquèrent aux rangées métalliques, les renversant avec force. Le fracas métallique résonna comme une alarme, mais la barrière improvisée tiendrait, du moins pour un moment.
"Ça ne les arrêtera pas longtemps," avertit Vargas, haletant.
"Juste assez pour qu'on s'échappe," répondit Miguan, attrapant une ouverture à proximité. "On doit rejoindre Lena et s'assurer qu'elle ait accès aux communications."
Les deux hommes se faufilèrent à travers les décombres, leur chemin semé d'obstacles inattendus. Les drones tambourinaient contre la barricade, leur menace grandissante.
"Faut faire vite," pressa Miguan, sentant le stress poindre.
Ils émergèrent enfin dans un couloir désert, les panneaux lumineux clignotant au loin. Leurs pas résonnaient dans l'espace vide, une course contre-la-montre incessante.
"Tu penses qu'elle s'en sortira ?" demanda Vargas, un souffle d'incertitude dans sa voix.
"Elle n'a pas le choix," répliqua-t-il, déterminé. "Personne ne sait mieux se sortir de situations impossibles."
Ils approchaient enfin de l'extrémité, là où les couloirs rejoignaient les modules de communication. L'air semblait s'épaissir autour d'eux, chaque pas plus difficile que le précédent.
"On y est presque," murmura Miguan, une lueur d'espoir dans le regard.
Ils ralentirent, atteignant enfin la salle des communications. Lena était déjà là, s'activant sur les consoles, le visage tendu par la concentration.
"Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ?" lança-t-elle en les voyant arriver.
Miguan se pencha sur la console, ses pensées fusant à une vitesse vertigineuse. "Contacte la flotte. On a besoin de renforts. Dis-leur que la Colonie Centurion ne doit pas tomber."
Lena acquiesça, les doigts dansant sur le clavier. Le signal se connecta, une voix lointaine répondant presque instantanément. Miguan se redressa, prêt à faire face à ce qui viendrait ensuite.
"On doit tenir jusqu'à ce qu'ils arrivent," déclara-t-il, une détermination d'acier dans la voix.
Vargas se tourna vers lui, son arme prête. "On va leur montrer ce que ça signifie de se frotter à nous."
Miguan sourit, sentant l'énergie du combat à venir. Leurs efforts n'auraient pas été vains. Ensemble, ils se dressaient face à l'inéluctable, prêts à accueillir ce nouveau chapitre.
Les drones approchaient, le bruit de leurs moteurs grandissant. Miguan se prépara, son blaster fermement en main. Le moment était venu. Le combat pour la survie de la Colonie Centurion commençait véritablement, et il n'y avait pas d'autre issue que la victoire.
CHAPITRE 8
L'OMBRE DE LA MINE
Miguan ajusta sa ceinture, ses doigts effleurant le blaster. Le hangar était vide, un silence tendu pesant sur leurs épaules. Les lumières faibles vacillaient, créant des ombres qui dansaient sur les murs métalliques. L'odeur de l'ozone et de l'huile mécanique emplissait l'air.
"On a une chance, une seule," dit-il. Son regard se fixa sur Lena et Vargas. "Il faut tout miser."
Lena hocha la tête, les yeux brillants de détermination. "Les drones ne nous lâcheront pas. Il faut être rapide et silencieux."
Vargas, le visage dur comme la pierre, ajusta son arme. "On peut pas laisser la mine continuer. Si elle s'effondre, tout s'effondre."
Miguan acquiesça. Les informations qu'ils avaient découvertes étaient claires : le cœur de la colonie reposait sur une faille instable. L'extraction minière intensive menaçait de tout détruire. Ils devaient agir, et vite.
Ils s'approchèrent d'un Alfa Jet, l'appareil parfait pour pénétrer dans la mine. Petit, rapide, mais suffisamment puissant pour traverser les tunnels étroits. Miguan prit les commandes, Vargas et Lena s'installant rapidement à ses côtés.
"Prêts pour un tour en enfer ?" lança Miguan, un sourire nerveux aux lèvres.
"Plus que jamais," répondit Lena, bouclant sa ceinture.
L'Alfa Jet s'éleva doucement, glissant hors du hangar. À travers le dôme transparent, la vue de la colonie s'étendait, un réseau complexe de structures et de lumières. Miguan sentit une bouffée de colère contre ceux qui avaient permis à la cupidité de menacer cet endroit.
Ils piquèrent vers l'entrée de la mine, un trou béant dans le sol, les parois de métal froid éclairées par des projecteurs puissants. Le flux constant de navettes de transport était absent, une pause bienvenue dans l'activité frénétique habituelle.
"Quelque chose cloche," murmura Vargas, les yeux fixés sur le radar. "Trop calme."
Miguan avait déjà remarqué l'absence d'activité, mais ils n'avaient pas le temps de s'en soucier. "On continue," ordonna-t-il. "Si ça tourne mal, on improvise."
Le jet s'enfonça dans le tunnel, les parois se rapprochant dangereusement. Les lumières clignotantes des balises guidaient leur chemin, mais Miguan savait que chaque mètre les rapprochait du danger.
Une explosion résonna, secouant le vaisseau. "Qu'est-ce que c'était ?" cria Lena, les yeux écarquillés.
"Des charges posées par les drones pour nous stopper !" répondit Vargas, serrant les accoudoirs.
Miguan manœuvra habilement, évitant les débris qui tombaient. "Ils veulent nous enterrer ici."
"Pas aujourd'hui," répliqua Lena, activant les contre-mesures du jet. Des leurres furent projetés, attirant les drones loin de leur trajectoire.
Le tunnel s'ouvrit finalement sur une vaste cavité, la salle principale de la mine. Les machines silencieuses se dressaient, immenses et menaçantes. Miguan fit atterrir le jet délicatement, le sol vibrant sous l'impact.
"On doit trouver le serveur central," dit Vargas, désignant un complexe de câbles et de terminaux au centre de la pièce. "C'est là que sont les données."
Ils sortirent du jet, les armes prêtes, avançant prudemment parmi les ombres. Les bruits métalliques résonnaient, une symphonie inquiétante de tension et de suspense.
"Vite, avant que les renforts n'arrivent," pressa Lena, ses doigts déjà au travail sur le panneau de commande.
Miguan surveillait les alentours, les sens en alerte. "Dépêche-toi, Lena."
"Je fais ce que je peux," rétorqua-t-elle, les yeux rivés sur l'écran.
Un cliquetis soudain les fit se raidir. Vargas pivota, son arme pointée vers l'obscurité. "Quelqu'un approche."
Une silhouette apparut, émergeant lentement des ombres. Un homme, grand et mince, un sourire carnassier aux lèvres. "Je me demandais quand vous alliez arriver," dit-il, sa voix traînante et moqueuse.
Miguan le reconnut immédiatement. Harvin, le contremaître de la mine, et leur ennemi le plus acharné. "Harvin," murmura-t-il, la mâchoire serrée. "Tu étais dans le coup depuis le début."
"Bien sûr," répondit Harvin, ses yeux brillant de malice. "Et maintenant, vous allez me remettre ces données."
"Pas question," répondit Vargas, son doigt caressant la détente.
Harvin éclata de rire. "Vous pensez vraiment avoir une chance ?" Il claqua des doigts, et des drones apparurent, flottant silencieusement autour d'eux, leurs armes braquées.
Miguan sentit son cœur s'accélérer. "Lena," murmura-t-il. "Finis ça. Maintenant."
