Mimi était ressortie de chez Mathilde heureuse de son après-midi, mais terriblement frustrée. Elle avait aimé obtenir des réponses sur Daniel et elle se retrouvait avec derrière elle un wagon d’interrogations en plus à se traîner.
Elle ne parvenait pas à assembler le puzzle qui constituait la vie de Daniel. Elle était certaine d’avoir tous les morceaux, mais le sens lui échappait. Elle était cependant convaincue d’une chose. La pièce centrale était cette Lizzie. Elle avait bien une théorie, mais comme toute théorie, celle-ci était faite pour être démontrée avant d’être confirmée. Et à part poser directement la question à Daniel, elle ne voyait pas d’autre moyen pour comprendre. Le tout était de savoir quel serait le bon moment pour l’interroger. En espérant qu’elle ne se ferait pas renvoyer dans les barres.
*
Journée de merde.
Une définition on ne pouvait plus appropriée, pensa Daniel en traversant le hall d’entrée pour atteindre la porte de son appartement. Rien n’avait fonctionné comme il le souhaitait. Ses recherches n’avaient
abouti à rien, car une danseuse un peu trop entreprenante avait valsé avec ses pensées et sa libido toute la journée.
Résultat, il se sentait sur les nerfs, agacé par son propre manque de performance au travail.
Il avait retardé le plus possible le moment de rentrer pour accompagner Mimi au cabaret. Mais là, il ne pouvait plus reculer.
— Une vraie poule mouillée, marmonna-t-il. Effrayé par une petite rouquine.
Rouquine qu’il trouva dans le salon à faire les cent pas en mordillant l’ongle de son pouce.
— On y va ?
Il la vit sursauter. Apparemment tellement plongée dans ses pensées qu’elle ne l’avait même pas entendu.
Bravo l’instinct de survie ! s’agaça-t-il, en sentant une colère l’envahir. Sentiment beaucoup plus facile à gérer que l’attirance qu’il éprouvait pour cette femme.
— Pardon ? demanda Mimi en essayant de reprendre ses esprits.
Elle le regarda dans l’embrasure de la porte. Tendu, le visage fermé. Bon sang ! Où était passé l’homme sensible, chaleureux et rieur qu’elle connaissait ?
— J’ai dit « on y va ? »
Mimi se raidit face à son ton indiscutablement condescendant. Il ne la prenait pas pour une débile, mais presque.
Daniel l’abruti était de retour. Sexy, mais abruti quand même.
— Tu es un connard !
— Probablement, acquiesça-t-il en haussant les épaules.
— Non, pas probablement s’énerva-t-elle devant tant de nonchalance. Sûrement !
— Range tes griffes, chaton.
Cette fois, la moutarde lui monta vraiment au nez.
— Qui est Lizzie ? demanda-t-elle à brûle-pourpoint.
Elle n’avait pas l’intention d’aborder le sujet de cette façon, mais quand on se trouvait devant une porte de prison dont on ne détenait pas les clés, pour Mimi la plus logique des façons de l’ouvrir était de l’attaquer de front. Une méthode discutable et dangereuse, certes, mais la seule qu’elle avait envie d’utiliser face à Daniel.
Aussitôt, elle vit son visage se fermer, s’il ne pouvait l’être plus. Elle vit distinctement son corps entier se raidir, et se voûter légèrement. Comme s’il prenait une position d’attaque et se préparait à se jeter sur elle.
OK. Ce n’était clairement pas la bonne méthode d’approche. Mais elle n’avait pas l’intention de se faire marcher sur les pieds et encore moins plier l’échine devant un homme. Elle l’avait fait une fois.
Et aujourd’hui, elle le payait cher.
Très cher.
Mimi ne quittait pas Daniel des yeux. Il jouait au con depuis la veille alors il ne fallait pas qu’il s’étonne
si elle sortait les griffes. La colère se jouait à la frustration sur les traits de Daniel et Mimi aurait donné dix ans de sa vie rien que pour lire les pensées qui devaient faire rage dans sa tête de mule.
— Alors ? insista-t-elle avec défiance.
