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La prophétie des Anciens, chapitre 2

Jean-Louis Ermine

Prad regardait le lac. L’immensité qui s’étendait au pied de la salle du conseil reflétait la lumière pleine du jour, en projetant ses nuances bleutées sur l’impressionnante baie vitrée qui occupait tout un pan de mur.

Une belle réalisation, ce palais des Unis, dans un des plus beaux endroits du pays ! »

Il contempla la verdure sauvage qui bordait le lac.

Un naturel créé de toutes pièces par nos spécialistes, mais c’est tellement réussi ! »

Et il ne songeait même pas à l’étendue de gazon édénien qu’il savait de l’autre côté, ni aux barrières électrostatiques soigneusement cachées à la vue, mais qui protégeaient efficacement les Universels quand ils se réunissaient.

Il longea sans hâte la longue baie vitrée, se pénétrant de la beauté du jour et du décor. Puis il alla s’asseoir à son fauteuil de Président, centré sur une longue table en U, et légèrement surélevée. Il contempla les autres fauteuils vides. Il était arrivé en avance, et il trouvait cela bien. Il pouvait ainsi se pénétrer de l’ambiance de la salle, capter les vibrations, voire se les approprier avant quiconque. C’était un avantage que lui seul savait apprécier, et qu’il n’osait pas avouer aux autres membres du conseil, sous peine de se voir accusé d’irrationalisme ! Il communiqua quelques instants avec le silence, puis eut presque envie de brancher l’écoute extérieure, pour profiter des bruits de ce paysage qu’il contemplait avec contentement. Il se ravisa, cela ne répondait à aucune demande logique. Pour augmenter sa concentration, il se mit à réciter une prière aux Anciens.

Desmone rentra au moment précis où il entamait la litanie finale. Elle ne le vit pas immédiatement ; comme lui, elle fut aussitôt fascinée par l’étrange beauté qui émanait de l’extérieur. Elle marcha lentement, son regard tourné vers le lac. Prad vit à ses yeux brillants et sa démarche très légèrement hésitante qu’elle avait pris des feuilles d’aloème, ce végétal édénien hallucinogène.

Les prêtres font bien leur travail, pensa-t-il, de vrais jardiniers de l’âme humaine. Ils savent distribuer les enseignements autant que les plantes édéniennes, à chacun selon sa classe. Est-ce bien vraiment la volonté des Anciens ? Sans doute, me ferais-je traiter de blasphémateur si je soulevais ce problème. Et puis, peut-être ai-je tort ? Comment savoir, sans consulter la Logisphère ? »

À quoi pensez-vous, Prad ?

La question le tira brusquement de ses pensées. Il évita l’écueil.

Mais à la même chose que vous, Desmone, à cette beauté naturelle que vous contemplez.

Naturelle ! J’y verrais plutôt une œuvre d’art. N’est-ce pas la même chose ?

Un brouhaha l’empêcha d’entendre la réponse. Contrairement à Prad et à Desmone, les autres conseillers arrivaient par petits groupes, affublés d’une cohorte de logiciens et de spécialistes de tout poil, qu’ils consultaient constamment.

Prad les regarda s’installer sans broncher.

Les conseillers Unis, le système nerveux du pays, les hommes clés du pouvoir ! Et lui à leur tête. Responsable de la Logisphère, cet immense cerveau auxiliaire numérique, qui était nécessaire à chacun d’eux, mais qui dépendait aussi de tous, sans amputation possible. Gigantesque monument d’une logique élaborée pendant des siècles, évolutif et immuable à la fois, base du progrès constant du pays. Depuis son instauration par les Anciens, chacun pouvait voir l’évolution et l’avancée presque sans faille du système, mettant fin à des millénaires de trouble et de doute.

Une bouffée d’orgueil quelque peu joyeux monta en Prad, qui termina la litanie aux Anciens qu’il avait laissée inachevée. Puis il annonça :

Mes amis, la réunion que nous allons avoir aujourd’hui va

sortir un peu de la routine. Je voudrais aborder quelques problèmes légèrement spéculatifs, et si vous n’y voyez pas d’inconvénient, nous laisserons pour aujourd’hui les choix déterministes.