Les doigts de Lena dansaient sur le clavier, et elle hocha la tête. "C'est presque bon."
Harvin avança, confiant. "Vous êtes encerclés. Rendez-vous."
"Jamais," répondit Miguan, une étincelle de défi dans les yeux.
Un échange silencieux passa entre les trois. Lena tapota une dernière commande et leva un pouce en l'air. Miguan réagit instantanément, tirant sur les drones. Vargas fit de même, leurs tirs résonnant dans la salle.
Lena arracha le disque de données du terminal, le glissant dans sa poche. "On bouge !" cria-t-elle.
Ils sprintèrent vers l'Alfa Jet, esquivant les tirs des drones. Harvin hurla des ordres, tentant de les arrêter, mais ils étaient déjà en mouvement.
Miguan sauta dans le cockpit, enclenchant les moteurs. "Accrochez-vous !"
Le jet décolla, les lasers des drones frôlant la coque. Ils s'élancèrent dans le tunnel, une série d'explosions résonnant derrière eux alors que Harvin tentait désespérément de les stopper.
"On y est presque," cria Vargas, son visage tendu.
Miguan atteignit la sortie de la mine, la lumière du jour éclatant soudainement autour d'eux. "Lena, contacte la flotte. Vargas, prépare-toi à défendre la colonie."
Lena s'exécuta, envoyant le signal d'urgence. "Aide en route," annonça-t-elle, soulagée.
Miguan regarda en arrière, voyant le chaos qu'ils laissaient derrière eux. Harvin et ses sbires étaient battus, mais le combat ne faisait que commencer. Ils avaient les données, mais il leur restait à sauver la colonie.
"On a réussi la première étape," dit-il, fixant ses amis. "Mais la vraie bataille commence maintenant."
Vargas hocha la tête. "On va leur montrer ce qu'on vaut."
Lena sourit, le disque de données fermement en main. "On ne les laissera pas gagner."
Miguan poussa les moteurs à leur maximum. La survie de la Colonie Centurion dépendait d'eux. Et ils n'avaient pas l'intention de décevoir.
CHAPITRE 9
L'ÉVASION DE L'ORBITE
Le cockpit de l'Alfa Jet vibrait sous les mains de Miguan alors qu'il filait hors de l'atmosphère tourmentée de la Colonie Centurion. Les capteurs s'agitaient comme des étoiles filantes, indiquant des menaces multiples verrouillées sur eux. Lena était concentrée sur l'écran de communication, ses doigts glissant comme une danseuse sur un fil électrique, envoyant frénétiquement des coordonnées à la flotte amie.
"On a des bogeys qui arrivent de l'avant," signala Vargas, ses yeux ne quittant jamais les écrans de surveillance. "Ils ont déployé les chasseurs faucons."
Miguan grinça des dents, les phalanges blanches sur le manche. "Je les vois. On ne peut pas les affronter de face, il faut les semer."
Il plongea brusquement sur le côté, évitant de justesse un tir de plasma qui crépita là où ils étaient une seconde auparavant. Les mouvements étaient brusques, mais nécessaires. Lena accrochait son siège, son autre main toujours sur le terminal.
"Mig, accélère," cria-t-elle. "Les coordonnées sont prêtes, mais il nous faut atteindre l'orbite."
Miguan acquiesça d'un geste rapide. "Vargas, prépare les contre-mesures. On va passer en mode Mach."
Le vaisseau vibra à nouveau, cette fois-ci plus intensément, alors que Miguan poussait les moteurs au maximum. Une alarme retentit, signalant qu'un missile ennemi s'approchait rapidement. Vargas appuya frénétiquement sur les commandes, lâchant des leurres qui explosèrent en un nuage éclatant d'interférences.
"Leurres lancés ! Mais ils ne vont pas mordre éternellement," avertit Vargas, tendu.
"On n’a pas besoin d’éternité. Juste quelques secondes de plus," rétorqua Miguan. Ses yeux cherchaient déjà la prochaine faiblesse dans le schéma d'attaque ennemi.
Un chasseur faucon fondit sur eux, ses canons rugissants. Miguan rétro-poussa d'un coup les gaz, se plaçant derrière le chasseur dans une manœuvre audacieuse. Il pressa la détente, et le faucon éclata en une boule de feu incandescente.
"Un de moins," grogna Miguan, mais sans jubilation. Chaque seconde comptait.
Lena leva soudain les yeux de ses écrans, alarmée. "On a un problème. Ils ont verrouillé la sortie de l'orbite avec un champ de mines cinétiques."
Miguan serra les dents. "Pas le choix, on doit passer. Préparez-vous à des turbulences."
Il fonça droit vers le champ de mines, sa main ferme mais agile sur les commandes. Les mines s'activèrent, cherchant à accrocher leur vaisseau dans un filet mortel. Lena et Vargas se cramponnèrent, la tension augmentant à chaque seconde.
"Miguan, c'est de la folie !" cria Vargas.
"Nous n'avons pas le choix !"
Les mines luisaient de façon menaçante, prêtes à libérer leur charge destructrice. Miguan plongea, tordit, roula, chaque geste calculé au millimètre près. Un souffle chaud fit fondre une partie du blindage lorsqu'une mine explosa trop près, mais ils tinrent bon.
"Sors-nous de là !"
Avec un dernier coup d'accélérateur, ils jaillirent du champ, laissant les explosions derrière eux. Le vaisseau tremblait, mais restait en un seul morceau.
"Champ franchi. On est à l'extérieur de l'orbite," annonça Lena, le souffle court.
"Bon boulot," répondit Miguan, mais son soulagement fut de courte durée. "Quelque chose se rapproche."
Il avait à peine fini sa phrase qu'un croiseur ennemi surgit, ses armes prêtes. Miguan n'hésita pas. "Vargas, prépare les canons. Lena, reste connectée à la flotte. On va avoir besoin de renforts, et vite."
Les tirs du croiseur illuminèrent le vide spatial de rayons mortels. Miguan fit zigzaguer l'Alfa Jet, plongeant et montant en spirale. Vargas ripostait, les salves de leurs canons traçant des arcs lumineux dans le ciel d'encre.
"On ne tiendra pas," avertit Vargas. "Ils sont trop nombreux."
"Pas encore," murmura Miguan, déterminé. "Pas tant qu'on a encore un souffle."
Lena interrompit leur échange. "Contact avec la flotte. Ils arrivent dans deux minutes."
"Deux minutes de trop," répliqua Vargas, une note de panique dans la voix.
Un tir puissant secoua l'Alfa Jet, un écran clignotant indiquant des dommages critiques sur le flanc gauche. Miguan jura, luttant pour maintenir le vaisseau en ligne droite.
Un signal clignota sur le tableau de bord. "Vargas, essaie d'atteindre leurs moteurs. Si on peut ralentir ce croiseur, on gagne peut-être du temps."
Vargas hocha la tête, et ses doigts dansèrent sur les commandes, réglant ses tirs avec une précision chirurgicale. Miguan fit une embardée audacieuse, exposant leur flanc endommagé mais offrant à Vargas une ligne de tir claire.
"Feu !" cria Miguan.
Les salves fendirent l'espace, frappant le croiseur ennemi qui tituba. Un instant de répit, mais suffisant pour que Lena capte un signal salvateur.
"Renforts en approche. Tenez la position encore un peu," annonça-t-elle, l'espoir vibrant dans sa voix.
Miguan poussa un soupir de soulagement, mais il restait concentré. "On garde la tête basse. Ils sont presque là."
