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Crazy lover, chapitre 38

Zoé Vernon

Le sang de Daniel se figea dans ses veines.

— Je viens d’envoyer deux équipes sur place, ajouta Greg.

— Nom de Dieu ! jura Daniel en donnant un coup de poing dans le mur le plus proche, s’écorchant un peu plus les jointures des doigts.

Sa haine. Sa rage, mais surtout sa peur le paralysait. Greg n’intervint pas. Il laissa ces quelques secondes à Daniel pour évacuer toute sa frustration. Voilà pourquoi il ne voulait jamais se faire attraper par une femme. Elles possédaient ce pouvoir de capturer vos sentiments et empêcher votre cerveau d’être totalement opérationnel. Celui de Daniel réagissait à l’affect au lieu d’être complètement rationnel. Et c’était dans ces situations que les mauvaises décisions étaient prises. Et Daniel n’échappa pas à la règle quand Greg le vit se retourner vers lui, le regard un peu fou.

— Je dois y aller.

Greg le retint par le bras sous le regard meurtrier de Daniel.

— Lâche-moi !

— Quand tu auras repris tes esprits, argua-t-il d’une voix dure.

— Si tu ne veux pas recevoir mon poing dans la tête, tu as intérêt à me lâcher. Immédiatement !

Si la voix de Greg était dure et coupante, celle de Daniel possédait cet écho métallique qui aurait fait battre en retraite le plus courageux de leurs hommes. Mais Greg refusa de lâcher.

— Non !

Les deux hommes s’affrontèrent du regard. Greg pouvait voir la confusion dans celui de Daniel. La peur également. Il expira longuement. Utiliser la force pour le neutraliser ne servirait à rien. Daniel était un homme censé. Il devait juste retrouver sa lucidité. Aussi Greg utilisa les armes qu’ils avaient en sa possession.

— Tu ne servirais à rien à y retourner. Et on sait tous les deux que Giraud vient de nous devancer. Je pensais aussi avoir plus de temps, ajouta-t-il tandis que Daniel prenait la parole. Seulement, c’est trop tard. Il nous reste une chance de retrouver la petite. Mais le temps joue encore plus contre nous. Alors, reprends-toi !

Les émotions faisaient rage dans sa tête, son corps. Les mots de Greg s’infiltrèrent sur le chemin de sa raison pour le percuter avec une force qui lui coupa la respiration.

— Putain !

Daniel recula, les bras repliés, paumes vers Greg en signe qu’il comprenait et de capitulation.

— OK, dit-il essoufflé, comme s’il venait de courir un marathon. J’ai merdé. Mais pas un mot à Mimi, termina-t-il d’une voix glaciale.

Greg hocha la tête.

— Pas de soucis. Suis-moi.

Greg se dirigea vers un bureau de l’étage sans se retourner. Daniel était suffisamment intelligent et possédait assez de self-control pour s’être repris et le suivre. Il referma derrière Daniel, se dirigea vers le plan de travail sur lequel il retourna son ordinateur pour que les deux hommes puissent faire face à l’écran. Ils espéraient que le récit de Mimi leur donnerait un indice, aussi minime fût- il. Mais pour le moment, l’essentiel leur échappait, même si une option restait ouverte. La seule qui possède un sens, pensa Greg, maussade.

— Plus je réfléchis à ce que Mimi nous a raconté, plus je me dis que cette histoire revêt un caractère familial et personnel. En tous les cas, trop pour être le fait d’un rival économique de De Ribaupierre, marmonna Daniel en se passant nerveusement une main dans les cheveux.

— Et je partage tes conclusions.

*

Mimi s’étira, déliant ses muscles fourbus. Elle se passa une main sur le visage dans l’espoir d’y chasser

la fatigue. Geste dérisoire face à toutes les émotions qui venaient de la bousculer. Daniel savait, et malgré ses craintes et ses doutes, il l’avait soutenue. Mieux. Il l’avait comprise. Quand ses mots avaient percé le mur de douleur qui l’entourait, cela avait été comme si un poids qui reposait sur ses épaules s’était envolé.

