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Crazy lover, chapitre 12

Zoé Vernon

Daniel vit la jeune femme pâlir légèrement, mais le voile d’incertitude qui traversa son regard fut vite balayé.

— Alors au cas où vous n’auriez pas fait vous-même les déductions, je connais les noms de vos ex et qu’il me serait facile de retrouver celui qui vous cause quelques frayeurs en ce moment.

Ce fut tout juste si Daniel ne cracha pas le mot « ex ». Décidément, il avait du mal à l’avaler.

Mimi fut parcourue par un long frisson. Il avait creusé son passé, elle le savait déjà puisqu’il avait retrouvé sa véritable identité. Ce qu’elle ignorait, c’était ce qu’il avait déterré en fouillant ainsi dans sa vie.

La liste de tous ses anciens petits amis !

C’était de la folie !

Elle était à la fois abasourdie qu’il ait pu faire cela même si elle comprenait ses motivations. Et terrifiée à l’idée de ce qu’il pourrait trouver s’il s’obstinait à fouiller encore plus loin. Et c’était hors de question qu’il poursuive ses recherches. Après un instant de panique, elle se reprit, s’évertuant à suivre son plan d’origine. À savoir lui donner ce qu’il voulait. Un ex un

tantinet obsédé, mais pas méchant et ne possédant pas deux sous de jugeote.

— Que les choses soient claires ! Je vous interdis de fourrer votre nez dans mes affaires. Il y a effectivement un ex qui n’a, semble-t-il, pas saisi que tout était terminé entre nous. Quand il en aura assez de courir après une chimère, il rentrera gentiment chez lui.

Daniel haussa un sourcil face à la diatribe de la jeune femme.

Bien ! Elle montait sur ses ergots, cela signifiait qu’il avait touché juste. Un de ses ex, là encore rien que le mot lui donna envie de vomir, lui fichait une frousse de tous les diables. Sur ce point, ils étaient d’accord. Là où différait leur point de vue, était que l’ex en question ne faisait pas partie de la liste qu’il avait soigneusement établie lorsqu’il avait retracé son passé. Et là, c’était un véritable problème, car il naviguait à l’aveugle. Il était au moins certain d’une chose et corroborait ce que Greg et lui avaient déduit. Celui qui la harcelait, ou du moins cherchait à l’effrayer, avait fait partie de sa vie et qu’ils devaient creuser sur les deux années manquantes dans le CV de Mimi.

— C’est donc ceci votre théorie. Un type un peu gentil qui n’aurait pas compris le mot « non » ?

— Exactement ! Pas de quoi en faire toute une histoire, répondit la jeune femme.

Daniel esquissa un discret sourire devant l’attitude de walkyrie de Mimi, avec ses minuscules mains refermées en poings posées sur ses hanches, son petit menton volontaire fièrement dressé. Il ne voulait pas

la braquer totalement. Il avait maintenant suffisamment de matières pour poursuivre sa petite enquête sur Mimi.

Il s’octroyait également le droit à une autre mission infiniment plus excitante. La protection rapprochée de Mimi. Car dorénavant, il ne comptait plus la lâcher d’une semelle. Avec son accord ou non.

— Mais puisque vous insistez, poursuivit Mimi, je vous autorise à garder un œil sur moi.

— Vous « m’autorisez » ? demanda-t-il le souffle presque coupé par autant de superbe.

Bon sang ! Cette femme avait l’art de retourner la situation !

Mais à peine avait-elle prononcé ses mots que le sourire de Daniel s’élargit. Il n’avait pas prévu de l’amener ainsi, mais peu importait !

Elle faisait exactement ce qu’il désirait qu’elle fasse. Car Mimi et sa fierté n’auraient jamais toléré qu’il lui impose sa présence et sa surveillance.

Mimi balaya sa question de la main et planta ses incroyables yeux ambre dans les siens. Daniel se sentit aussitôt aspirer par ce regard. La couleur dorée de ses yeux prit une nuance plus claire, ses iris se teintant de jaune. Une couleur qu’il n’avait jamais vue jusqu’alors, mais qui le fascinait, car elle faisait ressortir ses lèvres d’un rose framboise.