Les étoiles autour d'eux scintillèrent un instant avant que les vaisseaux alliés ne se matérialisent, chargeant sur le champ de bataille avec une détermination farouche.
"La flotte est là," confirma Vargas, un sourire rare sur son visage.
Miguan relâcha un peu la pression, mais pas complètement. "Lena, envoie les données à la flotte. Ils doivent savoir ce qu'on a découvert."
Déjà, elle était au travail, ses doigts dansant sur le clavier. "Fichier transféré. Ils ont tout."
Le croiseur ennemi, submergé par la soudaine force alliée, commença à battre en retraite. Miguan guida l'Alfa Jet vers l'arrière de la ligne alliée, la respiration enfin plus régulière.
"On l'a fait," murmura Vargas, encore sous le choc.
"Pour l'instant," rétorqua Miguan, sa voix rauque mais pleine de détermination. "La bataille pour sauver la Colonie ne fait que commencer."
Ils se lancèrent un regard, silencieux mais puissant. Ils avaient survécu à cette épreuve, mais ils savaient que d'autres défis les attendaient. La survie de la Colonie Centurion dépendait d'eux.
Et ils étaient prêts à tout pour la défendre.
CHAPITRE 10
LES BALISES DE L'AUTRE MONDE
Miguan se tenait dans le cockpit de son Alfa Jet, son regard fixé sur la vue époustouflante de l'espace entre la Lune et la Terre. Les étoiles scintillaient comme des furies, indifférentes aux batailles humaines. Une alarme retentit, ramenant brutalement Miguan à la réalité. Il respira profondément, prêt à relever le défi.
"Vargas, t'es prêt ?" demanda-t-il dans le communicateur.
"Comme jamais," répondit la voix assurée de Vargas. "Je te suis à la trace, Mig."
Miguan serra les commandes, sentant l'adrénaline monter. "On y va. N'oublie pas, on a besoin de ces balises sur la Lune. Sans elles, pas de communication avec la Terre."
"Et pas de renforts," ajouta Vargas. "Compris."
Miguan poussa les moteurs à fond, son Alfa Jet s'arrachant au silence de l'espace. Vargas le suivait de près, son propre vaisseau de chasse vibrant d'énergie. Devant eux, une flottille ennemie se profilait, prête à défendre farouchement la position lunaire.
"On a du monde devant," signala Lena depuis l'arrière du cockpit. "Pas mal de chasseurs."
Miguan esquissa un sourire en coin. "Rien qu'on ne puisse gérer. Vargas, tu connais la manœuvre."
"Affirmatif," répondit Vargas. "On les attire hors de leur formation."
Miguan s'approcha du groupe ennemi, ses commandes grincèrent sous la pression de ses mouvements brusques. Les chasseurs adverses réagirent instantanément, se dispersant pour intercepter les intrus. La radio grésilla.
"Ennemis en approche rapide," précisa Lena, concentrée sur les scanners. "Prépare-toi."
Miguan plongea soudainement, esquivant de justesse un tir dirigé vers lui. "Vargas, maintenant !"
Vargas bascula sur le côté, l'accélération de son vaisseau l'envoyant en spirale autour des chasseurs ennemis. Ses canons crachèrent une série de rafales, démantelant la formation adverse. Deux chasseurs explosèrent sous ses tirs précis.
"Propre et net," commenta Vargas, un éclat de triomphe dans la voix.
Miguan enchaîna les manœuvres, plongeant, virevoltant, évitant les tirs qui striaient l'espace autour de lui. "Lena, dis-moi qu'on a une ouverture."
"Presque là," répondit-elle, ajustant les coordonnées. "Encore quelques secondes."
Mais le destin n'était pas du genre à leur laisser le temps de respirer. Un signal clignota sur le tableau de bord : un croiseur ennemi, bien plus massif, avait quitté l'orbite lunaire et se dirigeait droit sur eux.
"Merde," grommela Miguan. "On a un gros morceau qui arrive."
"On ne peut pas l'affronter de front," répondit Vargas. "On doit trouver un moyen de le contourner."
Miguan réfléchit rapidement. "On va l'attirer vers le côté éclairé de la Lune, l'aveugler avec les reflets solaires. Lena, prépare le module de leurre."
"D'accord," répondit-elle, déjà en train d'exécuter les commandes nécessaires.
Les moteurs de l'Alfa Jet rugirent alors que Miguan inversait sa course. Le croiseur colossale se rapprochait, ses canons alignés pour faire pleuvoir la destruction. Miguan déploya le leurre, un dispositif brillant qui se détacha de leur vaisseau et se mit à scintiller intensément.
"Ça devrait leur donner quelque chose à mâcher," dit Vargas, admirant la diversion.
Le croiseur réagit comme prévu, ses canons s'orientant vers le leurre. Miguan profita de la distraction pour plonger vers la surface lunaire, Vargas sur ses talons.
"Surface lunaire en vue," annonça Lena d'une voix tendue.
Miguan guida son vaisseau au plus près, survolant les cratères et les plaines poussiéreuses à une vitesse vertigineuse. Leurs ombres s'étiraient sur le sol blafard, se frayant un chemin à travers un paysage hostile et désolé.
"Balise de largage dans trois, deux, un..." fit Lena, et Miguan libéra le dispositif, qui s'enfonça dans la poussière lunaire.
"Bien joué. Une de moins," dit Vargas, soulagement perceptible dans sa voix.
Mais avant qu'ils ne puissent savourer leur succès, une nouvelle alerte retentit. Des drones, petits mais agiles, émergeaient de la surface lunaire, programmés pour défendre le secteur.
"Ces saletés sont partout," grogna Miguan, serrant les dents.
"J'en prends un lot," annonça Vargas, braquant son vaisseau sur l'escadron mécanique.
Miguan se concentra sur sa propre cible, engageant un duel rapide avec les drones. Les explosions illuminaient la surface lunaire alors que les machines étaient détruites une à une. Vargas effectuait des manœuvres acrobatiques, esquivant de justesse les tirs ennemis.
"Sérieusement, qui programme ces trucs ?" plaisanta Vargas, sa voix entrecoupée par le stress du combat.
"Quelqu'un qui nous déteste," répliqua Miguan, ses doigts volant sur les commandes.
Ils éliminèrent les drones en un temps record, mais il restait encore une balise à poser. "Dernière étape," déclara Miguan. "Il nous reste à couvrir le secteur est."
Les deux vaisseaux se dirigèrent en formation serrée vers leur objectif final. Mais alors qu'ils approchaient, un bruit métallique retentit dans le cockpit de Miguan.
"Quoi encore ?" s'exclama-t-il, agacé.
"Débris spatiaux," répondit Lena, les yeux rivés sur les scanners. "Ils ont miné cette zone."
Miguan esquiva un morceau de métal tournoyant, son vaisseau frôlant la destruction. "On peut pas ralentir maintenant."
Vargas franchit les débris avec une précision chirurgicale, allumant ses propulseurs pour éviter les pièges mortels. "On peut le faire, Mig. Tiens bon."
Miguan hocha la tête, le souffle court. Il atteignit la zone désignée, larguant la dernière balise avec un soupir de soulagement. Mais une dernière alerte retentit : le croiseur ennemi, ayant fini avec le leurre, fonçait sur eux.
"Je le retiens," annonça Vargas. "Mig, fuis avec Lena. On se retrouve côté terrestre."
Miguan hésita un instant, la loyauté tiraillant son cœur. "T'es sûr ?"