La requête était un peu inhabituelle, mais ne surprit pas outre mesure. L’assemblée acquiesça.

Voilà…, - Prad marqua une petite pause - tout part d’un fait qui n’est pas très original. Nos services ont arrêté hier un classe quatre nommé Vidor. C’est un contestataire qui s’est fait remarquer déjà plusieurs fois par des actes qui, pour le moins, n’étaient pas très discrets, ni très malins. Quelques rebuffades par ci, quelques discours par là. Voilà pourquoi nous le connaissions. Puis, selon les rapports, son attitude a changé graduellement. Il s’est calmé, il devenait plus réfléchi. Puis on l’a surpris en train de distribuer des tracts à la sauvette. C’est là qu’on l’a arrêté.

Que contenaient ces tracts ? S’enquit un Uni à la longue chevelure blanche.

Oh, finalement rien de très grave. Du pathos subversif, qui ne changeait pas de celui qu’on connaissait avant. Les classes supérieures qui oppriment les autres. Il a même cité la lutte des classes des temps anciens ! Les Unis qui détournent le culte des Anciens, et la croyance mythique que l’éveil des Anciens sera libérateur.

Des thèmes connus, en quelque sorte, soupira un Uni

Trop connus, même. Et c’est cela qui est bizarre. D’après la Logisphère, ces thèmes sont des aboutissements logiques dans la pensée des classes quatre. Leurs conditions de vie, leur manière de rendre le culte et tous les paramètres multiples aboutissent à la création de ces mythes.

Et qu’est-ce qui vous choque donc, Prad ?

Eh bien, lors des dernières arrestations, ces thèmes revenaient souvent, parfois nettement, parfois en filigrane. Et d’après les rapports d’ordre général, l’opinion des classes quatre est imprégnée profondément de ces idées.

Rien que de très logique, c’est d’ailleurs la réponse de la

Logisphère, dit un conseiller logicien, assez hardi pour prendre la parole devant les Unis.

Prad lui jeta un regard froid et méprisant. Il reprit, sans s’adresser

lui.

Cela me chiffonne cependant. Vidor semble avoir été plus loin que ne pouvait le guider sa nature. Ses changements d’humeur me troublent. Ce n’est pas habituel. On dirait qu’il a été guidé.

L’a-t-on passé aux hallucinateurs ?

Oui, bien sûr. Au début, il a lâché quelques informations,

quelques noms, mais rien de cohérent. Nous ne pouvons pas nous servir officiellement de ces renseignements.

Au bout de la table, un jeune Uni intervint avec un brin d’insolence.

Ca veut dire quoi « officiellement »

Il y eut un silence gêné dans toute la salle. Il y avait certaines questions qu’il valait mieux éviter. Prad reprit.

Mais malheureusement, notre police a trop abusé des hallucinateurs. Nous ne pouvons plus rien tirer de ce Vidor.

Vous croyez donc qu’il n’agissait pas comme une personne tout à fait isolée ?

Je n’en sais rien, je me pose la question. La réponse de la Logisphère ne me paraît pas complète. Il manque peut-être quelques paramètres.

Des classes quatre s’organiseraient donc ? Ça peut-être une éventualité.

Prad prenait de nombreuses précautions de langage. La spéculation n’était bien sûr pas proscrite, même au plus haut niveau. Mais cette démarche inspirait toujours la méfiance, voire un certain mépris, et il fallait l’utiliser avec circonspection.

Le jeune Uni qui était intervenu tout à l’heure reprit la parole, sans aucune morgue, cette fois.

Voyons donc. Une organisation, ou parlons plutôt d’un embryon d’organisation (n’oublions pas que ce sont des classes quatre) chez eux ne pourrait survivre qu’avec l’appui

d’au moins une partie des classes supérieures, trois ou deux. La classe un des prêtres, et les Universels étant bien sûr à l’écart.

