Deux mots qui firent céder un barrage d’émotions. Adèle était assise sur le bord du lit, la regardant de ses grands yeux ambre si semblables aux siens. Son visage reflétait la surprise, mais aussi le soulagement. Elle avait l’air en forme, et ne semblait pas blessée.
Mimi se précipita vers Adèle en même temps que cette dernière se levait. La jeune femme enlaça sa fille, pendant que celle-ci nouait ses bras autour de sa taille. Mimi ne put retenir un sanglot. De joie. De soulagement. De bonheur. Appréciant ce moment particulier. Se repaissant de la chaleur de sa fille.
Plus de douze ans qu’elle ne l’avait pas tenue dans ses bras. Un éloignement volontaire qui avait brisé en elle une part d’humanité. Pour ne pas la mettre en danger.
Elle respira l’odeur sucrée de ses cheveux et l’enlaça un peu plus fort, les larmes ruisselant sur ses joues. Mimi se recula et prit le visage d’Adèle en coupe. De minuscules larmes traçaient des sillons sur la peau si douce de la jeune fille. Mimi les essuya du pouce avec toute la tendresse et l’amour qu’elle pouvait lui communiquer.
— Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-elle en modulant sa voix pour ne pas l’effrayer.
La panique maintenant que le choc de revoir Adèle était passé revenait à la charge. De façon bien trop violente pour son propre équilibre.
Adèle hocha la tête.
— Tu n’es pas blessée ? insista Mimi.
— Non, ça va. Il ne m’a pas fait mal.
Dieu merci !
Mimi respira légèrement mieux, même si un poids lui comprimait toujours la poitrine.
— Certaine ?
— Oui, répondit Adèle avec un calme qui étonna Mimi. Je sortais de mon cours de solfège. Il m’a dit que papa lui avait demandé de me prendre à la sortie pour le rejoindre lui et Amaury.
Bon sang !
Mimi aurait volontiers arraché les yeux de ce pauvre type ! Mais elle était bloquée dans une chambre avec une enfant de douze ans qui étrangement semblait maîtriser parfaitement ses nerfs. Elle s’obligea à respirer longuement, et se ressaisir.
— Tu sais pourquoi on est là ? demanda timidement Adèle.
Mimi sentit ses yeux s’embuer. Elle dut faire un effort surhumain pour empêcher les larmes de dévaler ses joues. Non de non ! Elle devait éviter ce genre de réaction. Adèle comptait sur elle.
— Non, j’ignore pourquoi on est ici. Mais je te promets de te faire sortir.
Plus qu’une promesse. Une certitude qui lui donna le courage d’affronter la triste réalité.
OK. Clairement, elle n’avait aucune idée sur la façon de sortir de cette pièce. Mimi releva la tête et regarda autour d’elle. Une chambre chichement meublée. Pas même une lampe de chevet qui aurait pu lui servir d’arme. Elle avisa les fenêtres et s’y précipita. Elle ouvrit le battant et se retourna en entendant la voix douce d’Adèle quand ses doigts s’écorchèrent sur le bois des volets.
— J’ai déjà essayé de les ouvrir. On dirait qu’ils ont été bloqués depuis l’extérieur.
Mimi observa sa fille avec un étrange mélange de fierté et de stupéfaction avant de refermer la fenêtre, abandonnant leur seule issue de sortie. Mimi se déplaça dans la chambre. Contourna le lit double sur lequel Adèle s’était assise. Elle sentait le regard de la jeune fille sur elle et Mimi se força à ne pas la regarder. Pas parce que cela lui était trop difficile. Mais parce qu’elle ne pourrait s’empêcher de la dévisager. De scruter la moindre parcelle de peau. De la prendre dans ses bras. De l’embrasser et la serrer contre elle. De se repaître de sa présence. De se nourrir de sa fille. Encore, et encore.
— Tu sais, poursuivit Adèle. Je sais qui tu es.
Mimi sentit ses jambes faiblir et ses mains se mirent à trembler. Elle stoppa net et se tourna doucement vers Adèle.