"Totalement. File avant qu'ils nous redémolissent."
Miguan hocha la tête, résolu. "On se rejoint là-bas. Fais gaffe à toi, Vargas."
Dans une explosion de lumière et de métal, Vargas détourna le croiseur, offrant à Miguan une fenêtre de fuite. L'Alfa Jet de Miguan se précipita vers la Terre, laissant derrière lui la lumière crue de la Lune et l'ombre menaçante du croiseur.
Miguan savait que la bataille venait de commencer et qu'il leur restait encore un long chemin à parcourir avant de sécuriser l'avenir de la Colonie Centurion. Mais il avait foi en leurs capacités et en leur détermination à surmonter tous les obstacles qui se dresseraient encore sur leur chemin.
CHAPITRE 11
FEU DANS LE DÉSERT
Le ciel mexicain éclata en une pluie de couleurs éclatantes alors que l'Alfa Jet de Miguan fendait l'atmosphère à une vitesse vertigineuse. Mais le répit fut de courte durée. Les alarmes sonores détonèrent dans le cockpit, perçant l'air avec une insistance désagréable.
"Lena, on va avoir un problème," annonça Miguan, les mains crispées sur les commandes.
"Les propulseurs ?" demanda-t-elle, la tension palpable dans sa voix.
"Non, plus urgent. On a du monde à bord." Miguan lança un regard furibond vers l'écran de contrôle qui affichait une lumière rouge clignotante.
Un coup sourd résonna de l'arrière du vaisseau, suivi d'un grincement métallique. Miguan tourna la tête, cherchant une explication. "Quelqu'un a dû poser une charge. Prépare-toi à l'impact."
L'Alfa Jet trembla violemment, les systèmes internes criant pour une attention désespérée. Ils s'engouffraient dans l'atmosphère avec la grâce d'une comète désintégrante.
Miguan tapa un code rapide sur le panneau de contrôle, détournant l'énergie des systèmes non essentiels pour renforcer les boucliers frontaux. "On va faire un atterrissage forcé. Accroche-toi."
Lena hocha la tête et serra les sangles de son siège, ses yeux fixés sur l'horizon. "On va s'en sortir, Mig. On l'a déjà fait."
L'Alfa Jet heurta le sol du désert mexicain avec une force cataclysmique, labourant la terre aride avant de s'immobiliser en un nuage de poussière et de débris.
Miguan se libéra des sangles, une douleur sourde irradiante dans son épaule. Lena se débattait déjà avec la porte de secours. "On doit sortir d'ici avant qu'ils nous trouvent."
Les deux se précipitèrent hors du vaisseau, s'enfuyant dans le désert cramoisi. La chaleur était accablante, mais ils ne pouvaient pas se permettre de ralentir. Derrière eux, l'Alfa Jet était une épave fumante, une cible parfaite pour n'importe quel poursuivant.
Ils coururent, battus par un vent sec et coupant. Chaque pas les éloignait un peu plus des ruines de leur vaisseau.
"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" haleta Lena.
Miguan s'arrêta un instant, les yeux scrutant l'horizon. "On trouve un abri, puis on établit une communication avec la colonie. Et on espère que Vargas s'en est sorti."
Un bruit de moteur brisa le silence, attirant leur attention vers une crête voisine. Trois véhicules tout-terrain s'approchaient, soulevant des nuées de sable derrière eux.
"Pillards," grogna Miguan. "On doit les semer."
Ils se détournèrent, courant à perdre haleine vers une formation rocheuse à l'ouest. Les véhicules étaient rapides, mais Miguan savait que leur connaissance du terrain serait leur atout.
Ils atteignirent les rochers juste à temps pour se cacher derrière un amas de pierres. Les pillards s'arrêtèrent, leurs silhouettes se découpant sur le ciel couleur de sang.
"On doit retourner à l'Alfa Jet," murmura Lena. "Ils ont sûrement des pièces qu'on peut utiliser."
Miguan acquiesça, même si l'idée le rendait nerveux. "D'accord. Mais on doit être rapides."
Ils se glissèrent entre les rochers, se faufilant dans l'ombre alors que les pillards exploraient les environs. Miguan et Lena firent demi-tour, courant aussi vite qu'ils le pouvaient vers l'épave de l'Alfa Jet.
Les moteurs des pillards rugissaient à nouveau. Miguan tira Lena derrière un autre rocher. "On doit les ralentir."
Il fouilla dans la poche de sa combinaison lunaire, en sortant un petit dispositif sphérique. "Grenade EMP. Ça devrait faire l'affaire."
Il lança la sphère dans la direction des pillards. À peine eut-elle touché le sol qu'une onde pulsée secoua l'air. Les véhicules s'arrêtèrent brusquement, leurs systèmes électroniques grillés.
"Ça ne les retiendra pas longtemps," remarqua Lena. "On bouge !"
Ils atteignirent enfin l'Alfa Jet. Miguan arracha une plaque d'accès, révélant un enchevêtrement de câbles et de circuits. Il travailla fiévreusement, ses doigts dansant sur les composants comme un pianiste effréné. Lena fit le guet, ses yeux scrutant l'horizon pour tout signe de mouvement.
"Je crois que j'ai quelque chose," dit-il, retirant une unité de communication portable. "Avec ça, on peut peut-être contacter la colonie."
Il alluma l'appareil, mais le signal était faible. "On doit trouver un endroit élevé pour émettre. Une colline, n'importe quoi."
Le rugissement d'un moteur proche les fit sursauter. "Ils reviennent," siffla Lena. "Mig, on doit y aller."
Ils s'élancèrent de nouveau dans le désert, cherchant désespérément un terrain plus élevé. Miguan jeta un coup d'œil derrière lui. Les pillards étaient à pied maintenant, mais armés, se rapprochant dangereusement.
"Par là," cria Miguan, pointant vers une colline rocheuse. "Si on peut les distancer, on a une chance."
Ils grimpèrent, la sueur ruisselant sur leurs visages. Les pillards les suivaient de près, leurs voix montant dans l'air chaud.
Miguan et Lena atteignirent le sommet, essoufflés mais déterminés. Miguan ajusta l'unité de communication, espérant un miracle.
"Colonie Centurion, ici Miguan. On a besoin d'une extraction, vite."
Le silence s'étira pendant ce qui leur parut une éternité, seulement brisé par le bruit des pillards s'approchant.
Puis, une voix familière résonna à travers l'appareil. "Mig, c'est Vargas. On arrive. Tenez bon."
Un sourire fatigué se dessina sur le visage de Miguan. "On tient bon, Vargas. Mais fais vite."
Ils se mirent en position, prêts à affronter les pillards si nécessaire. Les ombres des assaillants se dessinaient déjà sur le sol rocailleux.
Miguan serra une barre métallique arrachée à l'Alfa Jet. "Lena, quoi qu'il arrive, tu restes derrière moi."
Elle hocha la tête, résolue mais effrayée. Les pillards émergèrent enfin, leurs regards menaçants se posant sur Miguan et Lena.
"On veut juste vos affaires," lança l'un d'eux, un sourire carnassier aux lèvres.
Miguan haussa les épaules, la barre levée. "Il va falloir venir les chercher."
Les pillards chargèrent, et le désert mexicain résonna des bruits de combat. Miguan se battait avec l'énergie du désespoir, chaque coup porté avec la force de la survie.
Lena était rapide et agile, esquivant les attaques avec une grâce désarmante. Ils tenaient bon, malgré le nombre supérieur de leurs adversaires.
