Le lendemain, Mimi prit une douche rapide et enfila des vêtements confortables et pratiques qui se résumaient en une paire de leggings, un pull à col bateau et des tennis de ville. Son appel à Mathilde la veille lui avait confirmé ce qu’elle savait déjà. Daniel n’était pas revenu dans sa vie par hasard.
Une pointe de déception lui avait furtivement traversé la poitrine. Elle aurait aimé qu’il revienne pour elle, et non pour rassurer Mathilde qui se faisait un sang d’encre à son sujet. Elle avait tenté de la tranquiliser, comprenant toutefois au son de la voix de Mathilde qu’elle n’y était pas parvenue. Et pour ceci, elle se sentait terriblement coupable. Son amie vivait une fin de grossesse difficile, car le stress lui provoquait des contractions. Et elle était la source de cette anxiété…
D’une voix penaude, Mathilde lui avait avoué qu’elle s’était confiée à Daniel et lui avait fait part de ses craintes pour elle. Et Mimi, pour avoir harcelé Daniel quand Mathilde avait disparu, connaissait par cœur sa façon de fonctionner. Suite à sa conversation, elle avait mis au point un plan pour repérer les hommes que Daniel avait assignés à sa surveillance. Pour le moment, elle avait quelques pions d’avance et comptait bien profiter de la situation.
Mimi attrapa son sac et après avoir verrouillé sa porte s’élança dans les escaliers. Elle se sentait particulièrement en forme, ressentait presque une pointe d’excitation. Son plan était simple. Semer les hommes de Daniel et profiter de l’effet de surprise pour se rendre dans un bouge du 20ème pour récupérer ses nouveaux papiers d’identité, en espérant qu’ils furent prêts, puis faire une petite visite de courtoisie à Daniel. Pour avoir fait le chemin jusqu’à ses bureaux dans une des tours de la Défense un nombre incalculable de fois, elle pourrait s’y rendre les yeux fermés.
Elle ouvrit la porte cochère et cligna des yeux sous les rayons du soleil qui inondaient la rue. Mimi passa une paire de lunettes de soleil tout en prenant le temps d’observer son environnement. Un environnement familier qui grouillait déjà de monde et dont elle aimait les couleurs chatoyantes, les odeurs particulières de goudrons, mêlés à celles des épices qui s’échappaient du restaurant indien dans lequel elle aimait prendre des plats à l’emporter. Elle respira longuement, comme pour imprégner dans sa mémoire des odeurs qui bientôt disparaîtraient de son quotidien.
Elle reporta son attention sur la rue, observant les alentours. Tout semblait normal. Se déroulait sous ses yeux la vie quotidienne du quartier. Mais cela ne signifiait pas qu’elle était seule, et Mimi resta sur ses gardes. Elle se dirigea vers le métro. Là encore, elle respira longuement et rit bêtement. Comment des odeurs d’urine noyées dans des produits d’entretien et de graisse des machines pourraient lui manquer ? Elle prit le temps d’ôter ses lunettes et de les ranger dans son sac tout en effectuant un tour d’horizon, sans rien déceler d’anormal. Si Daniel avait placé une de ses
équipes à sa surveillance, elle devait admettre que ses hommes étaient particulièrement efficaces. À moins que sa cabale ne soit que le fruit de son imagination… Mimi secoua la tête et reprit ses esprits. Non ! Elle était loin d’être folle et de s’imaginer des choses. Elle sentait constamment peser sur ses épaules le poids d’un regard. Parfois insistant, parfois discret. Mais toujours présent. Le retour de Ghislain avait réveillé tous ses sens et son instinct lui dictait clairement de fuir. Et si elle avait évité les pièges ces dix dernières
années, c’était bien parce qu’elle s’était fiée à lui.