— Que veux-tu dire ? bredouilla-t-elle.
— Je sais que c’est toi ma vraie maman.
Mimi plaqua une main devant sa bouche. Mais malgré son geste, le gémissement de douleur passa la barrière de ses lèvres. Elle se sentit tomber, comme si un gouffre l’engloutissait pour la faire disparaître. Et Mimi avait beau tenter de remonter à la surface, elle s’effondrait. Encore. Et encore. Un voile noir passa devant ses yeux, suivi d’un bourdonnement qui l’étourdit. À genoux, elle posa une main au sol pour se stabiliser et ne pas être totalement emportée par le choc. Elle était comme un animal blessé, les épaules voûtées, la tête baissée, à attendre le coup final.
Deux petites mains virent se poser sur ses joues. Mimi releva la tête et un sanglot étouffé sortit de sa gorge. Adèle s’agenouilla devant la jeune femme et la douceur et la compréhension que Mimi lut dans son regard lui envoya comme un coup de poing à l’estomac. Mimi prit le temps d’observer sa fille. Elle ne décela aucune trace de colère, de ressentiment. Simplement de l’acceptation, et une forme d’amour qui fit lui venir de nouvelles larmes.
— Je suis tellement désolée, murmura Mimi. Tellement…
Adèle lui adressa un sourire tendre et Mimi ne put qu’admirer la force qui se dégageait de sa fille. Elle possédait une force de résilience, une maturité qui lui gonfla le cœur, allégeant la douleur qui s’y était installée.
— Je sais, tante Charlie. 504
— Je n’avais pas le choix, ajouta Mimi d’une voix si basse qu’elle n’était pas sure qu’Adèle l’ait entendue.
— Maman m’a expliqué. Elle voulait que je sache qui j’étais. Avec papa, ils pensaient que la vérité était plus importante et plus saine.
Mimi étouffa un autre sanglot.
— Je n’ai jamais été fâchée contre toi, tante Charlie ajouta précipitamment Adèle quand les larmes ruisselèrent sur les joues de Mimi.
Mimi tenta de se reprendre, les émotions à vif. D’un côté, une main lui étreignit le cœur. Adèle
avait parlé de sa « maman », mais il ne s’agissait pas d’elle. Elle était peut- être sa mère biologique, mais elle n’était pas sa « maman ». Et Adèle avait clairement fait la distinction entre les deux et acceptait la situation. Mieux que de l’acceptation. Elle comprenait.
De l’autre, un soupir de soulagement s’échappa de ses poumons, comme si le poids qu’elle portait depuis des années se levait enfin de ses épaules. Elle avait cette impression rédemptrice de respirer plus librement. Que tout ce qu’elle avait fait, son sacrifice, n’en était finalement pas un. Elle avait devant elle une petite fille épanouie, d’une maturité effarante, et par certains côtés, beaucoup plus adulte que certaines personnes.
Elle se redressa, saisie d’une volonté farouche de protéger Adèle et la prit dans ses bras, ses lèvres se posant sur le dessus de son crâne. Elle ferma les yeux quand elle sentit les bras de sa fille se resserrer autour de sa taille. Elle en aurait pleuré. De bonheur cette fois.
— On va sortir de là, promit Mimi. Et bientôt, tu seras chez toi.
— Ils me manquent, bredouilla la fillette.
— À moi aussi…, murmura Mimi en sachant immédiatement à qui elle faisait référence.
Une vérité qui prit Mimi par surprise. Sa sœur lui manquait. Terriblement. Même si elles n’avaient jamais été proches, sa sœur avait tout fait pour lui venir en aide. Elle l’avait sauvée de Gislain, mais aussi d’elle-même.
Mimi se retourna d’un bloc, pressant Adèle dans son dos de façon instinctive quand la porte de la chambre s’ouvrit brusquement.
Giraud tenait la poignée de la porte dans une main, un pied dans la chambre, l’autre dans le couloir. Même ainsi, le dos légèrement courbé, il était taillé dans un bloc. Mimi évalua immédiatement ses chances face à cet homme. Et le résultat lui fit froid dans le dos.