Elle entendit la vibration de son téléphone et le chercha au fond de son sac.

Son portable s’échappa de ses mains et retomba lourdement sur le sol lorsqu’elle ouvrit le message. Un numéro inconnu. Elle ramassa l’appareil, les mains tremblantes, rendant vaguement flou le visage d’Adèle sur son écran, ses yeux ambre si semblables aux siens, agrandis par la peur. Mimi sentit son souffle se couper et la panique la gagner. Les murs de la pièce semblaient se rapprocher. Près. Beaucoup trop près, l’empêchant de reprendre sa respiration.

Non ! Non ! Non !

Choquée, elle resta quelques secondes paralysée avant que la sonnerie de son téléphone traverse les brumes d’angoisse de son cerveau. Après plusieurs manipulations, elle parvint à décrocher, sachant déjà qui elle allait entendre tout en le refusant de toutes ses forces.

— Tu as cinq minutes pour me rejoindre au pied de la tour.

Seigneur !

Cette voix. Jamais elle ne pourrait oublier le timbre sombre totalement dénué d’humanité. Tout s’embrouilla. Ses pensées. Daniel. Les hommes derrière la porte qui s’activaient.

Face à son silence, comme s’il avait deviné ses pensées, Mimi perçut nettement le rire sarcastique de l’homme.

— Tu es suffisamment maline pour échapper à la vigilance de notre cher Daniel.

— Je… je ne sais pas si je pourrais y arriver, balbutia Mimi la gorge nouée.

— C’est dans ton intérêt d’y parvenir. Et dans celui de ta fille. Tu as cinq minutes, ajouta Giraud durement avant de raccrocher.

Mimi regarda son téléphone devenu beaucoup trop silencieux. Elle resta prostrée dans le canapé. Choquée, l’esprit totalement en déroute. Le temps lui échappait, sa faculté de raisonnement paralysée.

Seigneur !

Cinq minutes. La panique la fit se lever d’un bond. Elle venait d’en perdre deux. Deux précieuses minutes qui pouvaient avoir des conséquences désastreuses. Elle refoula cette pensée. Il était hors de question de les laisser s’infiltrer et parasiter le peu de courage qui lui restait. Seule Adèle comptait. Ses propres doutes, elle devait les mettre de côté.

Les jambes flageolantes elle se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit. Elle ne prit même pas la peine d’enfiler sa veste ou de s’emparer de son sac, agrippant son téléphone, seul lien encore tangible qui la liait à sa fille. Le bureau de Daniel était situé près de l’accueil et des ascenseurs. Elle resta quelques secondes figée sur le seuil. L’effervescence qui régnait devant elle l’étourdit quelque instant. Des hommes à l’air sévère, qu’elle reconnaissait pour certains, traversaient le hall. Quelques-uns portaient des uniformes noirs.

C’était à peine s’ils faisaient attention à elle. Mimi écarquilla les yeux, stupéfaite.

Mon Dieu ! On avait l’impression qu’ils se préparaient à un assaut. Il y avait une énergie différente des autres fois. Ici, la tension était palpable. Toute une agitation, qui, paradoxalement, la rendait invisible. Et Mimi comprit qu’elle avait devant les yeux la seule chance de sortir du bâtiment. Le cœur battant contre ses tempes, elle s’engagea dans le hall, s’attendant à chaque pas à se faire arrêter par l’un des hommes. Un filet de transpiration glissa le long de sa colonne et Mimi ne put retenir un frisson. Ses jambes la portaient à peine, mais elle savait aussi que c’était sa seule chance d’aider Adèle. Elle devait absolument la rejoindre. L’échec n’était pas admis. Aussi fut-elle surprise d’atteindre les ascenseurs. Les battements de son cœur étaient si forts qu’ils lui faisaient mal à la poitrine et Mimi faillit fondre en larmes lorsque les portes s’ouvrirent dans un chuintement discret qui contrastait tellement avec le chaos dans le hall qu’elle ne put retenir cette fois un sanglot. Elle l’étouffa cependant bien vite et tout aussi vite appuya sur le bouton du rez-de-chaussée.

