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Crazy lover, chapitre 34

Zoé Vernon

Mimi s’étira paresseusement. La veille avait été une journée éprouvante émotionnellement. Les aveux de Daniel sur Ghislain l’avaient assommée. Savoir que cet homme qu’elle avait tant redouté ne pouvait plus lui faire de mal l’emplissait d’une satisfaction mêlée de cette sensation oppressante qui ne la quittait pas.

De nombreux souvenirs étaient remontés, mais l’impression générale qui lui restait était une douleur vive qui lui avait paru tellement réelle qu’une violente nausée l’avait fait bondir du transat sur lequel Daniel et elle se reposaient pour se précipiter vers les toilettes. Daniel avait eu le tact de ne pas lui demander comment elle allait. Il le savait autant qu’elle. Et l’intuition de Mimi la poussait à penser que Daniel en savait plus qu’il ne voulait bien le montrer. Ou si ce n’était pas encore le cas, il s’approchait de la vérité. Et tout aussi étrangement, Mimi avait été envahie par un soulagement immense.

Ce qui l’avait enfin décidé à tout avouer à Daniel.

Dès leur retour sur Paris.

Car à n’en pas douter, la bulle dans laquelle ils flottaient allait bientôt éclater et la réalité les rattraperait bien assez vite.

Égoïstement, Mimi voulait profiter de chaque seconde avec Daniel loin de cette même réalité.

Et les légères courbatures dans ses jambes et ses épaules lui rappelaient avec quelle énergie Daniel s’était évertué à chasser ses doutes durant la nuit pour vivre pleinement le présent.

La place à ses côtés était froide. Daniel était un lève-tôt et souvent elle le retrouvait dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Elle émergeait à peine, qu’il avait déjà fait son footing matinal, pris sa douche et passé deux ou trois coups de fil pour le travail.

Elle se leva pour prendre une douche rapide. Mimi prit tout juste le temps de se sécher avant d’enfiler directement sur sa peau humide un t-shirt de Daniel qu’il avait laissé sur le bras d’un fauteuil.

Elle ne put empêcher ses joues de chauffer anormalement en posant ses yeux sur ces accoudoirs en repensant qu’hier encore, Daniel lui avait passé les jambes de chaque côté pour attirer ses fesses sur le bord du siège avant de s’agenouiller et de plonger sa tête entre ses cuisses la faisant hurler son nom quand sa langue avait entamé un balai impérieux. Il n’avait arrêté sa danse que lorsque Mimi l’avait supplié de mettre fin à cette délicieuse torture.

Elle se revoyait encore pantelante, le souffle court tandis que Daniel se relevait lentement et déboutonnait tout aussi lentement son pantalon libérant une érection telle qu’elle devait en être douloureuse. Un regard de sa part et Mimi s’était redressée, emprisonnant entre ses cuisses les jambes musclées de Daniel, son sexe à hauteur des yeux.

D’une main ferme, il avait crocheté sa nuque dans un ordre silencieux pour lequel Mimi s’était exécutée avec un plaisir qui lui échauffa un peu plus les joues. De son autre main, il avait saisi fermement la base de son sexe, le guidant vers la bouche de Mimi. Daniel avait joué avec ses lèvres, frottant son gland

turgescent contre. Une petite impulsion et une pression de sa main s’enroulant autour de ses cheveux, Mimi avait accueilli son sexe dans sa bouche.

Il avait donné le rythme, s’était servi de sa bouche et Mimi avait adoré cette forme de soumission. Daniel contrôlait la profondeur, le rythme, mais tout en étant attentif à la jeune femme. Elle avait avalé son sexe, ses grognements de plaisir jusqu’à ce qu’il se déverse dans sa bouche.

Quand il s’était retiré, Mimi avait été surprise par le baiser furieux qu’il lui avait donné, mélangeant leur goût et la texture de leur plaisir mutuel. Un moment d’une force érotique qui lui procurait encore des frissons… et des palpitations entre les jambes.

Elle se secoua et quitta la chambre, les images de leur nuit toujours imprimées sur sa rétine.

Mimi ne put retenir un sourire.