Cette fois, Prad releva sa présence d’esprit.

C’est tout à fait probable. La Logisphère vous répondrait de même. Les classes quatre seuls auraient des difficultés insurmontables pour communiquer à une échelle importante, de même, toute élaboration d’un projet quelconque d’ensemble n’est pas à leur portée, ni intellectuellement, ni matériellement.

Et quelles sont les possibilités d’alliance ?

Le mieux est, je crois, d’interroger la Logisphère.

A peine eut-il prononcé ces mots que les logiciens présents se mirent à bourdonner comme une ruche d’abeille. Ils se rassemblèrent autour d’un écran et traduisirent immédiatement la question dans une forme logique standardisée, avec une dextérité et une célérité étonnante, héritées de lointaines générations éduquées dans le déterminisme. Puis l’un d’entre eux vint décrypter la réponse.

Bien évidemment, la réponse ne peut pas être précise, vu le type de question. Voici à peu près ce qu’il en ressort. Selon la Logisphère, la probabilité d’alliance avec la classe deux est minime. Disons que cela aurait pu sembler possible. Il existe en effet des tensions dans deux confréries, celle des marchands et celle des administrateurs. Au prix d’une scission dans l’union syndicale des classes deux, une faction dissidente aurait pu soutenir une organisation en classe quatre. Des liens économiques lient fortement ces classes et créent de nombreux contacts. De plus, il existe deux sortes de courant de pensée, marginaux, il faut bien le dire, dans cette classe. Le premier engendré par leur situation de « demi-

pouvoir », ou plutôt d’intermédiaires du pouvoir politique et économique, cette ambigüité peut amener certains à avoir des réactions négatives. Le second est, disons, plus

romantique » ; bien qu’en général ceux-ci sont peu perméables aux influences des intellectuels de la classe trois, il existe à l’état larvé, chez certains classes deux, des

sentiments d’auto-désagrégation, faits de pseudo- altruisme, d’héroïsme, de fascination révolutionnaire. Donc, dans des circonstances favorables, en réunissant ces données et en poussant leur conséquence (c’est ce qu’a fait la Logisphère) cela peut aboutir à une scission dans l’union syndicale et, qui plus est, à une alliance avec la classe quatre. Cependant, ces dernières données, et notamment l’arrestation de Vidor, créent des conditions contradictoires à cet état de choses. Elles font jouer l’instinct grégaire ancestral de cette classe et rendent quasiment impossible toute ouverture sur une autre classe.

Un Uni lui coupa la parole vivement.

Ainsi, Prad, vous aviez des soupçons fondés. L’arrestation de

Vidor semble être prise en considération par la Logisphère plus qu’un fait banal.

Prad acquiesça.

Oui, mais il semble y avoir aussi d’autres faits qui aboutissent à ces conclusions.

Il s’adressa au logicien.

Peut-on avoir des détails sur ce point ?

Oui, mais il faudrait interroger la Logisphère de nouveau. Ca ne fait rien, continuez.

Pour ce qui est de la classe trois, la probabilité reste assez faible, de l’ordre de quinze pour-cent. Mais ici, le cas est différent, cette probabilité est relativement constante. Elle obéit à une loi quelque peu curieuse qu’on pourrait schématiser ainsi : les possibilités d’action d’un classe trois sont inversement proportionnelles à l’intérêt qu’il porte au sujet dont il s’occupe. Leur vocation, qu’elle soit artistique, intellectuelle, philosophique ou technocratique, les inhibe en général dans le passage à l’acte. Peut-être pas d’ailleurs individuellement, mais, pris dans le mouvement de leur classe, les volontés s’annihilent les unes les autres. Selon la Logisphère, il y a donc peu de danger de ce côté-là.

Il reste des possibilités individuelles, intervint un Uni.

Le logicien marqua une pause. Quand il reprit la parole, il avait de la peine à masquer une nuance de mépris dans sa voix.

La Logisphère ne prend pas en compte les possibilités isolées

de ce type. Elle raisonne globalement. Les influences possibles sont de l’ordre de quelques centièmes de pour-cent, donc négligeables dans une logique déterministe.