Un souffle chaud sortant de la gueule béante du tunnel indiqua l’arrivée du métro. Mimi resta bien en retrait derrière la ligne et jeta un autre coup d’œil alentour. Rien qui n’aurait pu l’alarmer. La plupart des usagers avaient le regard fixé sur l’écran de leur téléphone et personne ne s’occupait de son voisin. L’heure de pointe était largement passée, mais il y avait toujours une animation perpétuelle. La masse des passagers était vivante, colorée, de par les différentes ethnies ou les vêtements. Et c’était ce melting-pot qui faisait de certains quartiers de Paris une ville unique… une ville qui allait terriblement lui manquer.
Mimi s’engouffra dans la rame, observant ceux qui l’imitaient. Là encore, rien qui n’attira son attention. Elle restait cependant sur ses gardes, espérant malgré tout avoir tort quand à la probable intrusion de Daniel, fliquant ses moindres déplacements. Car, si elle voulait se rendre chez Marty pour récupérer ses faux papiers, elle ne pourrait le faire que si elle était sûre de ne pas être suivie. Et pour cela, elle savait exactement comment procéder pour faire sortir du bois les hommes de Daniel… Cela lui prendrait deux bonnes heures, mais il était inenvisageable de se faire
attraper aussi bêtement. Pire. Si elle attirait l’attention sur son receleur, il risquait de le lui faire chèrement payer. Marty avait été clair. Si la moindre anicroche survenait, elle disparaîtrait purement et simplement de la surface de la terre, mais pas de la façon dont elle le prévoyait.
Elle descendit à la station République, heureuse de retrouver la lumière du jour. Là encore, elle s’arrêta quelques secondes à profiter de la frénésie de la ville avant de remonter l’avenue. Un sourire étira ses lèvres lorsqu’elle arriva devant la boutique et n’hésita pas une seconde avant d’en ouvrir la porte.
Elle fut accueillie par le sourire chaleureux de Corine, la créatrice et gérante. À force de passer des heures dans les lieux, Mimi avait appris à connaître cette femme à qui la vie n’avait pas fait de cadeaux et dont la voix éraillée trahissait sa passion pour les cigarillos. Une excentricité qui allait comme un gant au personnage. Un peu brut en apparence, mais d’une bonté et doté d’un œil aussi sûr que ses mains de créatrice. Elle lui faisait penser à l’actrice Jeanne Moreau dans le film Nikita. La cinquantaine, une beauté éthérée, Corine dégageait une aura de mystère qui faisait frissonner Mimi à chaque fois qu’elle la retrouvait. La première fois que la jeune femme avait poussé la porte de sa boutique, Corine avait immédiatement senti une vulnérabilité chez Mimi qu’elle s’efforçait pourtant de dissimuler. Mais la créatrice possédait cette clairvoyance qui mettait à nu ses interlocuteurs sans qu’ils aient besoin de se confesser. La créatrice ne lui avait jamais posé la moindre question et Mimi avait apprécié sa discrétion. Comme si deux âmes ayant vécu des traumatismes similaires pouvaient se reconnaître.
— Bonjour, ma chérie, lança Corine, sa voix éraflée
sonnant comme une musique réconfortante.
— Bonjour, Corine, répondit Mimi en l’enlaçant. Dieu, que c’était bon ! Corine représentait pour
Mimi ce qui se rapprochait le plus de la figure maternelle depuis qu’elle avait fui sur Paris. Son cœur se serra lorsqu’elle prit conscience qu’elles vivaient probablement leur dernier moment d’intimité. Mimi lui rendit son sourire qui devait plus ressembler à une grimace quand celui de Corine s’effaça. La jeune femme inspira profondément. Pas question de lui dire la vérité, mais pas question de lui mentir également. Non seulement Corine ne serait pas dupe, mais elle ne méritait pas cela. Aussi, Mimi alla droit au but.
— J’ai des soucis.
— De quel genre ?
— Du genre « grosses emmerdes ».
— Ton langage, Mimi ! la tança Corine.