Une chaleur se répandit dans sa poitrine lui apportant un sentiment de bonheur et de plénitude que seul Daniel savait lui faire atteindre. Habillé d’un t-shirt blanc et d’un jean descendant sur ses hanches, Daniel s’activait devant les fourneaux. Mimi reconnut l’odeur d’œufs, d’herbes et d’épices qui devaient probablement venir du jardin. Une cafetière sifflait sur le feu d’à côté, son arôme fort se mélangeant agréablement à celui de la cuisson.

Daniel perçut le moment exact où Mimi entra dans la cuisine. Elle n’avait fait aucun bruit, mais il avait une conscience aiguë de sa présence autant que si elle s’était annoncée. Sa signature était tout aussi existante que la femme qui la portait et Daniel sentit son sexe gonfler de désir.

— Salut.

Il sourit en entendant le petit hoquet de surprise de Mimi avant d’éteindre toutes les plaques de cuisson et se retourner. Il avala difficilement sa salive. Vêtu d’un simple t.shirt, le sien nota-t- il, ce qui lui donnerait une bonne raison de le lui ôter, sans maquillage, les yeux encore légèrement gonflés de sommeil, elle était simplement splendide, d’une beauté qui lui coupait toujours le souffle.

Il crocheta le doigt et le recourba, l’invitant à le rejoindre. Ce que la jeune femme fit sans hésiter. Un sourire narquois étira les lèvres de Daniel quand Mimi vint se plaquer contre lui. Aussitôt, ses mains glissèrent sous le t- shirt de la jeune femme… pour ne rencontrer que des courbes et une peau aussi douce qu’une pêche.

Bon sang !

Avec cette manie qu’elle avait de se promener cul nu, elle finirait par avoir sa peau. Avec une infinie douceur, il se pencha et enfouit son visage dans le cou de Mimi. Du bout de la langue, taquina son épaule nue.

— J’adore quand tu obéis avec docilité, femme, murmura-t-il tout en appuyant sa remarque avec une petite claque sur les fesses de Mimi.

Comme prévu, elle partit au quart de tour. Il ricana en sentant les petits poings lui marteler le torse. Le chaton sortait les griffes. Et cela aussi, il adorait.

— Je ne suis pas ta chose ! argua Mimi, les joues délicieusement roses, et légèrement essoufflée alors qu’elle tentait de reculer.

Mais Daniel la serrait contre lui et Mimi savait que toute tentative de fuite était vouée à l’échec.

Elle fronça les sourcils, espérant donner plus d’impact à sa colère. Mais quand elle croisa le regard facétieux de Daniel, elle se sentit complètement fondre. Il la provoquait et elle tombait dans son piège comme une débutante. Daniel la respectait beaucoup trop pour avoir si peu de considération pour elle. Mais hors de question de le laisser s’en sortir si facilement. Daniel devina immédiatement au regard brillant de

Mimi que sa contre-attaque allait beaucoup l’amuser.

De ce fait.

— Encore une remarque sexiste de ce genre et je fais de toi le premier eunuque garde du corps.

Daniel haussa les sourcils, toujours amusé.

— Tu crois ?

— J’en suis certaine, le menaça-t-elle tout en levant son genou vers la partie la plus sensible de l’anatomie de Daniel, un sourire victorieux aux lèvres.

— Le sexe avec moi te manquerait beaucoup trop, chérie, avança-t-il avec une assurance qui donna des frissons à Mimi.

Bon sang ! Autant de suffisance devait être interdite !

— Que tu crois, le défia-t-elle en haussant le menton en un geste vindicatif.

Le genou de Mimi touchait maintenant ses parties intimes et exerçait une dangereuse pression. Un geste brusque de la part de la jeune femme, et il crierait

pitié de l’épargner… ou de l’achever, au choix. Elle était si certaine d’avoir la main et de contrôler la situation que cela en était risible. Ce qu’il ne fit pas cependant. Mimi avait beau peser la moitié de son poids, elle compensait par la rapidité de ses gestes et son aisance de danseuse… et il ne tenait pas à finir eunuque. Même pour quelques jours.

Aussi, avec une rapidité qui prit Mimi de court, il emprisonna ses jambes, la souleva et l’assit sur la largeur de la table en chêne de la cuisine. D’un geste efficace, il fit passer les jambes de chaque côté de ses hanches et l’allongea sur le plateau de bois, retenant les bras de Mimi au-dessus de sa tête. Ainsi, elle était entièrement à sa merci… et ses attributs complètement à l’abri.