Daniel se rembrunit un peu plus. Cette fois, la colère prédomina. Il observa sa belle amazone dont les yeux lançaient des éclairs. Elle était aussi désirable qu’obstinée. Mais sur ce coup, il était hors de question de la laisser gagner la manche. Il maudit également Mathilde pour avoir, même effleuré, le sujet de Lizzie. Elle était assez fine pour savoir que Mimi ne lâcherait pas le morceau. Car il était évident qu’elle avait lâché l’information. Et Mimi était assez maline pour comprendre que Lizzie avait un rapport avec son attitude détestable envers elle.
Bon sang ! Ce qui devait être simple était devenu compliqué… et dérangeant.
— Alors, rien, répliqua-t-il cependant les dents serrées.
— Rien, n’est pas une réponse.
La remarque de Mimi alluma tous les signaux dangereux chez Daniel. Il était même surprenant que la jolie rousse ne les ait pas détectés. Il s’approcha doucement de Mimi, d’une démarche aussi souple que menaçante. Il la surplombait entièrement. Petite chose fragile au corps de déesse. Il vit enfin dans les yeux de la jeune femme une inquiétude apparaître. Mais c’était un peu trop tard. Aussi prit-il la parole d’une voix anormalement basse. Cette fois, il vit clairement Mimi se figer. Il ne voulait pas l’effrayer.
Seulement lui faire comprendre qu’elle ne pouvait pas se montrer intrusive et forcer ses barrières sans en subir les conséquences.
Mimi ne put empêcher son corps de frissonner. Le visage de Daniel affichait une expression menaçante, mais lorsqu’il parla, sa voix dénotait un calme glacial.
— On couche peut-être ensemble, mais rien ne m’oblige à partager mon intimité avec toi. Maintenant, et je ne me répéterai pas, on y va.
Mimi se figea un peu plus. L’homme qui lui faisait face n’avait plus rien à voir avec celui qu’elle connaissait. Elle avait devant elle une version sombre et inquiétante de Daniel. Et pour la première fois, elle comprenait que cet homme pouvait réellement être dangereux. Un concept qu’elle avait oublié et qu’il lui rappelait d’une façon tranchante. Mais surtout blessante.
Il la repositionnait sur son échelle des priorités. Sa sécurité passait bien avant ses états d’âme et sa sensibilité. Tout cela parce qu’elle avait touché celle de Daniel, comprit-elle. Mais cela ne retirait en rien ses propos blessants.
Quand Daniel se sentait agressé, il répliquait brutalement. Et en cet instant, la cible de son attaque était sa petite personne.
Et on pouvait dire que le coup avait porté.
*
Daniel se fustigeait.
Il avait été con.
Avait agi comme un con.
Avait blessé Mimi en insinuant que ce qu’ils avaient
vécu ne représentait rien. Il avait tenu des propos offensants et il ne parvenait pas à chasser l’expression de douleur qui avait aussitôt marqué le doux visage de la jeune femme.
OK ! Elle avait abordé le sujet de Lizzie. Il devait bien s’avouer qu’elle viendrait à connaître son existence. Mathilde et Mimi avaient probablement passé l’après- midi à papoter comme des commères, et vu comment il se comportait en ce moment, il ne devait pas être surpris que Mimi aille creuser du côté de Mathilde pour déterrer quelques éléments le concernant. Seulement, l’attaque de Mimi était survenue si brutalement qu’il s’était défendu avec la même force. Quitte à piétiner la jeune femme.
Le chemin jusqu’au cabaret s’était effectué dans un silence aussi lourd qu’inconfortable. Mimi n’avait pas desserré les lèvres et au fur et à mesure du trajet, un sentiment avec lequel il évoluait depuis vingt ans avait pris un peu plus de force : la culpabilité. Il en voulait autant à Mimi qu’à lui même. Mais la différence est qu’il pardonnait plus facilement à la jeune femme sa curiosité que lui sa méchanceté.
Il soupira tout en se passant une main dans les cheveux. Il avait renoncé à les couper. Plus par intérêt que par négligence. Il adorait tout simplement quand Mimi y glissait ses doigts et les accrochait fermement lorsque l’orgasme la terrassait.
Bon Dieu !