Daniel resserra les doigts sur le plateau du bureau s’il ne voulait pas la soulever et l’allonger sur sa surface plane pour explorer son corps de sa bouche, sa langue, son sexe pour lui donner du plaisir jusqu’à ce qu’elle crie grâce. Une chaleur aussi fulgurante que douloureuse se logea dans ses reins. Un voile de transpiration lui couvrit le dos, tandis que des

picotements remontèrent jusqu’à sa nuque. Daniel dut faire appel à toute sa volonté pour éteindre le feu qui l’envahissait. Son érection était tellement douloureuse qu’il grinça des dents. Et vu la lueur dans les yeux de Mimi, elle n’était pas passée inaperçue.

Mimi le regarda avec un sourire aux lèvres, comme si elle avait quelque chose derrière la tête, pensa Daniel. Et il ne devait pas être loin de la vérité vue la façon dont les yeux de Mimi venaient de s’obscurcir, passant de ce jaune à cette couleur ambre si fascinante.

Daniel se figea lorsqu’elle avança vers lui. Si elle s’approchait trop, il ne répondait plus de rien. Il prenait désespérément sur lui pour ne pas esquisser le moindre mouvement et il était à un cheveu de perdre le contrôle. Au plus grand plaisir de Mimi qui visiblement avait compris les démons qui torturaient Daniel.

Elle s’approcha jusqu’à le toucher. Mimi sentit le corps de Daniel se raidir et son souffle s’accélérer, presque imperceptiblement, mais suffisamment pour qu’elle sente que son approche ne le laissait pas indifférent. Elle ferma les yeux quelques secondes, appréciant la chaleur que dégageait Daniel, respirant son odeur. Une fragrance qu’elle connaissait. De musc, de parfum et de cet autre élément qui n’appartenaient qu’à Daniel et qui laissaient ses sens en émoi. La sensation était grisante et propagea en elle une onde de chaleur qui la fit tressaillir par sa puissance.

Elle remonta doucement sa main, effleurant le col de chemise de Daniel, laissant son doigt glisser jusqu’au premier bouton. Elle l’entendit distinctement retenir son souffle et un sourire étira légèrement ses lèvres.

Son beau garde du corps semblait d’un coup un peu faible, pensa-t-elle avec amusement, et un étrange sentiment de fierté l’envahit à l’idée qu’un simple effleurement pouvait perturber un homme comme Daniel.

Les mains de Daniel quittèrent le plateau du bureau pour attraper la taille de Mimi. Mais elle les repoussa doucement, l’obligeant à reprendre sa position initiale. Elle vit dans les yeux de Daniel la bataille qu’il menait pour exécuter ce simple geste. Mimi voulait qu’il s’abandonne. Non qu’il se soumette, mais qu’il accepte que ce fût elle qui détenait la main en ce moment. Elle avait besoin de ce sentiment de contrôle et Daniel avait compris, ce qui accentua le respect qu’elle éprouvait pour cet homme. Le respect et l’envie de plus. Un plus qu’elle n’était pas certaine de contrôler, mais qui pour le moment lui apportait une sorte de réconfort.

Son index reprit sa course et toucha la peau dans le creux de sa gorge, là où elle était particulièrement fine et douce. Mimi s’humecta les lèvres, la bouche soudainement sèche quand elle entreprit de défaire le premier bouton de sa chemise dévoilant le haut de son torse. Sa peau était hâlée et elle entrevit une légère toison brune.

Elle voulait le découvrir un peu plus. Toucher sa peau, la sentir sous ses doigts. La goûter.

Elle allait retirer un second bouton quand Daniel saisit son poignet d’un geste vif. Mimi s’immobilisa et reporta son attention sur le visage de Daniel. Elle retint un cri en voyant ses yeux. La belle couleur chaude de ses iris chocolat avait viré au noir, d’une intensité profonde qui n’était autre que le reflet de son désir. Un désir brut. Primaire. Elle avait devant elle un homme qui retenait sa part primitive. Il était

comme un fauve prêt à se jeter sur sa proie.

— C’est un jeu dangereux.

Daniel reconnut difficilement sa voix. Rauque, chargée de tension sexuelle et d’un avertissement à peine voilé.

— Je sais ce que je fais, répliqua Mimi, ses extraordinaires yeux fixés sur sa bouche.

— Je n’en suis pas certain, gronda Daniel.

Mimi quitta sa bouche du regard pour planter ses yeux dans les siens. Ils restèrent un court moment, dans le silence empli de certitude de l’instant, et Daniel libéra le poignet de Mimi puis reposa sa main sur le bureau. Par son action il autorisait Mimi à reprendre le contrôle.