Mimi hoqueta de surprise. Défier Daniel était la pire, mais surtout la meilleure idée qu’elle ait eue. Ce jeu entre eux, cette complicité, cette façon de se compléter sans s’envahir les rapprochait un peu plus chaque jour. Daniel emprisonnait ses poignets sans serrer. Il exerçait une pression dominatrice sans être douloureuse. Et elle adorait le contrôle qu’il leur offrait. Jamais il ne lui ferait de mal. Une évidence qu’elle avait effleurée des mois auparavant, mais qu’elle comprenait seulement maintenant.

— Pour info, murmura Daniel en effleurant le cou de Mimi de ses lèvres, les eunuques remontent à l’Empire byzantin. On les appelait « le troisième sexe ».

Daniel émit un rire bas en entendant Mimi prendre rapidement son souffle.

— Les plus célèbres remontent eux, à l’Empire ottoman où ils étaient affectés à la garde et

l’administration des harems, ou pour le compte de riches commerçants, poursuivit-il en parsemant maintenant sa gorge de légers baisers.

La voix de Daniel glissait sur la peau de Mimi et semblait résonner au plus profond d’elle-même, en des recoins de son corps dont elle ignorait l’existence. Ses lèvres étaient délicieusement troublantes, ses mots qui pourtant n’avaient rien de salace provoquèrent des frissons dans tout son corps et inconsciemment, Mimi se cambra, cherchant à se plaquer un peu plus contre Daniel.

D’un mouvement vif, il la redressa pour la débarrasser de son t-shirt. Mimi se retrouva nue comme un ver et aussi vite qu’il l’avait relevée, Daniel la plaqua de nouveau contre la table, ses poignets toujours emprisonnés. Il sentit le corps de Mimi frissonner lorsque celui- ci rencontra la fraîcheur du bois. Daniel redressa la tête, un sourire aux lèvres, quand les délicieux tétons de Mimi se dressèrent au seul contact de l’air. Deux petits bourgeons roses qui n’attendaient qu’à être agacés par ses lèvres.

Mimi vit Daniel déglutir et ses yeux prendre une teinte plus sombre quand ils se posèrent sur sa poitrine.

Tout en se redressant, il ordonna d’une voix basse qui n’admettait aucune rébellion :

— Agrippe le bord de la table derrière toi.

Mimi s’exécuta. Elle allongea les bras vers l’arrière. Le geste l’obligea à se cambrer, tendant sa poitrine vers Daniel. Il posa ses larges mains sur les hanches de Mimi, l’attira vers le bord de la table de sorte que

ses fesses soient à moitié posées sur le bois, à moitié dans le vide. De ses mains autoritaires, il saisit ses jambes, replia ses genoux et l’obligea à poser ses pieds sur le bord de la table, l’exposant totalement à sa vue.

Mimi retint son souffle. Elle était à l’entière merci de Daniel, les seins tendus, les jambes ouvertes, son sexe à disposition des envies de son amant. Un sourire vint étirer ses lèvres quand la pomme d’Adam remonta plusieurs fois dans la gorge de Daniel. Il imposait, mais elle détenait un pouvoir d’une force qu’elle n’aurait jamais cru posséder sur cet homme. Et pour lui, elle était prête à tout.

— Tu es magnifique, murmura-t-il, une forme de vénération dans la voix alors que ses mains se posaient sur le cou de la jeune femme, descendirent sur ses flans, ses pouces caressant les pointes durcies de ses seins en passant.

Les mains de Daniel poursuivirent leur chemin et Mimi poussa un soupir de frustration qui se transforma en gémissement quand ses doigts glissèrent à l’intérieur de ses cuisses jusqu’aux genoux.

Avec Mimi, il se sentait différent. Il ne ressentait plus ce besoin de planifier, de réfléchir à ses actes ou encore de garder le contrôle. Avec Mimi, il pouvait enfin s’abandonner complètement. Elle lui procurait une forme de liberté qu’il s’était interdit depuis vingt ans.

De la pulpe de ses doigts, il effectua de petits mouvements circulaires sur la peau douce à l’intérieur des genoux avant de remonter lentement ses mains, effleurer son sexe, sans lui donner cette caresse qu’elle attendait tant, et emprisonner sa taille.

nouveau, ses pouces effectuèrent de petits mouvements, puis il remonta les mains jusqu’aux seins de Mimi. Du bout de l’index, il décrivait des cercles autour de son auréole d’un rose très pâle, s’approchant douloureusement de la petite pointe érigée, mais sans jamais la toucher avant de passer à l’autre sein.