Encore un des aspects qui avait toujours plu à Mimi. La ville pourrait être sur le point d’être détruite, Corine ne supportait pas la vulgarité sous toutes ses formes. Dans ces cas, Mimi avait l’impression d’être une écolière face à la directrice. Aussi ajouta-t-elle penaude :
— Excuse-moi.
— Ce n’est pas grave, ma chérie.
Elle poussa légèrement Mimi pour ne plus être à porter de voix des autres clientes.
— Bien ! J’imagine que tu ne veux pas m’en parler, reprit Corine en soupirant.
Mimi secoua la tête tout en baissant les yeux au sol.
— Si je t’expliquais, je pourrais t’attirer des ennuis, murmura-t-elle.
Et c’était bien la dernière chose qu’elle souhaitait.
— C’est si grave que cela, alors ?
— J’en ai bien peur.
Corine lui posa deux doigts sous le menton,
l’obligeant à relever la tête. Le sourire compréhensif de la créatrice lui serra le cœur. Comment cette femme à qui elle ne s’était jamais confiée pouvait-elle si bien la connaître ?
— Ma chérie, quoi qu’il se passe, je serais toujours là pour toi… même si je pressens que je ne te verrais plus pendant un moment, soupira-t-elle.
Une boule se logea dans la gorge de Mimi qui sentait ses yeux s’humidifier dangereusement. Corine passa doucement sa main sur la joue de Mimi, et comprenant qu’elle allait craquer d’un moment à l’autre, elle recula d’un pas et reprit d’une voix ferme. Mimi lui fut reconnaissante de préserver les quelques morceaux de dignité qu’il lui restait.
— Bien ! Si tu es venue ici, c’est que tu estimes que je peux t’aider. En quoi puis-je le faire ?
Mimi s’éclaircit la voix, heureuse de l’inflexion directive de Corine. Un ton qui lui permit de se reprendre.
— Je n’en suis pas sûre, mais je crois que je suis suivie.
Rien dans l’expression de Corine ne pouvait indiquer que ses paroles la choquaient. Seule une lueur menaçante traversa son regard de façon tellement furtive que Mimi crut l’avoir imaginée.
— Je suis quasiment certaine que ces personnes ne me veulent pas de mal, ajouta prestement Mimi.
Elle soupira longuement face au désarroi de Corine. Ce que Mimi comprenait aisément. Elle avait la quasi-certitude que Daniel la faisait suivre. Lui, n’était pas dangereux, dans le sens où il ne mettrait jamais sa vie en jeu, elle en était persuadée. Il était dangereux, mais pour des raisons totalement différentes. Et d’un autre côté, il y avait Ghislain. Même s’il était étrangement discret depuis son retour en France, Mimi sentait sa présence. Latente, tapie. Prêt à
attaquer. Or elle n’était pas suivie par celui qui la traquait, mais celui qui souhaitait la protéger. Dans un geste las, elle se passa une main sur le front.
— C’est tellement compliqué, ajouta-t-elle doucement.
Corine posa une main parfaitement manucurée sur son bras, en un geste de réconfort.
— Ma chérie, si un jour tu décides de te confier, tu le feras. Là, ce n’est pas le moment. Tu ne prendras le temps que si tu en ressens le besoin. Pour l’instant, on va faire en sorte de te mettre à l’abri. Sais-tu par qui tu es suivie ?
— Des hommes, je présume
— Parfait ! Tu ne pouvais pas choisir plus sur refuge, répliqua Corine avec un sourire qui l’illumina toute entière et prouva à Mimi que la nature humaine n’était pas si mauvaise que ça.
C’était exactement là dessus que Mimi avait tablé. Quel meilleur endroit qu’une boutique de lingerie fine pour échapper à ses poursuivants et prendre une longueur d’avance ? Non que le magasin soit interdit aux hommes, bien au contraire. Mais si ceux qui lui collaient au train s’aventuraient dans la boutique, ou à ses abords, elle pourrait au moins les identifier.