Qu’il adorait la voir ainsi. Tout comme il prenait le même plaisir à l’observer évoluer sur la scène. Cette fille était la tentation incarnée, même si aujourd’hui, il trouvait ses mouvements moins fluides. Des détails
quasiment invisibles pour les profanes, mais pour lui. La tension de Mimi était comme un phare au milieu de l’océan. Et il était suffisamment lucide pour comprendre qu’il était responsable de sa prestation médiocre ce soir. D’ailleurs, la directrice artistique du cabaret s’en était aperçue également, car le prochain tableau, d’habitude exécuté par Mimi, l’était par une autre danseuse. Celyne. La belle brune à la voix rauque.
Aussitôt, Daniel se leva pour rejoindre les coulisses. Il n’y avait pas accès, mais il se savait suffisamment inventif et persuasif pour s’en faire autoriser l’entrée. Un petit quelque chose lui murmurait qu’il ne pouvait pas entièrement faire confiance à Mimi. Qu’elle serait tout à fait capable de lui fausser compagnie et de rentrer chez elle seule par pure provocation.
Daniel profita du chaos qui régnait autour et dans les coulisses pour s’y faufiler. Il se positionna en retrait, se dissimulant de la vue des danseuses tout en ayant un aperçu quasi absolu de la pièce.
L’endroit lui fit penser à une véritable fourmilière. Les filles couraient en tous sens. Les bruits, les couleurs étaient étourdissants. Si l’impression globale donnait ce sentiment d’être au centre d’un ensemble déstructuré, il n’en était rien. Même dans les coulisses, les danseuses interprétaient une chorégraphie bien précise. Chacune savait exactement où aller, changeant de costumes avec une rapidité qui forçait le respect.
Il repéra sans mal Mimi. Elle avait quitté costume de scène et perruque. Seul le maquillage presque outrancier recouvrait ses traits. Un maquillage qui n’occultait en rien l’expression de son visage. Il ne
parvenait pas à dissimuler ses émotions. Et surtout, aucun artifice ne pouvait camoufler la tristesse dans son regard.
Daniel ressentit cette étrange oppression dans sa poitrine. Un sentiment dérangeant qu’il ne préférait pas analyser. Aussi, reprit- il le rôle pour lequel il était doué. La surveillance et la protection. Il quitta la jeune femme du regard pour le poser sur son environnement. Il connaissait la configuration des lieux, mais une analyse en visuel ne remplaçait jamais des plans. Aussi bons et précis furent-ils.
Et ce qu’il vit ne lui plaisait pas. Plusieurs accès menaient aux loges. Deux vers la scène, deux autres menaient à des bureaux et une réserve. Mais un en particulier lui faisait grincer les dents. Celui menant à l’extérieur. Cet endroit était une véritable passoire. Pour preuve, il était un homme au milieu de danseuses, pour la plupart, à moitié nue, et personne jusqu’à maintenant n’avait relevé sa présence. Il pouvait être n’importe qui avec en tête n’importe quelles intentions.
Mimi se démaquillait. Ses gestes étaient mécaniques, appliqués. Sa prestation avait failli tourner à la catastrophe. Toutes ses pensées, sa concentration, avaient été détournées. Ce qui ne lui était jamais arrivé et la déstabilisait plus que jamais.
Sa liaison avec Daniel, si elle pouvait la nommer ainsi, la détournait de ses priorités et de sa capacité à gérer son quotidien. Si Ghislain par le passé lui avait inspiré une terreur sans nom, celle-ci avait été également un moteur et lui avait permis de s’échapper et de se reconstruire dans la danse. Créer son personnage sur scène avait été la plus douce de ses fiertés.
Et il avait suffi que Daniel entre dans sa vie pour
déstructurer tout ce qu’elle avait bâti. Elle ne savait pas si elle lui en voulait pour ça, ou si elle devait le remercier d’avoir ainsi mis à jour sa propre fragilité. Ce derrière quoi elle se cachait était finalement bien mince. Et elle avait eu l’outrecuidance de penser qu’elle pouvait échapper à son passé.