— On descend, ordonna Giraud d’une voix dénuée d’émotion.
Mimi se figea et resserra sa main sur Adèle, la pressant un peu plus contre son dos.
— On avait un marché, s’entendit-elle prononcé.
Une esbroufe, mais à ce stade, tous les moyens étaient admis. Un rire bas et sombre franchit les lèvres de Giraud.
— Je n’ai pas souvenir que l’on ait conclu quoi que ce soit.
Mimi saisit les mots de Giraud comme une bouée de secours. Il ne rejetait pas sa proposition et un infime espoir naquit. Minuscule, mais suffisamment important pour qu’elle s’y accroche.
— Je vous offre le triple.
Giraud releva la tête. Un mouvement à peine perceptible.
Seigneur !
Elle avait enfin capté son attention ! Mimi retint son souffle, une bouffée d’espoir coincée dans la gorge. Elle n’osa plus un seul mouvement de peur de rompre le lien, si ténu soit-il, qu’elle venait de créer avec Giraud… avant qu’un coin de ses lèvres ne se retrousse en un artefact de sourire.
— À moins que tu aies trente millions à ta disposition, je crains que notre « accord » ne soit caduc.
Mimi sentit tous ses espoirs se recroqueviller et elle pâlit, les jambes vacillantes. Seule la présence d’Adèle dans son dos l’empêcha de s’écrouler. Elle comprit en voyant le visage de Giraud que, pas un seul instant, il n’avait eu l’intention de négocier. Il avait joué avec elle dès le début, faisant naître un espoir chez elle qu’il se réjouissait d’avance de briser.
La colère remplaça vite l’abattement et Mimi se vit se précipiter sur Giraud.
— Espèce de sale enfoiré ! 507
Elle tendit les bras pour le frapper, mais la vitesse de réaction de Giraud la cueillit sur place. Elle entendit vaguement le cri de terreur d’Adèle pendant que la main de Giraud s’enroulait autour de son cou et la plaquait durement contre le mur de la chambre. Sa tête heurta la paroi violemment et Mimi se retrouva étourdie, privée de tout repère.
— À quoi tu t’attendais chérie ? murmura-t-il, son visage frottant le sien tandis que sa main se resserrait toujours plus autour de son cou.
Une question rhétorique qui n’appelait pas de réponse. Mimi aurait été incapable de fournir. La présence du corps de Giraud se pressant contre le sien, son souffle sur sa joue, sa main serrant sa chair, la privant d’oxygène ne lui laissait aucune chance. Mimi leva les mains dans un ultime effort, griffant les avant-bras de Giraud qui lui immobilisa les mains brutalement.
Elle tenta de ruer, mais Giraud était trop fort, solide. Plus elle bougeait, plus sa main se resserrait autour de son cou. La panique fit place à un élan de survie… qui dépendait du bon vouloir de Giraud, seule pensée cohérente qui lui vint à l’esprit.
Elle manquait d’air, se débattait moins rageusement. Ses forces l’abandonnaient en même temps qu’elle sentait les pulsations contre ses tempes ralentir. Giraud allait la tuer. Au moment où elle sentit ses yeux se révulser dans ses orbites, Giraud la relâcha si brusquement qu’elle s’écroula au sol.
Elle porta instinctivement la main à son cou prenant de longues inspirations douloureuses. Le moindre geste était une torture. Ses poumons étaient en feu, sa gorge à vif, ses forces vitales à l’agonie. Un bruit rauque, bourdonnant, résonnait à ses oreilles, jusqu’à
ce qu’elle comprenne qu’il s’agissait de sa propre respiration.
Giraud s’accroupit face à elle. Mimi tenta de reculer, mais le mur dans son dos l’en empêcha. Elle leva un regard terrifié vers Giraud qui l’observait froidement. Tuer était dans ses gènes. Il ne ressentait aucune compassion, réalisa Mimi avec un train de retard.