Soudain, un rugissement perça le ciel. Un autre Alfa Jet apparut, descendant en flèche vers la colline. Les pillards s'arrêtèrent, hésitants.
"Ça doit être Vargas !" s'exclama Lena, retrouvant un souffle d'espoir.
L'Alfa Jet ouvrit le feu, dispersant les pillards. Ceux-ci, réalisant qu'ils avaient perdu l'avantage, prirent la fuite, leurs cris de colère résonnant encore longtemps après qu'ils aient disparu.
Vargas posa son vaisseau, sautant au sol pour rejoindre Miguan et Lena. "On dirait que j'arrive juste à temps."
Miguan, haletant mais soulagé, lui donna une tape sur l'épaule. "Parfait timing, comme d'habitude."
Ils montèrent à bord du vaisseau de Vargas, laissant derrière eux la chaleur impitoyable du désert.
"On reprend la mission," dit Vargas en lançant les propulseurs. "On a laissé assez de traces pour qu'ils ne nous oublient pas."
Miguan et Lena s'installèrent, épuisés mais vivants. La lutte pour sécuriser la Colonie Centurion continuait, et ils étaient plus déterminés que jamais à réussir.
"Prêts pour le prochain tour ?" demanda Vargas avec un sourire espiègle.
Miguan hocha la tête, le regard déterminé. "Toujours. On ne s'arrête pas tant qu'on n'a pas gagné."
Le vaisseau s'éleva, emportant avec lui l'espoir et le courage de ceux qui refusaient de céder face à l'adversité. Le désert s'effaçait sous eux, mais la lutte pour la survie ne faisait que commencer.
CHAPITRE 12
LE PARADOXE DU CARGO
Lena tapotait nerveusement sur l'accoudoir du siège, jetant de temps en temps un coup d'œil par le hublot. Les nuages se déchiraient pour laisser entrevoir la vaste étendue du désert en contrebas. Miguan, à côté d'elle, ne faisait rien pour rompre le silence tendu qui s’était installé. Vargas, aux commandes, surveillait les instruments avec l'attention d'un faucon.
"On est presque à l'approche," annonça-t-il enfin, coupant le moteur principal pour passer en mode furtif. "Vous vous souvenez du plan ?"
Miguan hocha la tête. "On s'infiltre dans le cargo, on récupère les données, et on sort avant qu'ils ne se rendent compte."
Lena acquiesça. "Et si ça se passe mal ?"
"On improvise," répondit Miguan, les yeux fixés sur la soute du cargo qui se rapprochait à chaque seconde. "On a toujours fait comme ça."
Vargas se tourna légèrement pour les fixer du regard. "Soyez prudents. Je vous récupère une fois que vous avez terminé."
Lorsque le vaisseau de Vargas se stabilisa au-dessus du cargo, Miguan et Lena se glissèrent dans la soute avec la précision de professionnels aguerris. Le bruit des moteurs masquait leur arrivée. Ils s'accroupirent, évaluant rapidement la situation.
Une dizaine de caisses était empilée le long des parois, des ombres inquiétantes dans la faible lumière. Lena dégaina son scanner portable. "Les données sont dans la caisse numéro cinq," murmura-t-elle.
Miguan opina, se dirigeant vers ladite caisse. "Reste sur tes gardes."
Ils s’aventurèrent lentement, évitant les câbles et les pièges potentiels dissimulés. À mi-chemin, un grésillement soudain interrompit leur progression. Un écran holographique s'alluma, révélant le visage d’un pilote renfrogné.
"Intrus détectés ! Équipe de sécurité, en position !"
"On est grillés," siffla Lena, bondissant derrière une pile de caisses.
Miguan dégaina son arme, les muscles tendus par l'adrénaline. "Pas de retour en arrière maintenant."
Les portes latérales de la soute s'ouvrirent en un claquement métallique. Trois gardes surgirent, armes au poing. Miguan tira le premier, son tir fendant l'air avec précision. L'un des gardes s'affaissa, les deux autres répliquèrent immédiatement.
Lena ajusta son tir, abattant le second. "Reste plus qu'un," lança-t-elle.
Le dernier garde se jeta sur Miguan, le projetant au sol. Les deux hommes roulèrent, échappant de peu à la détonation d'une caisse de munitions. Miguan repoussa le garde d'un coup de pied bien placé, se redressant avec la rapidité d'un félin.
"Attrape ça !" cria Lena, lui jetant une barre métallique.
Miguan l'empoigna, esquivant une nouvelle attaque du garde. Il frappa, un mouvement fluide, précis. Le garde s'effondra, inconscient.
"On continue," dit Miguan, reprenant son souffle. "Pas de temps à perdre."
Ils coururent vers la caisse numéro cinq. Lena s’agenouilla, ses doigts dansant sur le panneau de contrôle. "Ça va prendre une minute."
"Fais vite," répondit Miguan, scrutant la soute pour détecter toute menace supplémentaire.
Une alarme retentit, le rouge clignotant partout autour d'eux. "Équipe de secours, à la soute !"
"On va avoir de la compagnie," prévint Miguan.
Lena tapa une dernière commande, et la caisse s'ouvrit avec un sifflement pneumatique. Elle attrapa le disque de données, le glissant dans sa poche. "On y va !"
Ils se précipitèrent vers la trappe, mais une détonation les repoussa en arrière. Une nouvelle équipe de sécurité se précipitait dans la soute, armes braquées sur eux.
"Restez où vous êtes !" ordonna le chef de l’équipe, sa voix résonnant comme une menace.
Miguan échangea un regard avec Lena. "Plan B ?"
"Plan B," approuva-t-elle avec un léger sourire.
Ils se séparèrent en deux directions opposées, Miguan tirant pour couvrir Lena. Les balles sifflèrent autour de lui, une danse mortelle à laquelle il était depuis longtemps habitué. Lena se glissa derrière une caisse, sortant une grenade à impulsion.
"Attrapez ça !" lança-t-elle, jetant la grenade au milieu de la troupe.
Le souffle de l'explosion projeta les gardes dans toutes les directions. Miguan profita du chaos pour rejoindre Lena, saisissant son poignet. "On se tire d'ici."
Ils atteignirent enfin la trappe, mais cette dernière était verrouillée. Miguan maudit entre ses dents, sortant son kit de piratage.
"S'il te plaît, dis-moi que tu peux l'ouvrir," implora Lena, jetant un regard inquiet derrière eux.
Miguan s'affairait, les circuits s'illuminant sous ses manipulations habiles. "J'y travaille, j'y travaille."
Les gardes se relevèrent, leur nombre diminué mais leur détermination intacte. Miguan redoubla d'efforts, forçant finalement la trappe à s'ouvrir.
"Go ! Go ! Go !" cria-t-il, poussant Lena en avant.
Ils se glissèrent dans le conduit, le claquant derrière eux juste au moment où les gardes se précipitaient.
"On doit atteindre le pont pour activer le système d’éjection," expliqua Lena alors qu'ils rampaient dans l'étroit passage.
Miguan acquiesça, une lueur dangereuse dans le regard. "Une fois qu'on a éjecté, Vargas nous récupère."
Le conduit était un labyrinthe de métal froid et de fils scintillants. Ils avançaient rapidement, chaque bifurcation pouvant être une embuscade. Des voix et des bruits de pas résonnaient en écho tout autour d'eux.