Prad prit la parole.

Nous savons tout ça, mais nous sommes des humains et nous ne pensons pas toujours de manière rigoureuse.

Il ajouta immédiatement :

Heureusement, la Logisphère est là pour rattraper nos erreurs et remettre nos idées dans le contexte général et logique

qu’elle seule a la possibilité d’appréhender.

Il était en fait très admiratif de la pertinence des conclusions qui lui avaient été faites. Des analyses sûres en un temps record, qui n’oubliaient aucun paramètre, aucune donnée. Des résultats en termes de probabilité qui ne négligeaient donc rien, mais permettaient tout de même des décisions. Le système avait sans doute des faiblesses, on les connaissait. Mais au fil du temps, on avait réussi à les minimiser et la Logisphère devenait maintenant une référence quasi-mystique. Son influence était prépondérante, mais le conseil des Unis gardait le pouvoir exécutif, et il le gardait bien. Prad soupira.

Bon, eh bien, mes amis, les craintes de voir une organisation dissidente s’opposer à la volonté des Anciens semblent se dissiper. Je vous demande seulement de rester vigilants et de rapporter immédiatement toute information utile dans cette analyse.

Une organisation, peut-être, mais des mouvements spontanés sont toujours possibles, ne serait-il pas intéressant d’interroger la Logisphère sur ce sujet ?

C’était de nouveau le jeune Uni qui intervenait. Prad était agacé.

Interrogeons-la donc !

Le bourdonnement reprit autour du terminal. Quelques instants après, les prévisions tombèrent. Ce fut le même logicien qui parla.

Effectivement, des actions spontanées sont très probables, sous l’incitation de gens comme Vidor. Mais même à grande échelle, nous avons les moyens de tout contrôler.

Il avait employé le « nous » comme s’il s’identifiait aux Unis. Il y eut un souffle d’énervement qui parcourut l’assemblée. Il ne sembla pas s’en apercevoir.

La Logisphère parle aussi d’un certain Antodieff et des rassemblements qu’il suscite.

Nous connaissons cela !

L’intervention venait d’un des grands responsables de la police des Unis.

Nous le surveillons de près. Antodieff est un cas très spécial. Beaucoup d’entre nous le connaissent. C’est un artiste issu de la classe quatre. Il n’est pas dans nos habitudes de leur mettre des entraves. Il a acquis beaucoup de notoriété dans sa classe, je trouve d’ailleurs, mais c’est une opinion personnelle, qu’il le mérite. Maintenant ses spectacles réunissent parfois des centaines de milliers de personnes. C’est donc un phénomène qu’il nous faut surveiller. Prochainement, il doit donner un spectacle devant la population des quatre cités du pays du centre. Dans un tel rassemblement, on peut craindre des troubles. Mais nous disposerons nos agents qui sauront les éviter.

C’est tout de même bizarre ce phénomène Antodieff, remarqua un des membres de l’assemblée.

Pas tellement. Il parle aux gens avec une sensibilité qu’ils comprennent, et il a beaucoup de talent ; c’est peut-être exceptionnel, mais pas bizarre. Le fait artistique est difficilement compréhensible, mais c’est un fait. Il nous

intéresse peu en tant que tel, la seule chose que nous faisons, c’est maîtriser les effets annexes.

Prad trouvait que la discussion s’enlisait. Il décida d’y mettre fin.

Bien, je crois que nous pouvons arrêter là. Les affaires courantes seront expédiées à notre prochaine réunion. Je vous prie donc d’être plus vigilants qu’à l’accoutumée, il se peut

que nous traversions une période un peu trouble.

Le jeune Uni se leva à l’autre bout de la salle. Prad lui lança un regard noir, mais ne put l’empêcher de parler.

Que va-t-on faire du dénommé Vidor ?

Il est bien mal en point maintenant. Nous allons le laisser rentrer chez lui. Probablement, on le retrouvera un jour dans l’herbe édénienne. Les Brigades du Destin sont des charognards friands des victimes de notre police.