— Laisse-moi faire, lui intima Corine.
Mimi hocha la tête tandis que son amie passait entre les rayons, prenant ça et là des articles. De magnifiques pièces, ne put s’empêcher de constater Mimi en regardant le superbe corset en dentelle arachnéenne, brodé de discrètes perles, donnant à l’ensemble une impression de légèreté. Corine se rapprocha de la vitrine et fit défiler des ensembles sur un portant. Ses yeux balayaient la rue avec une discrétion qui impressionna Mimi. Puis, elle lui fit signe de la rejoindre légèrement en retrait de la vitrine, là où elles pouvaient voir ce qui se passait
dans la rue sans se faire remarquer. Corine leva le menton en direction d’une librairie de l’autre côté de la rue et Mimi se figea.
— Je crois avoir repéré ton « problème », ma chérie.
— Sans aucun doute possible, murmura Mimi en observant l’homme qui se tenait en retrait.
Habillé avec élégance, mais sans excès. Un pantalon de toile, chemise et veste de ville. Une tenue qui seyait aussi bien pour se rendre dans un bar que dans un hôtel cinq étoiles. Le genre de déguisement qui s’adaptait à n’importe quel environnement. Mais ce n’était pas sa tenue qui avait trahi le type blond. Elle l’avait déjà croisé. Quelques mois en arrière lorsqu’elle se rendait tous les jours dans les bureaux de Daniel pour l’obliger à lui dire ce qu’il savait sur la disparition de Mathilde. Au moins, était-elle fixée. Elle avait la preuve de ce qu’elle soupçonnait.
Une sorte d’étrange soulagement l’envahit à savoir que quelqu’un tenait suffisamment à elle pour s’inquiéter. Le fait d’être surveillée lui donnait également un peu de répit. Si Ghislain décidait de s’en prendre à elle, elle ne serait pas totalement sans défense. Un autre sentiment vint se greffer à son soulagement. L’irritation. Que Mathilde n’ait pas suffisamment confiance en elle pour lui parler directement au lieu de lui envoyer ses sbires.
Mimi grimaça à sa propre pensée. Elle avait tout fait pour cacher la vérité. Principalement à Mathilde. Elle se refusait à l’embarquer avec elle dans ses problèmes.
Merde !
Mimi inspira profondément et reporta son attention sur la rue.
— Il devrait y en avoir un deuxième
— Pardon ! s’exclama Corine en se tournant vers elle, les yeux plissés.
— D’homme. Daniel les envoie toujours en binôme. Elle avait suffisamment passé de temps dans ses
bureaux pour connaître quelques-uns de leurs protocoles.
Devant le manque de réponse de Corine, Mimi se tourna vers son amie qui avait exagérément haussé les sourcils. Mimi se sentit redevenir une petite fille devant son air aussi interrogateur que soupçonneux. Elle la scruta quelques secondes supplémentaires, et Mimi sentit le rouge lui monter aux joues. Chose qui ne lui était pas arrivée depuis des années, se maudit-elle. Est-ce qu’elle avait prononcé le prénom de Daniel avec un sourire énamouré ? Quand même pas !
— Effectivement, cela a l’air bien compliqué, dit Corine, la tête légèrement penchée
Si, visiblement, se rabroua Mimi. Action que confirma la créatrice quand elle reprit :
— J’ignore qui est ce Daniel, mais à ta voix, ce n’est pas lui le problème.
— Non, avoua Mimi en reportant son regard sur l’homme à l’extérieur.
— Mais inconsciemment, il te les évite, compléta Corine.
Mimi ne fut pas surprise de sa clairvoyance et se sentit coupable de lui cacher la vérité. Mais c’était pour son bien.
— Très bien ! continua Corine. J’ignore pourquoi tu veux fuir, et tu as tes raisons pour garder le silence. Une qualité que je respecte.
Mimi lui attrapa la main, et la lui serra doucement.