Un sourire satisfait fleurit sur les lèvres de Daniel quand il vit Mimi se tortiller sur la table. Il se pencha enfin et souffla sur ses tétons dardés avant de poser ses lèvres dessus et d’agacer de la langue les minuscules bourgeons tendus de désir, de les aspirer, les sucer, les mordiller puis d’en atténuer la brûlure en les léchant avec une application qui fit gémir Mimi.

Il l’emmenait progressivement dans ce voyage délicieux vers la crête du plaisir. Il faillit céder aux adorables miaulements de désir de la jeune femme, mais il voulait la maintenir encore un moment aux portes du paradis, même si ne pas plonger immédiatement au plus profond de sa moiteur relevait de la torture. Il se redressa, délaissant la poitrine de Mimi. Elle était presque trop belle, les joues rosies, le souffle court. Ses lèvres rougies étaient un appel au péché, son sexe à la luxure.

Des pouces, il écarta ses replis humides, l’exposant pleinement à son regard. Daniel se pencha, huma l’odeur féminine de Mimi. Il l’entendit clairement retenir son souffle et Daniel lâcha un petit rire bas. Il aimait son impatience, sa réactivité. En prenant son temps, il posa sa langue sur les chairs moites et remonta lentement, se gorgeant de son goût jusqu’à son bourgeon gonflé qu’il se mit à suçoter, mordiller avant de l’aspirer plus franchement entre se lèvres.

Mimi se cambra sous ses assauts, des petits gémissements s’échappant de ses jolies lèvres. Daniel alternait caresses douces et morsures appuyées. Il

recula légèrement la tête. Mimi avait toujours les bras tendus, exposant son adorable poitrine encore rougie par les assauts que sa bouche, sa langue, ses dents et ses doigts lui avaient fait subir.

Elle était belle et excitante ainsi à sa merci. Totalement offerte, parfaitement ouverte, ses petits halètements l’existant toujours plus.

Il se baissa à nouveau, la torturant un peu plus de sa langue qui lécha son sexe avec avidité. Jamais il ne pourrait se rassasier d’elle. Il aimait tout chez elle. Sa fragilité qu’elle s’efforçait de dissimuler, sa force qu’elle exposait comme une walkyrie, ses sourires, ses secrets. Son passé qui la définissait, ce présent qui le rendait fou, et cet avenir qu’il souhaitait plus que tout découvrir à ses côtés. Il glissa un doigt à l’intérieur d’elle et la sentit aussitôt se contracter. Il joua un moment, effectuant de lents va-et-vient tout en poursuivant les assauts de sa langue avant de glisser un second doigt dans sa moiteur. Son corps s’arc-bouta sur la table et Daniel posa une main ferme sur son ventre pour la plaquer contre le plateau. Il la voulait totalement à sa merci.

— Daniel…, murmura-t-elle d’une voix rauque.

Un timbre qui l’atteignit en pleine poitrine redescendit le long de sa colonne pour se ficher dans ses bourses qui se crispèrent dangereusement.

Nom de Dieu !

Un mot, et il était prêt à jouir comme un adolescent.

Il releva les yeux qui se plantèrent dans ceux suppliants de Mimi. Elle était aux portes de la jouissance et c’est lui qui en détenait les clés. Il

esquissa un sourire diabolique en arrêtant toute torture. Mimi grogna quand il retira sa bouche et ses doigts. Il la sentit se contracter pour le retenir, ce qui accentua son sourire. Il la fixa intensément et Mimi se sentit brûler sous son regard. Une chaleur qui s’intensifia par la fixité de Daniel et le contrôle incroyable qu’il avait sur son corps, même s’il puisait dans ses dernières réserves de volonté pour se retenir d’ouvrir son pantalon et de s’enfoncer en elle.

— Dis-moi ce que tu veux, ordonna-t-il.

— Toi ! répondit spontanément Mimi, les yeux brillant de désir et les joues rouges. C’est toi que je veux.

Le regard de Daniel se posa sur le sexe de Mimi. Rose, lisse et luisant. Un péché à lui seul. Du bout des doigts, il caressa les lèvres intimes de Mimi. Un effleurement qui fit gémir la jeune femme.