Ce sera du moins la version « officielle », répartit l’autre Prad serra les poings jusqu’à ce que ses ongles lui entrent dans la

chair, mais il évita de répliquer. Il décida de clore la séance. Les participants se levèrent tous, et après une rapide prière aux Anciens, se séparèrent. Prad attendit que tout le monde soit parti. Desmone traîna un peu, visiblement pour se retrouver de nouveau seule avec lui. Ils se promenèrent lentement devant la longue baie vitrée de la salle du conseil. Ce fut Desmone qui rompit le silence.

Plutôt insolent, ce jeune homme, n’est-ce pas ?

Oui, mais ce qui me met le plus en rage, c’est qu’il touche des points sensibles.

Allons, tout le monde sait bien que nous nous servons des Brigades du Destin.

Mais elles ne sont pas notre émanation.

Cependant, leur rôle de charognard, comme vous dites, nous sert grandement, quand « officiellement » on ne peut rien faire.

Bien sûr, mais leur existence est choquante. Ce jeune Uni a raison. Et de plus, je n’aime pas ces mouvements parallèles. Ils peuvent nous échapper d’un moment à l’autre, et éventuellement se retourner contre nous.

Que prévoit la Logisphère ?

Pour l’instant, ils servent nos intérêts, mais dans un temps relativement proche, il faudra s’en débarrasser.

Et il ajouta entre ses dents :

Et ce n’est pas trop tôt !

Allons, mon cher Prad, vous vous laissez emporter par votre côté sentimental irrationnel !

Il eut un sourire désabusé, et le silence retomba.

Ils s’étaient arrêtés maintenant, et contemplaient le lac, dont les reflets changeaient constamment sous les lueurs du jour déclinant. Desmone sortit quelques feuilles d’aloème. Elle en proposa à Prad.

Celui-ci eut le réflexe de refuser, puis en prit une et se mit à la mâchonner. Ce fut comme une bouffée de douceur qui coula dans ses veines. Il se détendit.

Vous avez déjà assisté à une œuvre d’Antodieff ? Demanda-t-il à brûle-pourpoint

J’en ai déjà vu, dans un enregistrement en total. Alors ?…

C’est grandiose !… Je ne comprends pas. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas ?

L’œuvre elle-même. J’ai l’impression que c’est fondamental, profond, que sais-je encore. Mais je ne vois pas d’où ça vient.

Pour une Uni, les spectacles de classe quatre vous impressionnent beaucoup !

Pour moi, c’est inclassable, au sens littéral du terme. J’ironisais. J’ai le même avis.

Qu’en concluez-vous ?

Je n’en sais rien, et ce n’est pas la Logisphère qui nous répondra. Antodieff est peut-être un de ces mutants – ou génies, comme vous voudrez – dont le monde artistique nous fait parfois cadeau. En tout cas, il dépasse largement tous les artistes pour la classe quatre que nous avons connus jusqu’ici. Je pense qu’il va devenir un artiste « universel », si je peux me permettre ce mauvais jeu de mots.

Ce n’est pas dangereux ? Dangereux, pourquoi ?

Eh bien, je ne sais pas. Pour les classes, l’esprit rationaliste… N’oubliez pas que ce n’est qu’un artiste. Il fait partie de ce contrepoids à l’inhumanité de la Logisphère. C’est nécessaire, même la Logisphère l’admet. Si son talent est immense, ce

n’est qu’une donnée minime dans le jeu.

Il mériterait quand même d’être placé aux plus hauts rangs de la classe trois.

Il a refusé.

Quoi ! Que me dites-vous là ?

L’exacte vérité. On lui a proposé dernièrement de changer de classe. Il a refusé. C’est bizarre, il semble vivre dans un

monde à part.

C’est bien la première fois que j’entends parler d’une chose comme ça.

Moi aussi, Desmone.

Et il ajouta, avec une nuance de malice dans la voix :

- Mais moi, je n’ai pas la mémoire de la Logisphère !

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