D’un geste, sans lâcher son regard, elle écarta vivement les pans de sa chemise, faisant voler les boutons aux quatre coins du bureau.

— J’ai toujours eu envie de faire ça, chuchota Mimi, les yeux brillant de satisfaction, avec sur le visage cet air candide qui n’appartenait qu’à elle et qui faillit avoir raison de la volonté de Daniel et la faire voler en éclat.

— Bon sang ! Mimi. Une chemise à sept cents euros, réussit à articuler Daniel pour chasser l’envie de l’allonger sur son bureau et de s’enfouir profondément en elle.

Mimi écarquilla les yeux, à la fois choquée par son geste et par les mots de Daniel, la ramenant ainsi à la réalité. En découvrant son regard torturé, elle comprit

qu’il essayait désespérément de la faire reculer et de museler l’envie qu’il avait d’elle. Ses muscles étaient tendus à l’extrême, sa mâchoire crispée où un muscle tressautait, signe d’une intense tension. Une tension qu’elle sentait à son paroxysme et dont elle devinait aisément la force qui appuyait contre son ventre.

— C’est absolument indécent, murmura-t-elle un sourire taquin aux lèvres. Vous savez que cette chemise vaut la moitié de mon loyer !

— Chérie, articula-t-il difficilement, j’adore quand tu me parles de choses existentielles.

— Mais elles le sont, protesta Mimi pour la forme sans se formaliser de son soudain tutoiement, avant de poser ses mains sur le torse de Daniel dont les muscles frémirent sous ses doigts.

Son regard quitta les yeux de Daniel pour se poser sur ses lèvres qu’elle mourait d’envie de goûter à nouveau, puis son cou, glissant sur son corps comme une caresse.

Daniel retint un gémissement. Chaque parcelle de son corps sur lequel ses yeux passaient frémissait.

Seigneur ! Cette femme allait avoir sa peau.

Un sourire torve étira sa bouche lorsqu’il vit les jolis yeux de Mimi s’écarquiller de surprise quand il se posèrent sur son torse.

— Doux Jésus, murmura-t-elle, ça, c’est indécent.

Mimi avala difficilement sa salive, totalement prise au dépourvu. Elle savait que Daniel était tout en muscles, mais ce qu’elle avait sous les yeux n’avait rien à voir avec ce qu’elle avait à mainte reprise imaginée.

Son corps était la perfection faite homme.

Elle suivit des yeux ses courbes et ses méplats. Ses pectoraux admirablement dessinés étaient un appel à la caresse. Des muscles puissants, mais sans avoir cette forme bodybuildée dont elle était peu adepte. Ses doigts parcoururent sa peau, s’arrêtant sur son ventre plat et dur. Du bout des doigts, elle dessina les contours de ses muscles abdominaux, s’étonnant que dureté et douceur s’allient aussi bien.

Sa main descendit encore plus bas, effleurant le sexe tendu de Daniel à travers la toile de son jean. Des gouttes de sueur commencèrent à perler sur les tempes de Daniel, mais Mimi ne s’arrêta pas. Ses doigts encerclèrent et empoignèrent fermement sa hampe. Daniel siffla entre ses dents. Son corps entier était tendu dans l’attente d’un plus, d’une délivrance. Mais il refusait d’intervenir. Il laissait Mimi aux commandes se demandant jusqu’où elle irait. Un jeu de séduction autant que de pouvoir venait de s’installer. Aucun des deux ne plierait, même s’il devait en mourir, pensa-t-il une grimace de douleur sur le visage.

Quand les lèvres douces de Mimi se posèrent sur son torse, il crut défaillir. Quand il sentit sa langue chaude effectuer une danse langoureuse sur sa peau, il cessa de respirer. Il tressaillit violemment et un gémissement rauque s’échappa de ses lèvres.

— Mimi.

Sa voix basse, presque gutturale, était une mise en garde que Mimi ignora superbement. Daniel était au bord d’un précipice duquel elle rêvait de basculer et se perdre. Elle ne jouait pas avec ses envies. Elle les

découvrait. Et ceci, Daniel en était parfaitement conscient. Elle adorait son goût, elle adorait le toucher. Elle adorait les sensations qu’elle faisait naître chez Daniel.