Au détour d'un coude, un garde les attendait, prêt à tirer. Lena réagit la première, son coup de pied désarmant l'adversaire avant qu'il ne puisse presser la détente. Miguan l'assomma d'un coup sec, le laissant inconscient dans le passage.
"On approche du pont," souffla Lena.
Le conduit déboucha enfin sur une petite salle technique adjacente au pont principal. Miguan vérifia l'absence de gardes, puis fit signe à Lena de le suivre.
Elle se précipita vers le panneau de contrôle, ses doigts volant sur le clavier. "Je vais dérouter l'alimentation pour enclencher l'éjection manuelle."
Miguan surveillait l'entrée, conscient que le temps leur était compté. "Vargas, on est presque prêts," murmura-t-il dans son communicateur.
"Je suis en position," répondit Vargas. "Faites vite."
L'alarme se mit à hurler de plus belle, signalant la nouvelle intervention des gardes. Lena frappa une dernière touche avec triomphe. "C'est bon !"
Le plancher trembla sous eux, une secousse les déséquilibrant momentanément. Miguan attrapa Lena, l'entraînant vers la capsule d'éjection.
"Accroche-toi bien," lui dit-il, lançant la séquence de lancement.
La capsule vibra, puis se libéra avec un choc sourd, projetée dans le vide avec une force vertigineuse. Les étoiles filaient autour d'eux alors qu'ils plongeaient vers la surface désertique.
"Vargas, viens nous chercher !" cria Miguan, se cramponnant aux parois de la capsule.
Lena serra les yeux fermés, retenant son souffle. Leur trajectoire était cahoteuse, mais bientôt, les moteurs familiers de l'Alfa Jet de Vargas les enveloppèrent dans leur vrombissement rassurant.
La capsule se stabilisa, accrochée par un bras mécanique. La tension s’évanouit brusquement, remplacée par un soulagement indescriptible.
"Vous n'avez vraiment pas choisi la voie facile," les taquina Vargas alors que la capsule était remontée à bord.
Miguan et Lena s'extirpèrent de la capsule, haletants mais victorieux. "Mission accomplie," déclara Miguan, tenant le disque de données à bout de bras.
Lena sourit, époussetant sa combinaison. "On l'a fait."
Vargas secoua la tête avec amusement. "Je devrai vous suivre pour prendre des notes. On rentre à la base."
Alors que l'Alfa Jet s’éloignait, laissant le cargo ennemi dériver, Miguan s'installa près de Lena. Leurs regards se croisèrent, une complicité renouvelée dans leurs yeux.
"Encore un jour en vie," dit-elle avec un sourire.
"Encore un jour," confirma Miguan, en regardant l'horizon se teinter des premières lueurs de l'aube. Le combat n'était jamais facile, mais tant qu'ils persisteraient, l'espoir demeurerait.
CHAPITRE 13
LE SIÈGE DE LA MAISON BULLE
Le vrombissement de l'Alfa Jet s'estompa à mesure qu'ils approchaient de la zone d'atterrissage. Miguan scruta l'horizon. Les maisons bulles flottaient comme des lanternes dans le crépuscule, suspendues par des câbles invisibles. Mais une grosse ombre se dessinait autour de l'une d'elles - la sienne. Une menace silencieuse, immobile.
Miguan fronça les sourcils. "Vargas, on a un problème. Quelque chose encercle ma maison."
"Des idées sur qui ça pourrait être ?" demanda Lena, retenant son souffle.
"Peut-être les Némésis. Ils n'ont jamais digéré notre dernier coup," répondit Vargas en amorçant la descente.
Miguan serra les poings. "Ils ne prendront pas ma maison."
L'atterrissage fut rude, mais précis. Dès que les bottes de Miguan touchèrent le sol sablonneux, une rafale de tirs éclata. Les murs de la maison bulle résonnèrent comme un tambour.
"Lena, couvre-moi ! Vargas, sécurise le périmètre !" ordonna Miguan en se penchant derrière un abri temporaire.
"Compris, chef !" Vargas s'élança, son arme en main.
Lena se colla à la couverture, ouvrant un feu de suppression. "Miguan, ils sont nombreux !"
Miguan activa son communicateur. "Julio ? Tu es là-dedans ?"
La voix de son frère retentit avec panique. "Miguan ! On est coincés ! Maman est blessée !"
Le cœur de Miguan se serra. "Tiens bon. Je vais entrer."
Il jeta un coup d'œil à Lena. "Je dois passer. Fais-moi une ouverture."
Lena hocha la tête, sa détermination éclatant dans ses yeux. Elle dégagea un chemin avec une série de tirs précis. Miguan se redressa, sprintant à découvert, zigzaguant pour éviter les balles sifflantes.
Il atteignit la porte d'entrée, l'enfonçant d'un coup de pied. À l'intérieur, la scène était chaotique : meubles renversés, étincelles électriques crépitant dans l'air.
Julio se précipita vers lui, les yeux écarquillés. "Ils essaient de détruire le générateur principal !"
"Pas question qu'ils y parviennent," grogna Miguan, repoussant un meuble pour dégager un passage.
Soudain, une explosion retentit à l'extérieur, ébranlant la maison bulle. Lena apparut dans l'encadrement de la porte, couverte de poussière. "Ils ont renforcé leurs effectifs !"
Miguan inspira profondément, évaluant rapidement la situation. "Il faut les repousser. Lena, protège le générateur. Julio, prépare-toi à barricader les issues."
"Et toi ?" demanda Lena, déjà en position défensive.
Miguan se dirigea vers la trappe d'accès à la plateforme supérieure. "Je vais leur donner une raison de battre en retraite."
Il grimpa rapidement, chaque barreau vibrant sous la tension. En atteignant le sommet, le vent fouettait son visage. La vue du dessus était pire qu'il ne l'avait imaginé. Des silhouettes se massaient autour de la maison, armées et déterminées.
Miguan déverrouilla une trappe d'urgence, révélant une cache d'armes. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il saisissait un lance-roquettes compact.
Il visa méthodiquement, verrouillant plusieurs cibles. Un à un, les projectiles fendirent l'air, explosant en une série de détonations qui secouèrent le paysage.
"Ça devrait les ralentir," marmonna-t-il, se repliant pour éviter les tirs de riposte. L'écho des explosions résonna au loin.
Une voix rauque retentit dans son communicateur. "Miguan, c'est Vargas. J'ai sécurisé le périmètre sud, mais il y a des renforts en route."
"Reçu. On doit tenir jusqu'à ce qu'on puisse évacuer," répondit Miguan, descendant à toute allure.
En bas, Lena et Julio tenaient leur position. La sueur perlait sur le front de Lena tandis qu'elle rechargait une nouvelle fois. "Combien de temps, Miguan ?"
"Encore quelques minutes. Continuez comme ça !" encoura-t-il.
Soudain, un bruit sourd résonna près de la porte arrière. Des adversaires tentaient de forcer leur entrée. Miguan s'élança, abattant son poing sur le panneau de contrôle, activant le système de défense interne.
Les lasers cachés s'activèrent, projetant des faisceaux de lumière mortels. Les assaillants furent pris au dépourvu, leurs cris se fondant dans le chaos environnant.
"Bien joué, Miguan !" l'appuya Vargas, apparaissant à l'entrée, son uniforme taché de terre. "Mais on a un autre problème."
Miguan leva les yeux, exaspéré. "Quoi encore ?"
"Un vaisseau de classe lourde approche. On doit partir avant qu'ils n'arrivent avec plus de renforts."
"On ne peut pas laisser la maison comme ça," objecta Julio, son visage contracté d'inquiétude.