— Tu me veux comme ça… ?

Elle releva son regard vers Daniel. Il jouait avec elle. Il savait pertinemment ce qu’elle voulait ! Elle secoua la tête.

— Non !

— Comme cela peut-être ? insista-t-il en enfonçant le bout de son index en elle.

— Daniel ! gémit-elle. S’il te plaît… sanglota-t-elle.

Daniel se pencha et posa ses lèvres sur celles de Mimi qui accueillit sa langue comme elle désirait accueillir son sexe en elle. Avec passion.

Bon sang !

Qu’il aimait flirter avec les frontières du plaisir de la jeune femme. Elle était à lui. Et lui, il lui appartenait corps, cœur et âme.

Il se redressa et Mimi grimaça quand le tissu rugueux de son jean frotta contre son sexe sensible. Il y avait quelque chose de particulièrement érotique dans le fait qu’il soit totalement habillé, et elle entièrement nue. Un contraste qui les définissait si bien tous les deux. Opposés, mais complémentaires. Différents, et pourtant si semblables, animés par un même besoin.

Mimi ne quitta pas Daniel des yeux. Ils étaient brûlants et une lueur amusée, mais aussi bestiale y brillait. Avec une lenteur calculée, il ouvrit les boutons de son jean sans la lâcher du regard et libéra son imposante érection de son boxer. Ses yeux s’écarquillèrent quand elle le regarda se saisir de son sexe et entamer un langoureux va -et-vient avec sa main. C’était indécent et absolument existant. Enfin, il guida son sexe à l’entrée de celui de Mimi, caressa ses replis avant de buter contre la petite crête sensible qui arracha un soupir presque douloureux à la jeune femme.

— Seigneur, gémit-elle quand elle le sentit s’introduire enfin en elle.

D’une cruelle lenteur. Juste assez pour qu’elle perde la tête

— Oui, c’est ça, ma chérie.

Mimi essaya de ne pas prêter attention aux petits

frissons que faisait naître sa voix rauque. Elle fut totalement incapable de réfléchir lorsqu’il entama un va-et-vient mesuré. Il voulait prendre son temps, la voir s’ouvrir et lâcher prise.

Il se regarda la baiser et l’expression sur son visage était merveilleusement décadente. Baiser ne rendait absolument pas justice à leur acte. Il y avait bien longtemps qu’il ne baisait plus avec Mimi. Ils se livraient, ils échangeaient tant de mots dans leur silence que baiser était à bannir. Il la respectait et l’aimait beaucoup trop pour cela. Leurs corps racontaient une histoire et l’associer à une vulgaire baise serait un sacrilège.

Il passa sa langue sur ses lèvres. Il avait encore le goût de sa chair dans sa bouche, et Bon Dieu ! C’était un nectar dont il voulait s’abreuver. Encore. Et encore. Jusqu’à ce qu’il soit rassasié. Ce qui n’arriverait jamais.

Il ressortit presque entièrement du corps de Mimi qui émit un adorable gémissement. Puis d’une poussée, il l’investit de nouveau. Il sentait ses chairs chaudes et moites s’ouvrir sous son invasion et vibrer contre sa hampe. Il absorbait chaque frémissement, chaque contraction autour de sa queue.

Mimi était à la frontière du plaisir. Ses coups de reins puissants la faisaient glisser sur la table, ses adorables seins tressautant à chaque poussée. Il agrippa ses hanches plus fermement, la stabilisant pour plus de confort, mais aussi pour l’avoir à sa merci et s’enfoncer profondément dans son corps tiède jusqu’à la garde. Il la sentait proche, ce que lui confirma la jeune femme quand sa supplique lui vrilla les reins, remonta dans ses bourses. Sa queue gonfla un peu plus, forçant les chairs de Mimi qui étouffa un gémissement de plaisir.

— Daniel…

Il posa son pouce presque brutalement sur le bourgeon gorgé de Mimi qui se cambra en poussant un cri quand son orgasme la saisit. Tout son être se tendit avant de se désagréger en un million de particules de plaisir qui se répandit dans son corps. Comme un signal, Daniel réagit dans la seconde, son sexe comprimé par les spasmes de Mimi cria grâce et il se répandit en longs jets saccadés dans le corps accueillant de Mimi.