Mimi observa la femme qui lui faisait face. Elle avait beau se dissimiler derrière des plumes et du maquillage. Revêtir un costume de scène et se transformer dès qu’elle posait un pied sur les planches. Elle restait Charlie. Cette jeune fille de dix-sept ans terrifiée par un homme qu’elle avait cru aimer. Ce maquillage qui restait accroché sur le coton était un signe que son masque était en train de se craqueler. Et qu’il était temps pour elle d’en changer. Elle avait amorcé le processus en anticipant sa fuite.
Elle cilla plusieurs fois pour retenir ses larmes.
Elle devait fuir.
Cet endroit qu’elle adorait.
Sa vie qu’elle s’était reconstruite.
Ses amis. Mathilde.
Et Daniel qui venait d’entrer dans l’équation et qui rendait son départ encore plus difficile.
— Ça va, ma chérie ?
Mimi ravala ses larmes et plaqua sur ses lèvres un sourire forcé. Celyne qui venait de terminer le tableau qu’elle avait été incapable d’exécuter la regardait, le visage soucieux.
— Oui, ça va. Merci d’avoir pris le relais, ajouta Mimi, la gorge serrée, mais reconnaissante.
— Ce n’est rien. On a tous des moments sans. Demain, ça ira mieux.
Mimi lui adressa un sourire tremblant avant de se ressaisir.
— Oui, sans aucun doute, acquiesça-t-elle avec une conviction qu’elle était loin de ressentir.
— Tu es sûre que tout va bien ? insista Celyne, les sourcils froncés.
— Tout est OK, affirma Mimi, touchée par l’inquiétude de son amie.
Cette dernière l’observa pendant un court instant avant de hocher la tête.
— Si tu le dis…, ajouta-t-elle avant de s’éloigner puis marquer un arrêt et indiquer d’un mouvement de menton un renfoncement à l’arrière de la pièce. Au fait, ton beau brun t’attend depuis un moment. Ne le fais pas patienter trop longtemps si tu ne veux pas créer une émeute dans les coulisses.
Mimi se retourna vivement pour tomber directement sur une paire d’yeux braqués sur elle. Son ventre se noua devant la force de son regard. Même à cette distance, elle pouvait voir la puissance tranquille qui émanait de cet homme. Sa virilité troublante qui provoquait des frissons dans tout son corps. Elle lui en voulait autant qu’elle le désirait. Et cette combinaison ne pouvait rien apporter de bon.
*
Mimi précéda Daniel qui referma la porte de l’appartement derrière lui. Avant qu’elle n’ait pu se diriger vers sa chambre, elle sentit une poigne ferme, mais douce s’enrouler autour de son poignet.
— Attends, murmura Daniel.
Mimi se figea aussitôt sous l’inflexion tendre de Daniel. Presque douloureuse. Elle se retourna vers lui alors qu’il lui tenait toujours le poignet. La chaleur qui traversait sa peau n’avait d’égale que celle qui avait percé dans l’intonation de Daniel. Une chaleur que Mimi sentit se diffuser au creux de son ventre. Un mot, et elle était capable de lui pardonner sa brutalité verbale des heures précédentes. Et pendant un instant fugace, elle vit clairement les défenses de Daniel s’effriter pour le mettre à nu. Une vulnérabilité qui la toucha et lui fit oublier toute velléité revancharde.
— Je suis désolé. Pour tout à l’heure, crut bon d’ajouter Daniel face au silence de Mimi.
Il se sentait si peu sur de lui que Mimi ne pouvait que voir sa tension qui avait envahi ses épaules, ses mâchoires.
Daniel retint un mouvement de surprise quand il vit la jeune femme lui sourire doucement. Un écrin de lumière au cœur de son obscurité. Et il s’en voulut encore plus de l’avoir traitée aussi durement.
Il observa avec intérêt les traits si parfaits de Mimi. Ses pommettes hautes, ses lèvres pleines qu’il mourait d’envie de dévorer. Mais ce qui le fascinait le plus était ce regard ambre, presque mystique. Si profond, si parlant, témoins de secret qu’elle ne souhaitait pas encore lui révéler.
Bientôt, espérait-il.
Bientôt, il espérait qu’elle lui ferait suffisamment confiance pour lui parler.
Mais ce soir, ce regard troublant aspirait à la même chose que lui. Des attentes identiques pour deux personnes si différentes.