Giraud posa ses avant-bras sur ses genoux, observant attentivement Mimi.
— La prochaine fois, c’est autour du cou de la gamine que je place mes mains.
Mimi reçut la menace de façon frontale et hocha la tête autant que ses muscles douloureux lui permettaient.
Les yeux remplis de terreur de la petite furie rouquine lui arrachèrent un sourire. Giraud adorait le pouvoir de persuasion qu’il détenait sur cette femme. Sur elle, plus que sur une autre. Qu’elle baise avec Clément n’était pas étranger à cette soudaine satisfaction.
Il lui adressa un sourire cynique qui la fit se reculer un peu plus. Pauvre petite chose…
— Bien, articula-t-il d’une voix sombre. Tu vas te lever et me suivre sans discuter. Est-ce bien clair à présent ?
La rouquine hocha frénétiquement la tête même si ses yeux brillaient de fureur et de haine. Le message était passé. Il agrippa le bras de la jeune femme pour la relever, mais elle se dégagea d’un brusque mouvement d’épaule. Il admirait cependant. La
rouquine avait du cran.
Mimi vacilla sur ses jambes, mais plutôt mourir que se faire aider par ce connard. Elle tourna la tête vers Adèle. Les joues baignées de larmes de sa fille lui arrachèrent un gémissement qu’elle réprima vite lorsqu’Adèle se précipita vers elle. Sa surprise grimpa d’un échelon quand Adèle passa un bras autour de sa taille pour la soutenir.
Bon sang !
C’était elle l’adulte. C’était elle qui aurait dû soutenir sa fille et non l’inverse. Mais les forces lui manquaient et elle accepta ce retournement de situation. Elle avait été idiote à provoquer ainsi Giraud. Elle s’était mise en danger. Pire, elle avait mis Adèle en danger.
— Tu vas bien ? demanda Adèle, la voix tremblante.
l’évidence, la scène l’avait choquée. À juste titre. Mimi hocha la tête.
— Je suis désolée, ma chérie, croassa-t-elle, la gorge en feu.
Adèle se hissa sur la pointe des pieds.
— Je crois que cet homme est fou, murmura-t-elle à l’oreille de Mimi.
Je le crois aussi, failli répondre Mimi. Mais elle ne voulait pas alarmer Adèle plus que nécessaire.
— Ne le provoque plus, tante Charlie, reprit Adèle
d’un ton docte qui surprit une nouvelle fois Mimi par la précocité et la maturité de sa fille.
— Promis, ma chérie.
*
Aidée d’Adèle, Mimi descendit les marches jusqu’au salon qu’elle avait traversé trop rapidement pour en observer la configuration. Un canapé, flanqué de deux fauteuils, faisait face à une cheminée à foyer ouvert. Mais aucun feu ne venait réchauffer la pièce. Il y faisait bon, mais la vieille demeure retenait légèrement l’humidité de l’extérieur qui transit Mimi jusqu’aux os. Adèle se rapprocha de Mimi, s’agrippant
elle, comme si elle aussi percevait l’aspect froid de l’intérieur malgré la décoration luxueuse. Une maison belle, mais sans âme.
Mimi lança un regard alentour. Elle comprenait aussi qu’être au rez-de-chaussée leur offrait une dernière chance de s’enfuir. Il fallait absolument qu’elle trouve un moyen de quitter cette maison. La nuit à l’extérieur serait autant une bénédiction qu’un enfer. Mais elle n’avait pas le choix.
La cuisine était apparente, offrant une ouverture sur une salle à manger et le salon. Résultat d’une transformation de la structure de la longière devina Mimi. La porte d’entrée se trouvait trop loin pour être atteinte. Plusieurs portes-fenêtres donnaient sur l’extérieur.
Celles côté nord vers l’entrée, celles côtés sud sur une terrasse.