Son cœur était au bord de l’implosion tant il éprouva du plaisir et cette sensation lénifiante qu’était le bonheur. Peut-être encore plus puissante que de jouir. Il s’écroula sur Mimi tout en se retenant sur les bras pour ne pas l’écraser. Il enfouit sa tête dans le cou de la jeune femme, respirant profondément sa peau. Une odeur de sexe, mais aussi celle plus discrète de la confiance.

Les mains de Mimi se perdirent dans les cheveux de Daniel. Elle repoussa légèrement sa tête pour lui faire face.

— Je t’aime.

Il bâillonna sa bouche en un baiser très tendre. Sa langue l’investit, et trouva la sienne. Elles tâtonnèrent puis entamèrent cette danse que Mimi aimait tant. Daniel se détacha de Mimi.

— Je ne me lasserai jamais de l’entendre, déclara-t-il avant de replonger dans sa bouche.

Il s’écarta à regret de Mimi, abandonnant ses lèvres rouges et gonflées qui cherchaient frénétiquement de l’air. Il sourit quand en se retirant de son corps

délicieux, il sentit les parois de Mimi se contracter pour tenter de le retenir et qu’elle émit un gémissement de protestation.

Daniel se rajusta avant d’enlever son t-shirt. Il resta quelques secondes à observer Mimi, toujours allongée sur la table, les jambes écartées, offerte à son regard. Aucune gêne ne venait recouvrir les traits parfaits de sa jolie rousse. Au contraire. Elle lui faisait confiance. Il baissa les yeux sur ses jolis tétons qu’il avait malmenés pour leur plus grand plaisir à tous les deux. Leur beau rose pâle habituel faisait place à un merveilleux rouge passion d’avoir été suçotés, léchés, mordillés, pincés. Daniel sentit son sexe frémir dans son pantalon et s’obligea à se calmer. Car s’il s’écoutait, il la prendrait à nouveau sur cette table.

Son regard descendit jusqu’au sexe de Mimi. Elle était magnifique ainsi ouverte. Sa semence s’écoulait de ses replis. Un sentiment de satisfaction purement animal et possessif s’empara de lui à cette vue. C’était imprudent, ils le savaient tous les deux. Mais voir son sperme sur la jeune femme lui donnait ce sentiment d’arrogante masculinité de toute puissance qu’elle lui appartenait.

Elle était à lui.

Marquée par son empreinte. Et il se promit que jamais un autre homme que lui ne vénérerait jamais son corps. Il utilisa le t-shirt pour essayer avec délicatesse la jeune femme puis l’aida à se redresser. Avant même qu’elle ait pu mettre un pied au sol, Daniel la souleva dans ses bras et se dirigea vers les escaliers menant à l’étage.

— Et le petit déjeuner ? demanda Mimi avec surprise.

— Plus tard grogna-t-il avant de sceller ses lèvres aux siennes. Je n’en ai pas fini avec toi.

Daniel dissimula son sourire quand il sentit clairement le corps de Mimi frissonner de plaisir. Dès qu’il posait ses mains sur elle, il pouvait percevoir tout son corps vibrer, pulser. Et il adorait provoquer cette réaction chez elle.

*

Mimi grogna quand le portable de Daniel sonna. Elle aurait voulu qu’il ignore l’appel, mais savait que cela pouvait être important. Elle s’étira, déliant ses muscles délicieusement fourbus. Elle pensait que l’épisode de la table était le summum du plaisir, mais Daniel venait de lui prouver qu’il pouvait être encore plus créatif en matière de sexe.

Elle sourit en le voyant tendre le bras pour attraper l’appareil. Les muscles roulaient sous sa peau, relevant creux et méplats parfaitement dessinés. Elle écouta dans une plaisante léthargie sa voix rauque, encore chargée des instants magiques qu’ils venaient de passer, répondre à son interlocuteur.

Sa bulle de bien-être explosa sans prévenir, la ramenant sur terre avec une rapidité qui lui donna le vertige quand le timbre de Daniel se modifia. Immédiatement, Mimi comprit que la parenthèse dans laquelle ils étaient plongés depuis trois semaines venait de prendre fin.

Ce que lui confirma Daniel quand il raccrocha et se tourna vers elle le visage sombre.

— On doit remonter sur Paris.

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