Miguan posa une main rassurante sur l'épaule de son frère. "On n'a pas le choix. On reviendra la reprendre."
Lena ajusta son arme. "Prêts pour une retraite stratégique ?"
Miguan acquiesça, détermination gravée sur ses traits. "Vargas, prépare l'Alfa Jet. On quitte cet endroit."
Ils se replièrent méthodiquement, couvrant leurs arrières. Miguan était le dernier à sortir, jetant un dernier regard à sa maison. Le vaisseau ennemi était visible à l'horizon, sa silhouette massive se découpant contre le ciel étoilé.
"À la prochaine," murmura-t-il, avant de courir vers l'Alfa Jet qui grondait déjà, prêt à bondir.
Leur évasion fut précipitée, mais efficace. L'Alfa Jet s'éleva, les propulsant loin du danger immédiat. Miguan, Lena, Vargas, et Julio regardèrent en arrière, la maison bulle rétrécissant à vue d'œil.
"On reviendra," affirma Miguan, sa voix assurée dans le tumulte du cockpit.
"Et on leur montrera qu'on ne se laisse pas abattre si facilement," ajouta Lena avec un sourire.
Vargas augmenta la poussée, les propulsant vers un nouveau refuge, loin de la menace imminente. Chacun savait que ce n'était qu'une bataille parmi tant d'autres, mais ensemble, ils étaient invincibles.
Miguan se tourna vers Julio, lui adressant un clin d'œil rassurant. "Prêt pour la prochaine étape ?"
Julio hocha la tête. "Plus que jamais."
Et avec cette promesse silencieuse, l'Alfa Jet fila dans les cieux, emportant ses passagers vers un avenir incertain, mais résolu à ne jamais abandonner.
CHAPITRE 14
DUEL À L'AUBE
Le jour se levait sur la colonie Centurion, peignant le ciel de teintes sanglantes. Miguan fixait l'horizon, son esprit tourné vers une seule pensée : Vargas. Son ancien allié, devenu une ombre menaçante. L'Alfa Jet flottaient dans les airs, ses moteurs ronronnant comme une bête prête à bondir.
"On le fait ou pas ?" demanda Lena, vérifiant sa ceinture de sécurité, ses yeux brûlant de détermination.
Miguan inspira profondément. "On le fait. Vargas a choisi son camp. Il n'y a pas de retour en arrière."
Julio, à l'arrière, attrapa l'épaule de Miguan. "Fais attention, frère. Ce n'est pas n'importe qui."
Miguan hocha la tête. "On va lui montrer ce qu'on vaut."
Vargas, depuis son Mech de combat, les attendait déjà sur le plateau de quartz, altier dans sa machine de guerre massive. Son visage apparut sur l'écran de l'Alfa Jet, un sourire narquois aux lèvres.
"Alors, on a décidé de jouer les héros, Miguan ?"
Miguan serra les poings. "Je n'ai pas le choix quand quelqu'un trahit sa propre famille."
Vargas éclata de rire. "La famille ne se résume pas au sang. La force, c'est tout ce qui compte."
Un signal sonore retentit. L'affrontement allait commencer. Les moteurs de l'Alfa Jet rugirent, propulsant Miguan vers Vargas. Le Mech fit un pas lourd en avant, son canon prêt à tirer.
"Attention ! Il charge ses armes lourdes," avertit Lena.
Miguan fit une embardée, esquivant de justesse un tir plasma qui frappa le sol, soulevant un nuage de débris. "Il va falloir être plus rapide que ça, Vargas !"
"Tu penses pouvoir m'échapper, petit frère ?" répliqua Vargas, son Mech bondissant en avant, ses pinces mécaniques tendues pour broyer l'Alfa Jet.
Miguan poussa les commandes, effectuant une série de manœuvres serrées. "Julio, les contre-mesures !"
Julio activa une série de leurres, des faisceaux lumineux se dispersant autour de l'Alfa Jet, perturbant les capteurs de Vargas. Le Mech vacilla un instant.
"Joli coup, mais ça ne suffira pas," tonna Vargas, réajustant sa trajectoire.
Un choc brutal secoua l'Alfa Jet. Un bras du Mech s'était refermé autour de l'appareil. Les alarmes retentirent dans le cockpit.
"Miguan ! On est coincé !" cria Lena.
Miguan grogna, ses doigts dansant sur les commandes. "Pas pour longtemps."
Il libéra un court mais puissant jet de propulsion, faisant vriller l'Alfa Jet et brisant l'étreinte du Mech. L'appareil fusa vers le ciel, échappant à la prise mortelle.
"Tu ne fais que retarder l'inévitable," railla Vargas.
Miguan se refusa à céder à la pression. "Julio, prépare l'EMP. Il est temps de lui montrer qu'on a plus d'un tour dans notre sac."
Julio s'exécuta, ajustant les réglages du dispositif. "EMP prêt. Mais ça va nous immobiliser aussi quelques secondes."
Miguan acquiesça, ses yeux fixés sur le Mech qui se rapprochait à nouveau. "On n'aura qu'une seule chance."
Au moment où Vargas armait ses canons, Miguan lâcha l'EMP. Une onde pulsante se propagea, éteignant instantanément tous les systèmes électroniques dans un rayon déterminé. Le Mech de Vargas s'immobilisa, ses membres figés. L'Alfa Jet, bien que temporairement inerte, flottait toujours, porté par son élan.
"C'est notre moment ! Allons-y !" lança Miguan dès que les systèmes reprirent vie.
Ils piquèrent droit vers le Mech, encore engourdi par la décharge. Lena prit les commandes des armes, ciblant les points faibles de la machine.
"Feu !" cria-t-elle, déchaînant une pluie de missiles qui impacta les articulations du Mech, provoquant des explosions en chaîne.
Le Mech tituba, des étincelles jaillissant de toutes parts. Vargas rugit de frustration. "Tu ne gagneras pas !"
Miguan ignora l'avertissement. "On termine ça ici, Vargas !"
Mais alors qu'il pensait avoir pris l'avantage, le Mech déploya une charge explosive à retardement. Un dernier acte de défiance. Le compte à rebours s'afficha sur l'écran du cockpit de l'Alfa Jet.
"Il a activé une bombe ! On doit s'éloigner !" s'écria Julio.
Miguan poussa la manette au maximum, le cœur battant à tout rompre. "Tenez-vous prêts !"
L'Alfa Jet s'arracha du champ de bataille, filant à une vitesse vertigineuse. Derrière eux, le Mech de Vargas explosa, une boule de feu avalant le ciel. Miguan sentit l'onde de choc les rattraper, secouant l'appareil.
"On est presque hors de portée !" annonça Lena, ses doigts crispés sur les commandes.
Finalement, l'Alfa Jet s'extirpa du souffle dévastateur, fendant les cieux avec la grâce d'un oiseau de proie. Leur cœur tambourinait encore de l'adrénaline du combat.
Miguan jeta un regard en arrière, la silhouette en feu du Mech se dissipant à l'horizon. "C'est fini."
"Pas tout à fait," murmura Julio, pointant du doigt l'écran de communication où le visage de Vargas, éraillé et sanglant, réapparut.
"Tu as gagné cette bataille, Miguan. Mais la guerre continue. Tu ne pourras pas fuir éternellement," grogna Vargas avant que son image ne disparaisse.
Miguan serra les dents. "On verra bien."