Comme si elle lisait ses pensées, Mimi se rapprocha, puis se hissa sur la pointe des pieds. Elle lui arrivait à peine à l’épaule et ce sentiment puissant de protection le prit aux tripes. Il lâcha son poignet pour saisir sa nuque et l’obliger à lever le visage vers lui, alors que son autre main se posait dans le bas de son dos, la plaquant contre son bassin. Aussitôt, son corps se réveilla. Une satisfaction entièrement masculine le saisit quand il vit les jolies lèvres de Mimi former un O parfait en sentant son érection contre son ventre. Malgré leur désaccord, leur conflit et leurs mots, aucun des deux ne pouvaient feindre le désir et l’attraction qui s’exerçait entre eux.
Mimi plaqua ses deux mains autour de la nuque de Daniel et agrippa presque durement ses cheveux. Elle attira Daniel à elle, l’obligeant à parcourir la fine distance qui les séparait. Le souffle tiède, et cette fragrance si masculine qui caractérisait Daniel, caressèrent les lèvres de Mimi. Elle se surprit à fermer un court instant les yeux pour s’enivrer de son odeur.
— Parle-moi, Daniel, demanda doucement Mimi.
Une supplique devant laquelle Daniel faillit abdiquer. Faillit, seulement, remarqua Mimi quand elle constata que ses traits qui s’étaient détendus venaient de se durcir brusquement. Elle recula légèrement la tête et ce qu’elle vit lui serra le cœur. Daniel luttait. Contre lui ou elle, Mimi l’ignorait. Mais une bataille sans nom se lisait dans ses yeux.
— Que s’est-il passé ? poursuivit-elle.
Elle le sentit aussitôt se raidir. Son corps, son regard. La question pourtant insignifiante ne pouvait
pas être plus précise. Lizzie avait beau ne pas être présente, elle flottait entre eux. Daniel prit une longue inspiration pour calmer les battements de son cœur. Lui, si à même de contrôler ses émotions et ne rien laisser transparaître se retrouvait complément à nu devant Mimi. Et cette sorcière en avait parfaitement conscience. Mais il ne voulait pas entrer dans son jeu. Même si à cet instant, il aurait parié sa fortune que Mimi ne jouait pas.
— Lizzie est morte. Dossier classé, chérie, répondit Daniel d’une voix sourde, souhaitant mettre fin à cette conversation.
— Mais…
Mimi n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle resta bloquée dans sa gorge quand la bouche de Daniel s’empara de la sienne. Elle voulut protester, le repousser.
C’était trop facile !
Il ne pouvait pas lâcher une bombe pareille sans en dire plus !
Et elle ne se laisserait pas manipuler par une séance de sexe. Aussi bonne soit-elle.
Mais quand la langue de Daniel passa la barrière de ses dents, ses résolutions en prirent un sacré coup dans l’aile. Et quand cette même langue vint caresser la sienne et l’amena quasiment au bord de l’orgasme, elle capitula complètement.
Daniel perçut immédiatement la reddition de sa jolie rousse. OK, c’était un coup bas. Mais il n’avait aucunement envie que la jeune femme décortique son passé. Ce qui comptait pour le moment était les courbes affriolantes que ses mains prenaient plaisir à parcourir. Il faisait une erreur. Il ne pouvait pas jouer
comme cela avec Mimi. Il le savait, mais ne parvenait pas à s’arrêter. Il penserait demain aux conséquences.
Le baiser se transforma vite en exigence. Mimi était aussi demandeuse que Daniel. Sa main se referma un peu plus fermement sur sa nuque et il imprima encore plus fortement sa bouche contre celle de la jeune femme.
Il la voulait entièrement.
Totalement.
Sans effort, il la souleva et sourit quand un petit cri de surprise qu’il avala avec gourmandise s’échappa de la gorge de la jeune femme. L’urgence le rattrapa à une vitesse vertigineuse. Et la chambre se trouvait beaucoup trop loin à son goût.
Aussi, se dirigea-t-il vers le canapé. Sans quitter les lèvres de Mimi, il l’allongea avant de se repaître de son corps, son souffle, ses cris de plaisirs.