Mimi ferma les yeux. Son cœur dégringolait dans sa poitrine pour s’écraser lamentablement contre sa conscience en même temps que la cabine s’approchait du sol… et plus effrayant encore, vers un inconnu qui lui noua les entrailles et lui donna un haut-le-cœur.

Elle se retrouva dans le hall et se dirigea aussi vite qu’elle le put vers la sortie. Une fois à l’extérieur, insensible au froid, elle lança un regard paniqué autour d’elle puis sur son téléphone.

Six minutes.

Six minutes depuis l’appel.

Elle posa sa main devant sa bouche pour étouffer un hoquet de terreur. Sa gorge était si serrée que c’est à peine si un filet d’air pouvait passer. Elle s’avança, tournant la tête dans tous les sens. L’entrée de la tour donnait sur un parvis. La nuit entourait les tours. Les lumières des réverbères perçaient sinistrement le décor. Des hommes, des femmes, marchaient, tête baissée, complètement inconscients de la lutte que menait Mimi pour ne pas s’effondrer.

La route la plus proche se trouvait à une cinquantaine de mètres après le parvis. Il était impossible pour un véhicule de s’approcher. Une nouvelle vague de panique s’empara d’elle et Mimi sentit une nausée prendre vie et s’agiter dangereusement dans son estomac. Elle plaqua sa main devant sa bouche au moment où son téléphone sonna. La vibration au creux de sa main la tétanisa, mais Mimi se reprit vite et décrocha immédiatement.

— Oui, répondit-elle la voix hachée. Ses émotions étaient mises à rude épreuve et elle faillit pleurer en entendant la voix de Giraud. Je suis sur le parvis, se hâta-t-elle d’ajouter.

Un rire bas qui la glaça jusqu’aux os accueillit sa remarque.

— Je n’en doutais pas un seul instant.

— Où… où êtes-vous ? Où est Adèle ?

— Accès Ouest. Secteur des livraisons. Tu as trois minutes, ajouta Giraud avant de raccrocher à nouveau.

— Non ! cria Mimi dans le téléphone.

Mais seule une tonalité glaçante lui répondit.

Elle tourna sur elle même, désorientée. Accès

Ouest ? Les foutues larmes de peur lui brouillaient la vue et elle les essuya d’un revers de main. Accès Ouest ! Mimi se força à respirer avant de se ressaisir puis avisa plus loin un panneau de livraison « Accès Ouest ».

Aussitôt, elle se mit à courir.

Vite.

Aussi vite qu’elle le pouvait. Ses pas claquaient sur le béton du parvis avant qu’elle ne franchisse une barrière et qu’elle se retrouve sur la rampe menant à l’accès ouest. La circulation était dense à cette heure de la journée. Elle se concentra sur sa course, haletante, son téléphone toujours serré dans sa main.

Mimi dévala la rampe d’accès aux livraisons qui se perdait dans les profondeurs des souterrains de la Défense. Plus elle approchait, plus l’environnement devenait dangereusement calme. Elle se jetait droit dans la gueule du loup, et pourtant rien n’arrêterait sa course. Mimi ralentit quand elle passa sous un passage sous-voie. Des véhicules de société, d’autres, de livraison, étaient garés sur le côté. Mimi s’obligea

respirer profondément, même si l’air pollué lui brûla les poumons. Son regard oscillait entre les véhicules stationnés et ceux qui passaient à ses côtés, s’engouffrant vers les parkings souterrains.

Un vrombissement lui parvint aux oreilles, sombre, sinistre, se répercutant contre les parois en béton. Un bruit qui l’assourdit à mesure qu’il approchait.

Son instinct lui hurlait de s’enfuir. De se réfugier dans la chaleur protectrice des bras de Daniel.