Elle le voulait.

Désespérément.

Ses mains remontèrent légèrement et avec adresse débouclèrent la ceinture de Daniel dont le souffle se fit plus court, presque laborieux. Mimi poursuivit sur le chemin de la convoitise. Elle voulait le toucher, sentir sa force, sa virilité.

D’un geste sûr, elle ouvrit les boutons de son jean. Son érection n’était plus contenue que par son boxer. Doucement, pour contraster avec la rapidité avec laquelle elle l’avait dépouillé de ses vêtements, Mimi posa sa main sur son sexe, refermant les doigts autour. Daniel frissonna violemment et quand il rencontra le regard de la jeune femme, toute trace de triomphe ou d’amusement avait disparu. Les yeux qui l’observaient étaient emplis d’un besoin que lui seul était capable de lui offrir. Sans le quitter des yeux, Mimi se hissa sur la pointe des pieds. Ce seul mouvement pressa son érection plus fortement contre son ventre et involontairement Mimi resserra ses doigts, arracha un gémissement s’étirant entre la douleur et le plaisir des lèvres de Daniel.

Ces lèvres, Seigneur… Pleines, sensuelles. Cet homme était déraisonnablement attirant.

Mimi posa doucement sa bouche contre la sienne, sa langue jouant à dessiner les contours de ses lèvres. Daniel sentait ses dernières résistances l’abandonner. Mimi mordit sa lèvre inférieure au moment ou sa main se faufilait sous son boxer et emprisonnait son sexe gonflé. Daniel tressaillit violemment et ses hanches eurent un sursaut, se propulsant vers l’avant.

La peau de Daniel était extraordinairement douce et

chaude entre ses doigts. Mimi en savoura le grain ainsi que la dureté du sexe épais de Daniel. Elle pouvait sentir la veine qui parcourait la longueur de sa hampe et en apprécia chaque centimètre. Daniel haletait. Elle savait qu’il ne résisterait plus longtemps avant de balayer l’immobilité forcée qu’elle lui avait imposée. Il luttait contre, et au vu de la force qu’il employait pour se maîtriser, lorsque le barrage céderait, la puissance du courant de désir que charriait les veines de Daniel serait incontrôlable.

Elle sentit, au moment où son pouce effleura le sommet de son gland et essuya une goutte du liquide préséminal, que les digues venaient de rompre. Elle s’écarta de Daniel à l’instant même où ses mains quittèrent le plateau du bureau et qu’il voulut lui saisir la nuque.

Mimi l’observa, beau dans toute sa virilité, la chemise déchirée, le pantalon descendu bas sur ses hanches étroites, son sexe dressé, fier, glorieux. Pas une once de gêne ne s’échappait de Daniel. Juste un désir brutal et une frustration palpable.

— Tu as raison, je ne sais pas ce que je fais, articula Mimi la gorge serrée, mais une certaine morgue dans ses paroles.

Elle le voulait.

Elle le désirait à en avoir mal.

Son ventre la torturait, le réclamait. Mais pas ici. Ce serait selon ses règles, qui, jusqu’à maintenant, étaient respectées et tenues par Daniel. Il aurait à tout moment pu se servir de sa force et du désir qu’ils ressentaient l’un pour l’autre pour la basculer sur son bureau. Mais il ne l’avait pas fait. Il l’avait autorisée à prendre, à le découvrir. À tester jusqu’où sa résistance était capable d’aller. Et elle était allée très loin.

Maintenant, la bête qu’elle venait de réveiller se dressait devant elle, et elle vit dans la grande inspiration que prit Daniel qu’il possédait encore une once de contrôle et que cette dernière ne tenait qu’à un fil. Et il ne s’agissait plus de savoir si ce fil allait se rompre, mais quand.

Elle recula jusqu’à la porte, sans le quitter des yeux et l’ouvrit alors qu’il se rajustait et refermait son pantalon en des gestes mesurés. Des gestes beaucoup trop contrôlés pour qu’ils soient naturels. Au moment de franchir le seuil, elle l’entendit malgré sa voix basse. À peine un murmure. Et pourtant les mots de Daniel se fichèrent en elle comme des milliers de flèches, transperçant son corps d’un frisson de plaisir.

— Fuis aussi loin et aussi longtemps que tu veux, je finirais toujours par te rattraper.

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