— Merci, murmura-t-elle.
Corine écarta ses remerciements d’un geste de la main.
— Allez ! Maintenant, on va te sortir de là.
— Il y a le problème du second homme. Je ne le reconnais pas, ajouta Mimi en scrutant la rue.
— Ou alors, il se cache un peu mieux, ajouta Corine.
— Sûrement, marmonna Mimi.
— Ce n’est pas un problème.
Corine se dirigea vers l’arrière et Mimi la suivit.
— Tu connais la spécificité de ces bâtiments ? Le visage de Mimi s’éclaira.
— C’est exactement la raison pour laquelle je suis venue.
— En plus de venir me dire au revoir, j’espère ! ajouta Corine.
Malgré son ton léger, Mimi perçut clairement la tristesse dans sa voix.
— Évidemment, répondit doucement la jeune femme.
À mots couverts, elle lui annonçait qu’elles ne se reverraient probablement jamais. Mimi chassa les larmes qui lui montèrent aux yeux et se jeta au cou de Corine. Mimi l’entendit sourire alors que la main manucurée de Corine lui caressait doucement les cheveux. Et la réconfortait.
— Promets-moi de faire attention à toi, ma chérie
— Promis, murmura Mimi des sanglots dans la voix. Elles restèrent quelques secondes, puis Corine se
dégagea, reprenant le contrôle, contrairement à Mimi qui sentait la déchirure dans son cœur se faire plus vive, plus nette, plus douloureuse.
Combien de personnes qu’elle aimait, allait-elle laisser derrière elle ?
Trop, assurément.
Combien de temps durerait cette fuite ?
Une question à laquelle elle préférait ne pas répondre bien qu’elle en connaisse parfaitement la
réponse.
Mimi suivit Corine vers l’arrière de la boutique. Elle ouvrit une porte donnant sur un petit local servant de salle de détente et les deux femmes s’y engouffrèrent. Corine referma précautionneusement derrière elles puis déverrouilla une seconde porte se trouvant au fond de la pièce qui permettait d’accéder à la cave de l’immeuble. Après avoir allumé, la lumière éclaira les escaliers et elle se tourna vers Mimi.
— Bien ! N’oublie pas ta promesse, ma chérie.
La fêlure que Mimi perçut dans sa voix l’obligea à cligner des yeux plusieurs fois. Si Corine détestait une chose, c’était que l’on s’apitoie.
Mimi hocha la tête avant de s’engager dans les escaliers. Arrivée sur le seuil inférieur, elle se retourna et fit un petit signe de la main.
— Envoie-moi un message quand tu arrives au bout. Je te dirais si ces deux hommes sont toujours devant. Du moins, le blond, se reprit Corine.
— Merci, murmura Mimi avant que Corine ne referme la porte sur elle, mais aussi sur une partie de ce que fut sa vie durant les dix dernières années.
Mimi dut s’appuyer contre le mur. La fraîcheur humide des parpaings contre son dos lui permit de calmer le feu qui la déchirait. Elle respira profondément, ignorant l’odeur doucereuse de moisissure. Même si elle s’était montrée forte devant Corine, elle n’en éprouvait pas moins un choc à l’idée qu’elles ne se verraient plus. Mais c’était un bien faible sacrifice en comparaison de ce qui se passerait si Ghislain arrivait à ses fins.
Avec une force qui l’électrisa, elle se redressa et suivit les murs. Par endroits, elle devait baisser la tête pour éviter une solive. Mimi avisa un interrupteur et
appuya avant que la minuterie ne la plonge dans le noir. D’un pas déterminé, elle ouvrit une porte qui contrairement à ce qu’elle pensait ne lui résista pas… et passa dans les caves du bâtiment suivant.
Ce qui faisait la particularité des immeubles de la rue. Toutes les caves communiquaient, et si elle continuait ainsi, elle se retrouverait bien en amont de la boutique de Corine… et des hommes de Daniel.