Mais sa raison, son cœur, lui hurlait le contraire. Fuir serait une erreur. Pour elle, mais surtout pour

Adèle.

Elle avala difficilement sa salive, essuyant les larmes de peur et d’impuissance qui s’échappaient. Ce n’était pas le moment de craquer ! Elle sursauta

quand un puissant véhicule sombre stoppa à ses côtés et que la portière côté passager s’ouvrit.

— Monte !

Mimi se figea, tous ses muscles tétanisés. Instinctivement, elle resserra son portable, les bords s’incrustant dans sa paume, seule et dérisoire arme qu’elle possédait pour faire face à ce monstre.

— Maintenant.

La voix qui s’échappa de l’habitacle était étrangement calme, mais la menace latente qu’elle perçut dans ce simple mot lui arracha un frisson qui lui fouilla les entrailles. Au bord du malaise, Mimi s’exécuta. Le sang battait à ses tempes, et un instant elle crut qu’elle allait s’évanouir. Des points noirs dansaient devant ses yeux et un goût de bile remonta dans sa gorge, lui brûlant l’œsophage.

Elle monta dans l’habitacle, et referma la portière. Instinctivement, son corps se colla contre celle-ci, mettant le plus d’espace possible entre Giraud et elle. Elle entendait un son rauque, comme une respiration animale, et hoqueta quand elle comprit que ce son sortait de sa propre gorge. Mimi se sentait terrifiée à l’idée de regarder son agresseur, comme si garder les yeux baissés la préservait du danger.

Le silence dans l’habitacle augmenta sa nervosité. Giraud ne bougea pas. Ne démarra pas, et Mimi comprit qu’il attendait qu’elle relève les yeux. Elle se remémora les discussions entre Daniel et Greg. Cet homme était dangereux. C’était un tueur. Il se nourrissait de la peur de ses victimes et un frisson violent la secoua lorsqu’elle se souvint de son arme de prédilection : les armes blanches. Elle ne put retenir

un sanglot quand le silence devint si insupportable, l’air autour si lourd que la seule façon de trouver un peu d’oxygène était de se plier à la volonté de ce monstre.

Elle releva lentement les yeux, laissant les larmes dévaler sur ses joues, pour croiser un regard d’un bleu polaire. Presque translucide. Froid. Sans l’ombre d’une vie les agitant. Mimi dut puiser dans ses réserves de courage déjà bien basses pour s’adresser à Giraud.

— Où est-elle ? demanda-t-elle, la voix chevrotante.

Il l’observait de son regard dénué d’émotions. Un homme d’une extraordinaire banalité. Il aurait pu être beau si son expression ne semblait pas aussi figée. Même assis, sa stature était celle d’un homme musclé, et si l’envie de le blesser avec son téléphone lui avait traversé l’esprit, elle se rendit vite compte qu’elle ne ferait jamais le poids face à cet homme. Mimi aurait certainement été moins effrayée en découvrant un visage buriné par les combats et une vie remplie de meurtres et de contrats sordides. Et elle ne venait que s’ajouter à une liste probablement bien trop longue.

— Ton téléphone, demanda-t-il de cette voix posée qui lui fila des frissons tout en la faisait sursauter quand il tendit la main vers elle.

Des gestes précis. Il économisait ses mouvements, ce qui confirma sa dangerosité. Cet homme agissait quand il le fallait. Avec la précision nécessaire et lorsque c’était nécessaire. Jamais plus. Juste assez pour neutraliser… ou tuer.

Mimi lui tendit son téléphone et poussa un petit cri

de terreur quand il l’attrapa d’un mouvement vif et rapide Elle le regarda impuissante, ouvrir la vitre côté conducteur et lancer le portable qui vola en éclat lorsqu’il toucha le bitume, avant d’enclencher une vitesse et de démarrer.