Les volets côté entrée étaient fermés, donnant probablement à la maison depuis l’extérieur l’impression d’être inhabitée. Ce qui ne laissait guère d’option à Mimi. Elle sentit les battements de son cœur s’affoler en observant les fermetures. De
simples clés, qui, ô miracle, étaient sur les serrures. Leur seule chance de s’échapper de cette maison. Encore fallait- il neutraliser Giraud. Mais Mimi aurait l’avantage de la surprise. Même si elle ne parvenait qu’à le ralentir de quelques secondes, celles-ci seraient précieuses à Adèle pour déverrouiller une porte et s’enfuir en s’éloignant le plus possible de la maison.
La fenêtre de tir était minuscule, mais c’était là leur seule chance. Car si elles devaient remonter dans une voiture, Mimi estimait leur chance de survie à zéro.
Mimi leva les yeux vers Giraud. Il était penché sur son téléphone. Mais même ainsi concentré, elle savait qu’il avait une conscience aiguë de son environnement et qu’elle ne pouvait en aucun cas le sous-estimer. Elle se pencha vers Adèle et caressa doucement les cheveux de sa fille, respirant son odeur.
Mimi ferma les yeux, une boule lui obstruant la gorge. Elle avait ce sentiment de gâchis qui lui noua la gorge. Retrouver Adèle dans ses circonstances était douloureux. Et même en tentant d’ignorer toutes les lames qui lui traversaient le cœur, celui-ci saignait à l’idée que c’était probablement la dernière fois qu’elle pourrait étreindre Adèle.
Mimi se faisait peu d’idée quant à ses propres chances de survie face à Giraud. Mais cela en valait la peine pour sauver Adèle. Elle ravala ses larmes et rapprocha ses lèvres pour chuchoter à Adèle ce qu’elle devait faire de façon concise et rapide. Pendant qu’elle retiendrait Giraud, même si elle n’expliqua pas à Adèle comme elle comptait s’y prendre l’ignorant elle-même, Adèle devrait se précipiter vers la porte-fenêtre la plus proche la déverrouiller et s’enfuir. Courir sans jamais s’arrêter. Même si c’était elle, Mimi, qui l’appelait. Elle savait
Giraud capable de tout pour neutraliser sa cible. Et il n’hésiterait pas à se servir d’elle comme arme. Mimi sentit son cœur se serrer un peu plus quand le corps d’Adèle fut secoué de discrets sanglots.
— Et toi ? chuchota Adèle difficilement.
Mimi respira par à coup, retenant ses propres larmes.
Mon Dieu !
Jamais elle n’aurait imaginé que mentir lui arracherait la gorge de cette façon. Elle mit dans sa voix une assurance qu’elle ne détenait pas. Une douleur qui la fit presque défaillir lui broya le ventre. Comme si une main s’enfonçait dans sa poitrine et lui arrachait le cœur.
— Tout ira bien pour moi. Je ne veux pas que tu t’inquiètes. Je te retrouverai plus tard.
— Tante Charlie… tenta de protester Adèle, les yeux rouges, le visage empreint de terreur.
— Promets-moi de faire ce que je te dis ! insista Mimi. S’il te plaît, murmura-t-elle quand d’autres larmes noyèrent les yeux de sa fille.
Adèle hocha la tête et Mimi éprouva un soulagement immense l’envahir. Ainsi qu’une sérénité qu’elle n’avait pas ressentie depuis des années. Elle allait tout faire pour qu’Adèle sorte de cette maison. Le temps pressait et jouait contre elles. Pour le moment, seul Giraud posait problème. Mais Mimi ignorait quand la personne qui l’avait engagé arriverait. Car si Giraud leur avait fait rejoindre le salon, ce n’était certainement pas par hasard.
Mimi se pencha sur Adèle et posa ses lèvres sur le haut de sa tête. C’était maintenant qu’elle devait agir. Elle s’apprêtait à se tourner et se diriger vers Giraud quand un bruit de porte suivit de talons résonnant sur le carrelage la figea sur place.
Mimi sentit tous ses muscles se contracter et l’afflux d’adrénaline la fit trembler violemment quand une voix qu’elle n’imaginait jamais entendre s’adressa
elle.
— Quel charmant tableau avons-nous là.