Le silence retomba dans le cockpit, chacun perdu dans ses pensées. Lena fut la première à briser le silence. "Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"
Miguan inspira profondément. "On retourne à la colonie. On a des alliés à trouver, des résistants à rallier."
Julio sourit faiblement. "Et une famille à reconstruire."
L'Alfa Jet tournoya dans un dernier arc avant de prendre la direction de leur nouvelle mission. Le ciel s'ouvrait devant eux, rempli de dangers et de promesses. Ils savaient que l'avenir serait difficile. Mais ensemble, ils étaient prêts à affronter tout ce qui se dresserait sur leur chemin.
Chapitre 15
SOUS HAUTE TENSION
L'Alfa Jet glissa en douceur dans l'atmosphère dense de la colonie Centurion, ses moteurs vibrant d'une énergie contenue. Miguan, aux commandes, scrutait les écrans de contrôle. Le retour à la colonie était toujours un moment de tension. À tout moment, les radars ennemis pouvaient les détecter. Mais c'était nécessaire. Il fallait rassembler les troupes.
"Réduction de puissance, on approche," annonça Lena, sa voix rauque tranchant le silence.
Julio, les yeux rivés sur les scanners, grogna. "Pas de signaux ennemis pour l'instant. Mais ça peut changer en une seconde."
Miguan hocha la tête. "Restez alertes. On n'est jamais totalement à l'abri."
L'Alfa Jet s'enfonça dans les nuages, se faufilant entre les structures imposantes des Alfa Jets stationnés et les maisons bulles flottant comme des lanternes. La colonie Centurion était vaste, une toile tentaculaire de technologie et d'humanité mêlées. Un refuge et une prison tout à la fois.
"Contact avec notre agent local établi," signala Lena, les doigts dansant sur les commandes. "Il dit que la situation est tendue. Les patrouilles se sont multipliées."
"Ça ne nous arrangera pas," répondit Miguan en serrant les dents. "Préparez-vous à bouger dès qu'on aura atterri."
L'appareil se posa en douceur sur une plateforme dissimulée sous des filets de camouflage. À peine les moteurs éteints, les trois membres de l'équipage bondirent hors du cockpit.
"Direction le point de rendez-vous," ordonna Miguan, une main sur son arme, l'autre pointant vers une rue latérale, sombre et étroite.
Ils se faufilèrent entre les ombres, leurs pas feutrés sur le sol métallique des passerelles. Autour d'eux, la colonie Centurion s'étendait, ses lumières artificielles clignotant comme des étoiles distantes. Un grondement sourd s'éleva, signe que les patrouilles n'étaient pas loin.
"On doit faire vite," souffla Julio, le souffle court.
Soudain, une alarme retentit, brisant le silence avec une violence inouïe. Des éclats de lumière jaillirent dans la rue, les projecteurs ennemis fouillant chaque recoin.
"Plan B !" aboya Miguan, se jetant derrière un conteneur.
Les tirs fusèrent, éclairant la nuit de leurs traînées lumineuses. Lena répliqua, son fusil crépitant, créant un écho métallique dans l'air.
"On est repérés !", cria-t-elle, la mâchoire serrée.
"Retraite vers la zone Alpha," commanda Miguan, cherchant une échappatoire du regard.
Ils se ruèrent dans une ruelle adjacente, esquivant les débris et les tirs. Leurs pas résonnaient comme des tambours de guerre, chaque battement rapprochant un peu plus les poursuivants.
"Par ici !" hurla Julio, désignant une échelle de secours qui s'élançait vers le ciel.
Miguan prit les devants, ses muscles tendus, chaque geste calculé pour gagner quelques précieuses secondes. Il entama l'ascension, entraînant ses compagnons dans son sillage.
Les soldats ennemis, déterminés, se rapprochaient, leurs cris se mêlant au rugissement des moteurs des véhicules blindés. Au sommet de l'échelle, Miguan se hissa sur une plateforme, tendant une main à Julio puis à Lena.
Ils coururent à travers les toits, passant d'une maison bulle à l'autre. L'absence de barrière entre eux et la chute vertigineuse vers les niveaux inférieurs ajoutait une touche de frisson à leur fuite. Mais il n'y avait pas de place pour l'erreur.
"On approche du point de rendez-vous," annonça Lena, haletante mais déterminée.
Miguan ralentit le pas, jetant un coup d'œil à l'horizon. "On doit faire sauter ce pont. Sinon, ils seront sur nous en moins de deux."
Julio hocha la tête, sortant un petit dispositif explosif de son sac. "Je m'en charge."
Miguan l'observa armer l'engin, les doigts tremblants sous la pression. Une tension électrique flottait dans l'air, chaque seconde pesant davantage sur leurs épaules.
"Ça va faire du bruit," murmura Julio, enfonçant le déclencheur.
Ils se reculèrent, se préparant à l'explosion imminente. Une déflagration secoua l'air, projetant des débris dans toutes les directions. Le pont s'effondra dans un chaos de métal tordu et de poussière.
"Ça devrait ralentir leur avancée," nota Miguan avec satisfaction.
Ils reprirent leur course, se laissant guider par les lumières vacillantes de Centurion. Enfin, ils atteignirent une enclave abritée, un hangar dissimulé sous les quartiers les plus densément peuplés.
Un homme aux traits marqués par le temps et les combats les attendait. C'était Kartan, un ancien soldat devenu mercenaire puis résistant.
"Vous avez fait bon voyage ?" lança-t-il, un sourire en coin, malgré la situation tendue.
"Comme si oublier l'ennemi était une option," répliqua Miguan en serrant sa main.
Kartan hocha la tête. "Les choses ont empiré ici. Les patrouilles quadrillent la zone nuit et jour. Mais on a une chance de frapper un grand coup."
Miguan leva un sourcil. "Qu'est-ce que tu proposes ?"
Kartan leur fit signe de le suivre. Il les conduisit à une table sur laquelle était projetée une carte holographique de la colonie. "Le quartier général ennemi. Si on parvient à l'atteindre, on pourrait désactiver leurs systèmes de communication et de défense temporairement."
"Un coup de maître," acquiesça Lena, les yeux rivés sur les informations qui défilaient.
"Mais sacrément risqué," ajouta Julio, ses doigts pianotant nerveusement.
"Le risque vaut la peine," affirma Miguan, sa voix résonnant avec détermination. "Mais on va avoir besoin de renforts."
Kartan sourit, dévoilant une rangée de dents blanches. "C'est justement ce qu'on est en train de préparer. Des unités de résistants sont prêtes à se joindre à nous."
Miguan croisa les bras, réfléchissant à la stratégie à adopter. "Alors on lance l'opération à l'aube. On frappera vite et fort."
Ils passèrent les heures suivantes à peaufiner les détails de leur plan, évaluant chaque variable, chaque éventualité. La tension était palpable, mais l'espoir aussi. C'était peut-être leur meilleure chance de changer le cours de cette guerre.
Quand l'aube pointa à l'horizon, teintant le ciel de nuances rose et or, Miguan et son équipe se préparèrent à se lancer dans la mêlée. Ils savaient que le chemin serait semé d'embûches, mais ils étaient prêts à affronter chaque obstacle.
"Pour la liberté," souffla Miguan, les yeux brûlant de conviction.
"Pour la liberté," répétèrent Lena et Julio à l'unisson.
Et avec ces mots, ils s'élancèrent, déterminés à écrire un nouveau chapitre de leur histoire.
Auteur : Olivier Muhleisen. Édition exclusive réalisée en 2026. Tous droits réservés.
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