Mimi sentit sa poitrine se contracter douloureusement. À la minute où elle était montée dans la voiture, elle avait su que c’était une erreur. Mais elle n’avait pas le choix. Et maintenant, il venait de réduire en miettes le minuscule espoir de s’en sortir.

— Où est-elle ? redemanda-t-elle néanmoins, se raccrochant aux dernières branches d’espoir. J’ai fait ce que vous demandiez, ajouta-t-elle la voix suppliante face au silence angoissant de Giraud.

Il lui lança un regard de biais et Mimi cru qu’elle allait mourir sous l’intensité froide qu’il lui renvoya.

— Elle n’a rien fait, persista Mimi, sa voix s’éteignant à mesure que la voiture avalait l’asphalte.

— Tu la verras bientôt, répondit-il enfin d’une voix dénuée d’émotion.

— Co… comment va-t-elle ?

Il la regarda à nouveau, un sourire relevait le coin de sa bouche. Un sourire qui la glaça.

— La dernière fois que je l’ai vue, elle était en un seul morceau.

Mimi ne put retenir un sanglot de soulagement, même s’il prenait un plaisir évident à jouer avec elle. Mais Dieu merci ! Adèle allait bien. Elle devait être effrayée, mais elle allait bien.

— Ce n’est qu’une enfant, reprit Mimi attirant l’attention de Giraud. S’il vous plaît, murmura-t-elle. Ne lui faites pas de mal…

— Ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, ajouta Giraud sans aucune compassion dans la voix.

Une phrase. Des mots qui tombèrent comme un couperet.

Qui ? Voulait-elle hurler. Sachant que sa question resterait sans réponse. Mimi réfléchissait aussi vite que son cerveau embrumé le pouvait. Giraud travaillait pour quelqu’un. Cela signifiait qu’on le payait et…

— Je vous offre le double de ce que l’on vous a versé.

Les mots se précipitèrent hors de sa bouche à un rythme saccadé. Tout comme les battements de son cœur. C’était la seule solution qui lui venait à l’esprit. L’argent. Daniel lui avait dit que Giraud était un mercenaire. Peu lui importait la cause, seul le montant du cachet comptait à ses yeux. Elle ne pourrait jamais jouer sur sa conscience pour l’obliger à revoir sa position et faire marche arrière. Elle n’avait que cet atout en main.

Le rire rauque et froid de Giraud la stoppa dans ses pensées.

— Et avec quel argent comptes-tu me payer ? Aux dernières nouvelles, sauf si « papa » ouvre les robinets, tu es fauchée comme les blés.

Mimi se figea. Il connaissait son nom, celui de sa famille, son passé. Elle fit fi de son désarroi et reprit avec assurance.

— Je sais où trouver les fonds.

Daniel était assurément riche. Greg, également. Le Palazzo en était une preuve concrète. Elle s’avançait clairement en terrain inconnu, mais elle n’avait pas le choix. Elle vit distinctement les mains de Giraud se resserrer sur le volant. Visiblement, elle avait mis le doigt sur un point sensible. Elle comprit lequel lorsqu’il ajouta d’une voix sciemment contrôlée.

— Ce serait… admirablement jouissif. Et un pied de nez pour le moins surprenant.

Oui, jouissif. Giraud se concentra sur la route, laissant la jolie rouquine se tordre les doigts d’anxiété. Extorquer quelques milliers d’euros à Monciatti et Clément. Greg et Daniel… C’était comme lui fournir le Saint Graal sur un plateau. Mieux que cela. Une revanche dont il se délecterait un moment après avoir été banni, jugé et condamné par l’armée, mais aussi par le groupe qu’ils formaient à l’époque.

Mimi regardait avec angoisse le profil de Giraud. Quelque chose s’était fermé chez lui. Il avait eu comme une légère hésitation avant de lui répondre. Cet homme ne possédait pas même un fragment de conscience, mais elle avait posé le doigt sur sa seule faiblesse. L’argent. Et l’avenir de sa fille, comme le sien, reposait sur cet hypothétique espoir.

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